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La vie est un mystère qu'il

faut vivre

et non un problème à résoudre

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Ifrit - I am alive

# Ifrit - I am aliveSam 17 Fév - 1:08








♕ Ifrit ♕
Frifrit
•  
Je ne connais pas la date précise de ma naissance, seulement du désert surmonté d’étoiles, de cette époque où l’esclavage appartenait aux mœurs…  J’ai perdu la vie le jour où la flamme en moi s’est éteinte, où mon corps est redevenu cendre, un jour où les Djinns disparaissaient par centaines. Jusqu’à me réveiller dans cette ville, il y a quelques mois.
Gérant d’un club de boxe boxe
Indépendant
Gabriel Reyes - Overwatch


De tête et de corps.


Il ne veut pas attirer l’attention.

Pourtant, dans le bus, on le suit du regard. On s’écarte sur son passage et on lui laisse tout naturellement de la place. Idir soupire. Il n’a jamais supporté le monde. Il ne s’assoit pas. Il reste debout, se tient toujours à la barre. Parfois, il regarde son reflet dans la glace. Une peau sombre. D’épais sourcils broussailleux. Des yeux d’un marron presque noir, où l’on peut encore apercevoir, au fond de ses prunelles, les lueurs rougeoyantes d’un feu qui n’est pas encore éteint. Il passe alors une main le long de son visage, effleure les cicatrices qui barrent sa peau, plonge ses doigts dans sa barbe bien taillée, douce au toucher, bien différente de son derme curieusement rêche, épais. Brûlant. Il a toujours terriblement chaud. Ses cheveux épais, bruns, sont coupés courts et souvent dissimulés sous un bonnet. Il porte toujours une veste verte ou brune, ample, qui recouvre son corps de ses poignets jusqu’à ses hanches. Il a toujours eu une préférence pour les vêtements dans lesquels il se sent à son aise. Un jogging, un t-shirt près du corps, un jean… Il n’est pas tellement soucieux de son image. Il n’en a pas besoin pour se sentir bien dans sa peau. Son dos est solide, joliment développé comme son torse. Au niveau de son ventre, on devine des abdominaux recouverts par un très léger embonpoint à peine perceptible. Un peu de cette douceur physique remonte sur ses hanches et dessine un fessier rebondi. Ses bras sont épais, comme ses cuisses mais sa musculature n’a pas cette allure veineuse ou sèche des hommes qui s’entretiennent. Il est d’une corpulence épaisse et au lieu d’angles, on devine des courbes harmonieuses. A bien y chercher, on peut tendrement pincer sa chair autour de sa taille voire saisir un discret bourrelet de chair, avant que ses grandes mains n’interviennent pour se dégager. Idir a de la force, une force qu’il essaye de maîtriser au mieux. D’ailleurs, alors qu’il sort du bus, il bouscule par inadvertance quelques personnes. Leurs regards furieux se fixent dans son dos mais se détournent quand il dirige son regard vers eux. Il affiche un sourire contrit et gêné avant de sortir et de se remettre en marche, les mains bien enfoncées dans les poches de sa veste.

Il n’a pas tellement d’allure. Malgré sa grande taille, il avance en courbant l’échine. Il fixe le sol, observe ses vieilles baskets qui ont vu défiler les kilomètres. Il faudrait, peut-être, qu’il fasse un peu plus attention à lui. Il y pense quand sa chaussure s’enfonce dans une flaque et que l’insupportable humidité grimpe dans sa chaussette. Il secoue vainement la jambe, quelques secondes, avant de reprendre son chemin. Ses sourcils se froncent et son visage très expressif redevient aussitôt maussade. Il aime autant la pluie qu’il la déteste. Elle crépite sur sa peau incandescente, quand elle tombe. Ça faisait rire ses gars, quand il bossait encore au chantier. Avant d’avoir des problèmes. Un soupir s’arrache de ses lèvres et il passe, de nouveau, une main le long de sa mâchoire. Il est resté impulsif, malgré toutes ces années. Une provocation, un mot de travers. Son sang bout. Ses muscles se contractent. Dans les meilleurs des cas, il se contente de s’avancer, de malmener un peu. Dans les pires, il bascule dans une violence qu’il est très difficile de contenir. Il perd la tête, dans ces moments. Plus encore quand il voit du sang couler.

Le sang l’a toujours plongé dans un état second, un état de panique où la terreur l’emporte sur toute conscience et où la rage explose comme un monstre affamé. Un monstre. Il a longtemps été un monstre. A bien y regarder, il en conserve quelques traits, comme ce corps solide. Ces mains courtes aux doigts épais et son derme aussi rugueux qu’une peau de vieux buffle. Il conserve de nombreuses cicatrices d’une vie d’antan à présent presque oubliée. Plusieurs parcourent son visage, d’autres lacèrent son dos, ses mains. Son gros nez a été probablement brisé plusieurs fois. Idir finit par entrer dans les vestiaires. Il retire sa grande veste, il opte pour un débardeur noir, plaqué contre son corps. Il troque ses baskets contre une autre paire, neuve, puis entre dans la grande pièce où se trouvent un ring, des punching-ball. Il gère un club de boxe. Etonnant, pour un homme en soif de sang comme lui.

Mais il a décidé de prendre le taureau par les cornes. D’affronter sa rage de sang. D’apprendre à la contenir, pour ne pas redevenir une bête. Le sport l’aide à extérioriser des sentiments qu’il ne sait pas exprimer. La peur. L’injustice. Les doutes. La douleur. En tant qu’Ifrit, ces nombreux sentiments se rapprochaient et constituaient tout l’instabilité de son être… Son corps humain contraint son cœur à faire preuve de plus d’harmonisation parmi toutes ces pensées si différentes. Il comprend qu’elles ne sont pas semblables, mais il ne connaît pas les mots pour les exprimer. Depuis qu’il tient ce club, il a fait la rencontre de nombreuses personnes. Et il s’est découvert en réalité très social. Quand son visage s’éclaire d’un sourire, les jeunes le lui rendent, spontanément. Sa voix grave, bourrue, recadre les plus sauvages d’entre eux et redonnent courage aux plus timides. Idir découvre qu’il est capable de faire le bien, en quelque sorte. Il essaye de leur apprendre la patience. La réflexion. A défouler ces sentiments si brutaux, les exorciser pour libérer ses pensées d’une douleur étouffante d’où seuls eux peuvent se sortir.

Idir est un homme qui a foi aux autres. Qui a foi en leur bonté. Il essaye de voir la beauté et les capacités dans chaque personne qu’il croise, au point d’en être naïf parfois. Il a déjà été trahi… Et il a puni, pour ça. Bien qu’il essaye à présent de pardonner. Côtoyer d’autres humains l’aide à prendre progressivement plus d’aisance : il parvient petit à petit à mieux s’exprimer. Protecteur, il arrive pourtant que quelques instincts enfouis reviennent à la surface et l’invitent à se montrer provocateur, taquin ou carrément moqueur, selon la personne à laquelle il est confronté. Face à la fragilité humaine, il retrouve l’envie d’exploiter les faiblesses jusqu’à rompre l’autre. Mais son changement physique, sa prise de conscience, le poussent à sans cesse lutter contre ces pulsions bestiales.

Face à son manque de vocabulaire, Idir s’est mis à lire. Il engloutit tout ce qu’il peut parcourir du regard. Il emmagasine ces connaissances et s’essaye même à la rédaction d’un journal, où il décrit ses journées, les personnes qu’il a rencontrées, les actes qu’il a commis. Où il essaye d’écrire, le plus précisément possible, ce qu’il a ressenti, avec l’espoir, un jour, de pouvoir y mettre une appellation. Il espère pouvoir, un jour, trouver le courage de s’adresser à un Créateur. Pour qu’il le guide. Il n’a pas de Père, pas de Famille pour l’aider. Et malgré lui, il ne peut s’empêcher d’en désirer une.

D'où est-ce que tu viens ?
[400 mots minimum]

Assis à même le sol, je garde précieusement le bol en terre cuite dans mes larges mains. Je contemple l’eau dans son fond alors que l’Homme, près de moi, finit de refermer la plaie qui traverse ma joue. Je le laisse faire, immobile, ne grimaçant pas même quand l’aiguille d’os transperce mon derme épais, que le fil relie et rattache les chairs béantes. Il trempe parfois un bout de tissus sale dans l’eau de mon bol, s’en sert pour nettoyer la plaie, puis se remet au travail.

_ Tu n’as pas mal, Djinn ? Me demande-t-il après un silence.

Je me retiens d’hocher la tête. Je ne veux pas que son aiguille me perce l’œil. Une réponse lui est-elle vraiment nécessaire ? Pourtant, mes lèvres s’entrouvrent. Ma voix s’élève, grondante, tel l’orage qui déchire le silence du désert. Je la sens, au plus profond de mes entrailles, une force qui pousse les limites de ma cage thoracique, qui résonne jusqu’au bout de mes orteils. Et pourtant, c’est avec la douceur d’une pluie éphémère qu’elle comble le silence.

_ J’ai mal au cœur.

Cette réponse est naïve. Mais je ne souhaite pas mentir. L’Homme soupire. Il termine son œuvre. Il reprend le bol, s’en sert pour nettoyer mon visage, ma barbe épaisse où le sang a coagulé. Puis il se sert de ce qu’il reste pour laver ses mains.

_ Ton sang est rouge, Djinn. Comme le nôtre.

Je ne réponds pas. Je profite du calme qui règne, près de l’oasis où notre troupe a finalement décidé de monter le camp. L’Homme s’installe en face de moi. Il est bien plus frêle que moi. Les pauvres tissus dont il se recouvre dévoilent un corps maigre, une peau tannée bientôt plus par les coups de fouet que le soleil brûlant du désert. Son visage est assez mature, bien qu’il me soit encore difficile de lui donner un âge. Ses yeux sombres se perdent dans les miens, totalement noirs, où s’échappent quelques étincelles embrasées. Je reste paisible, acceptant sa curiosité. J’ai appris à m’accoutumer aux réactions humaines à mon encontre. Peur, admiration, colère, mépris. Et aujourd’hui, il m’a fait découvrir la compassion. Je le dévisage avec la même attention.

_ Quel est ton nom, Homme ?

_ Amad. Il est vrai que notre maître n’est pas prêt de te le donner… Et toi, Djinn ? As-tu un nom ?

_ Idir.

J’ai prononcé ce mot avec fierté. J’ai gonflé le torse et redressé la tête, adressant une œillade aux étoiles en espérant que l’un de mes frères Djinn me regarde. J’ai choisi mon nom, alors que nombre d’entre eux souhaitent garder leur identité comme le plus précieux des trésors, au point de ne plus différencier leur existence de celles de leurs pairs.

_ Idir…, répète Amad, dans un murmure, avant de reprendre, Idir est un beau nom.

J’incline légèrement la tête à son compliment. Amad frémit et se recouvre comme il peut. Il rapproche ses jambes de son corps. Le froid commence à le gagner. J’ai appris à reconnaître les frissons qui parcourent un corps humain quand la température ambiante chute. Mon corps reste brûlant. Quand il pleut, ma peau fume et crépite. Je n’ai encore jamais réussi à m’immerger complètement. Je me redresse de toute ma hauteur et n’ai qu’à tendre mes mains pour saisir les branches d’un arbre asséché. Je les brise sans un effort, les entasse devant nous et j’y appose mes mains. Quelques minutes suffisent avant qu’une flamme ne lèche l’écorce et qu’elle ne s’élève, grignotant avec prudence le bois que je lui offre. Le vent accentue son appétit. Bientôt, elle prend de l’ampleur. Se nourrit avidement. Je retire mes mains. Je me rassois et fais face à Amad dont la bouche entrouverte me fait rire. Un rire presque enfantin, qui secoue mes épaules larges.

_ Ô Seigneur Djinn, merci !

Amad tend les mains pour se réchauffer. Je sais que c’est un esclave. Comme moi. L’appellation respectueuse me fait esquisser un sourire alors que je croise les bras sur mon torse épais. Je ne connais pas toute l’étendue de mes pouvoirs… Je sais seulement que je suis plus grand, plus fort, plus résistant que les Hommes. Et que le feu ne me fait rien. Amad finit par s’allonger près du feu. Il frotte ses mains et baisse les yeux vers ses pieds, dont les chevilles sont fermement retenues par des cordes épaisses, elles-mêmes  attachées au même arbre que celui des dromadaires. Pour ma part, une lourde chaîne de fer relie ma cheville à cette même attache.

_ Pourquoi est-ce que… vous ne vous libérez pas ?

_ Appelle moi Idir, je corrige d’un geste de la main avant de reprendre, Car je ne le souhaite pas.

Ma réponse déstabilise Amad. Il fronce les sourcils.

_ Pourquoi ? N’apprécies-tu donc pas la liberté ? Servir cet homme ne t’apporte que de la souffrance, remarque-t-il en désignant l’estafilade qui traverse ma joue. Sa question pousse mon esprit à emprunter un nouveau chemin de réflexion. Je perds ma main dans ma barbe épaisse alors que je prends le temps de peser ses mots, de voir l’incidence qu’ils ont sur mon raisonnement.

_ Je sers mon Père. N’est-ce donc pas le devoir de chaque enfant ?

_ Ton Père ? Souffle-t-il en écarquillant ses beaux yeux, Comment… peut-il être ton Père ?

Je prends du sable entre mes larges mains. Je le fais couler entre mes doigts et je baisse les yeux vers le brasier qui nous sépare, vers ce feu qui n’est qu’un prolongement de mon être. Le feu de bois vacille et ondule au rythme de mon souffle puissant, grave et sonore.

_ Je suis né du sang et du feu. Mon Père a tué. Je suis né du sang de ce meurtre. Ce sang coule dans mes veines, comme le sang de tous les Hommes qu’il tue quotidiennement.

Amad l’a vu de ses propres yeux. A chaque fois que mon Père, notre Maître, tue un esclave, son sang vient jusqu’à moi, son sang entre en moi. Il renforce mes muscles, épaissit ma peau. Il me donne vie, comme ce premier jour où sa lame a percé le cœur de son associé, où le sang a giclé sur les braises. Le feu a pris vie. Le feu a pris corps. Je suis né, des flammes et du sang.

_ Le premier sang a coulé sur les braises d’un feu mourant, une nuit où la lune n’était qu’à son premier croissant. C’est ainsi que je suis né.

Le charbon s’est consolidé, a formé mon écorce, une peau plus solide que celle des vieux buffles. Le feu brûle en moi, flamme vivante qui crépite dans ces sangs étrangers qui coulent dans mes veines, alimentent mon corps, le renforcent à chaque vie sacrifiée par cet Homme, maître d’une centaine de vies qu’il vend sur des marchés. J’ai appris avec lui que chaque vie a un coût et que la mienne, malgré tous ces sacrifices, n’a pourtant pas plus de valeurs à ses yeux. Cette pensée m’attriste. Mon regard s’assombrit, les braises au fond de mes prunelles s’éteignent. Jusqu’au contact d’une main, sur mon genou. Amad m’offre un sourire. Je lui souris à mon tour.

_ Moi aussi, je suis né du sang. Comme beaucoup d’êtres vivants. Les femmes saignent, lors de la mise à bas. Ta mère était donc un feu et ton Père… est donc notre Maître, comprend rapidement Amad en fronçant les sourcils avant de soupirer, J’aimerai retrouver mes parents, moi aussi.

Amad n’est pas si vieux. Enfin, c’est ce que je crois comprendre à ses mots.

_ Pourquoi toi… tu ne t’en vas pas ?

Amad ricane à ma question.

_ Comment pourrais-je ? Je ne peux pas me libérer.

_ Moi, je peux le faire.

Amad cligne des yeux. Il me fixe, s’asseoit pour me regarder.

_ Est-ce que tu pourrais ? Demande-t-il avec sérieux. Ses yeux me contemplent comme si j’étais la seule ration d’eau à laquelle il a droit en fin d’après-midi, comme le peu de nourriture qu’on lui accorde en fin de journée. Pour réponse, j’attrape l’épaisse corde qui retient ses jambes. Je le traîne à moi sans un effort, il couine et s’agrippe vainement au sol. En silence, je faufile mes gros doigts dans les nœuds. Ils fondent sous mes doigts. La corde devient cendre. Amad agite ses jambes. Il se libère. Il reste stupéfait. Il se lève. Il tremble, sous l’émotion. Il glisse ses bras autour de mon cou, aussi résistant que celui d’un taureau.

_ Merci, Idir… Est-ce que… tu pourrais… libérer un dromadaire ?

C’est peut-être à cause de notre naïveté, de notre bonté ou de notre fâcheuse tendance à répondre à toutes les demandes que l’on croie que les Djinns répondent aux vœux. Je me redresse et j’obéis. Je lui donne rapidement les rênes d’un dromadaire. Amad essaye de s’hisser sur son dos. Il n’y parvient pas. Je le saisis par la taille et le pose sur le dos de la monture. Amad tremble. Mais ce n’est pas de froid. Il peine à croire ce qu’il lui arrive.

_ C’est un rêve… ? Bafouille-t-il, avant de lever les yeux vers moi, Bénis sois-tu, Idir…

Je me recule d’un pas.

_ Pars avant que le soleil ne se lève.

_ Tu ne veux pas venir… ?

_ Je dois rester avec mon père.

Amad hésite. Il finit par taper les flancs de sa monture, qui s’ébranle dans un râle mécontent. Je le regarde partir. Je retourne m’installer. Le silence retombe. Seul, j’observe mes mains noires, mes mains qui brûlent, mes mains qui ont eu pourtant l’envie de prendre les siennes pour les serrer. Pour le remercier de sa gentillesse, des soins qu’il m’a donnés. Que donnerais-je pour que mon Père fasse preuve d’une telle bonté ?

A l’aube, la rage de mon Père s’abat sur mon dos. Il hurle. Il me maudit. Il me frappe, de cette lame qui est la seule à pouvoir percer mon derme. Cette lame avec laquelle il tue pour me donner du sang. Elle lacère ma chair, le feu en moi éclate en bulles de sang acides et incandescentes qui parviennent à m’arracher des cris. Je sens les larmes qui s’échappent de mes yeux, elles coulent le long de mes joues, mais grésillent et disparaissent avant même d’avoir atteint mes mâchoires. Des recherches sont aussitôt lancées, pour retrouver l’esclave, Amad. Mon Père n’a jamais accepté à ce qu’on lui échappe.

Plus tard, nous rejoignons la ville la plus proche où je suis contraint de construire une estrade de bois. Mon Père va vendre ses plus belles pièces. Suite à cela, j’aide à installer les derniers préparatifs. Puis je veille à la sécurité de mon Père. Bras croisés, bien dressés sur mes jambes, larges comme des troncs, j’impressionne la foule par ma stature de Djinn. Et c’est au bout du deuxième jour que l’on entend des cris.

Des hommes armés traînent un bien plus frêle au sol. Amad. Il crie, se débat. Il ne porte qu’un pagne pour cacher le bas de son corps. Son dos est dénudé, montre la marque au fer rouge que mon Père a appliqué sur sa peau. Signe de sa possession. Mon Père écarquille les yeux. Il descend l’estrade d’un bond, il ordonne à ce que l’esclave soit ramené à ses pieds. Il le saisit par les cheveux, il le secoue, le frappe du poing, du pied, il déverse sa rage jusqu’à ce qu’Amad tombe au sol et demande pitié. Mon Père rit. Il prend sa Lame.

_ Son sang te nourrira, Djinn ! Accepte-le en sacrifice ! Hurle-t-il devant la foule qui s’est agglutinée, qui crie, qui bouge et s’agite avec fureur. Tous ces Hommes poussés par la soif du Sang s’approchent d’Amad, l’entourent comme des vautours alors qu’il se blottit dans le sable, qu’il se protège de ses bras maigres. Mon Père abat la Lame de son cimeterre. Il vise sa nuque. Je le retiens par le bras. Son bras, que je pourrais briser d’une simple pression. Mon Père hoquette de stupeur. La foule, médusée, lève ses yeux vers moi.

Amad m’a appris la compassion.

_ Je ne veux pas de ce sang, Père. Je ne veux plus de sang.

Ma voix gronde, comme l’orage.

Ma voix gronde, comme l’orage, alors qu’une rage insidieuse me prend aux entrailles à la vue des plaies de mon ami. A la vue de son cadavre, qui s’est éteint dans un dernier frisson de peur, un dernier frisson où le froid l’a emporté sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit. La douleur revient, cette douleur au cœur qui éclate comme un geyser, ce sang brûlant qui me monte à la tête, ce sang dans lequel j’ai mis mon pied. Il s’agit du sang de mon ami. Du seul qui s’est préoccupé de moi. Qui a vu en moi un autre être plutôt qu’une vulgaire Bête.

Le grondement broie ma cage thoracique. Il écrase mes pensées. Je ne réfléchis plus. Je ne ressens plus que cette douleur, cette colère alors que mon Père hurle, comme ce jour où sa lame a percé le cœur de ma mère, ces jours où il a tué pour faire de moi sa bête de foire. Ma main écrase le bras de mon Père. Son sang inonde ma main. Son sang me renforce, pour la dernière fois. Il s’agira du dernier sang que je prendrais. Mon autre main effleure sa joue, dans une caresse que j’ai toujours rêvé d’avoir, de sa part. Avant de saisir sa nuque pour la lui briser.

La foule hurle. Se recule. Des soldats s’avancent. Je soulève le corps de mon Père d’une main, attrape délicatement celui d’Amad dans mon autre main. Et le grondement s’arrache de mes lèvres. Un rugissement ébranle le sol. Un vent furieux balaie les Hommes. Je m’enfuie de la ville. Amad contre mon torse. Mon Père, à mon bras.

Je cours des heures. Des jours. Jusqu’à ce que la rage se calme. Jusqu’à ce que la soif me gagne et m’oblige à trouver le repos à l’oasis où j’ai libéré Amad, il y a de cela quelques semaines. Avec douceur, je repose son corps sous un arbre. J’enterre son cadavre si petit dans mes mains si larges. Son corps que j’aurais voulu serrer contre moi. J’ai un dernier regard pour ses petites mains. Puis je l’abandonne. Je pleure. Les larmes sèchent sur ma peau. La blessure sur ma joue a guéri mais la cicatrice reste. Mes larmes se glissent dans ce chemin tout tracé, descendent jusqu’à mes lèvres. Le goût salé me fait frémir. Me rappelle le goût du sang.

J’enterre mon père dans la caverne où j’ai vu le jour…

Ma vie de Djinn, après ces évènements, n’a été remplie que de rencontres fugaces, d’évènements futiles et éphémères. Jusqu’au jour où je m’éveille dans cette ville. Dans un corps différent… Sans trop l’être. J’ai retrouvé une peau sombre. Un corps solide. Et surtout, des cicatrices qui attestent de ce que j’ai traversé. Comme celle sur ma joue, que j’ai appris à chérir et à aimer.

Parle nous de toi !
Pseudo
Maryel

Comment tu as trouvé le forum ?
Par Wendigo !

 
Un petit commentaire ?
Grouuh j’espère que ma fiche conviendra, au plaisir de vous rejoiiindre **

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Guillemet ouvrantIndépendantsGuillemet fermant
Citation : Votre citation ici.
Emploi : Votre emploi
DC : 0
Crédits : Wendigo/Michelangelo ;w;
# Re: Ifrit - I am aliveSam 17 Fév - 1:10
Haaaaaaaanw WELCOME :whut:
Olalala tu prends un personnage que j'aime beaucoup, voilà de quoi charmer :doge: !
Bravo pour la fiche complète, COMPLETE QUOI :roulade:

Si tu as des questions n'hésites pas à poker le staff, on est là pour ça bichon :loveu:
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Guillemet ouvrantCan break all your bones while naming themGuillemet fermant
Citation : So silent and furtive were his movements, like those of a trained bloodhound picking out a scent, that I could not but think what a terrible criminal he would have made had he turned his energy and sagacity against the law instead of exerting them in its defence.
Emploi : Médecin.
DC : Barbe Bleue ♚ Le Petit Prince ♚ Émile Zola
Crédits : Akari Dezart - Karneval.
Invité
# Re: Ifrit - I am aliveSam 17 Fév - 1:14
:heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein: :heinhein:

coucou je t'aime.
j'ai hâte de rp avec toi ♥️
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Guillemet ouvrantInvitéGuillemet fermant
# Re: Ifrit - I am aliveSam 17 Fév - 11:41
Ahah les deux arrivent et font déjà des émules xD
Welcome heeeere /o/

:hey:
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Guillemet ouvrantD'une pierre deux coupsGuillemet fermant
Citation : L'expérience prouve que celui qui n'a jamais confiance en personne ne sera jamais déçu.
Emploi : Votre emploi
DC : Petit Chaperon Rouge
Crédits : Jawn d'amour ♥
# Re: Ifrit - I am aliveSam 17 Fév - 11:56
Nyaaah merci de votre accueil à touuus ** Au plaisir de vous rejoindre rapidement 8D

@Wendoudou : Je t'aime aussi mon doudou tout doux 8D
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Guillemet ouvrantIndépendantsGuillemet fermant
Citation : Votre citation ici.
Emploi : Votre emploi
DC : 0
Crédits : Wendigo/Michelangelo ;w;
# Re: Ifrit - I am aliveSam 17 Fév - 14:15
Han ! Quel avatar :huhu:
Bienvenue parmi nous ♥️
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Je parle en #333366
Fiche - Relations
Merci à Michou pour l'avatar blbl ♥️
Et les Insowards :whut:


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Guillemet ouvrantCréateurGuillemet fermant
Citation : Votre citation ici.
Emploi : Votre emploi
DC : //
Invité
# Re: Ifrit - I am aliveSam 17 Fév - 18:01
Roh, un Gabriel Reyes, je plussoie !! *le suit du regard*
(Après le McHanzo, j'ai découvert le McReyes et le Reaper76, sauvez-moi)
Je sens que les gifs avec des flammes vont enfin me servir à quelqu'un, oh oh oh !
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Guillemet ouvrantInvitéGuillemet fermant
# Re: Ifrit - I am aliveDim 18 Fév - 16:47

Et c'est la validation !

Bienvenue !
Une histoire touchante et bien écrite, n'oublie pas cependant tout comme j'ai oublié de le dire à Wendigo, que vous n'êtes pas "un ifrit" ou "un wendigo" vous êtes "LE Wendigo" et 'L'Ifrit" vous êtes le concept même de ces créatures mystiques au-delà de votre vie antérieur donc c'est légèrement plus complexe. Mais bref ! J'ai beaucoup aimé ton histoire, j'aime beaucoup ton personnage bien que tous les Ifrit ne soit pas forcément des créatures liées au feu le tiens et très intéressant et j'ai hâte de voir comment il se développera ici ! Dans tous les cas bienvenu parmi nous et amuse toi bien sur Insomnia ! .

Maintenant que tu as rempli la tâche qu'était de remplir ta fiche, je t'invite à aller remplir de quoi finaliser ton inscription.

Pour recenser ton avatar, c'est par ici ♥️. Pour que ton personnage ait un lieu de travail, je te conseille également de te rendre pour remplir un formulaire et obtenir un logement. De même si tu veux un joli rang sous ton pseudo, tu peux venir en réclamer un à CET ENDROIT. Et le plus important, n'oublie pas de recenser ton métier PAR ICI ! Et pour finir, venez recenser d'où vient votre personnage ICI ♥️ !
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Merci à Echo pour le cadeau !:
 
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Guillemet ouvrantThe Knight The PatriotGuillemet fermant
Citation : End? No, the journey doesn't end here. Death is just another path, one that we all must take. The grey rain-curtain of this world rolls back, and all turns to silver glass
Emploi : Médecin légiste
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Guillemet ouvrantGuillemet fermant
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