INSOMNIA
« J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse. »

Insomnia :

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#Murasaki Shikibu - La Dame du clos aux glycines.



 
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#Murasaki Shikibu - La Dame du clos aux glycines.



Origines
 
Groupe : Créateurs.

Date de mort : 1015.

Date d'arrivée : Il y a quelques jours.

Métier : Aucun pour l'instant.

Avatar : Tonbokiri - Tôken Ranbu.
   



Caractère / Physique
 

De physique – Murasaki est bien costaud, contrairement à son apparence d'antan – petite, fluette, fine et blanche. Elle est devenue tout ce qu'elle déteste et tout ce qu'elle n'est plus, dans le canon de beauté qui était demandé à son époque : un homme d'une quarantaine d'années, possédant un corps musclé, grand, imposant, peut-être rustre pour certains.
1m95 pour une centaine de kilos. Voilà ce que signifie que de porter ce corps, alors qu'elle en faisait moins de la moitié, quelques centaines d'années auparavant.

Elle donne l'impression d'avoir été extraite de la roche la plus brute, et pourtant... les manières qu'elle garde de son éducation perdurent. Elle a des tics de gestes, d'attitude, des mots qui persistent et cela casse entièrement cette carrure froide en béton.
Elle perd dès lors toute crédibilité, et cela risque d'en désarçonner plus d'un. De ce fait, très peu accordent du crédit lorsqu'elle se fâche, d'autant que ses manières linguistiques et raffinées sont souvent détruites par la voix grave d'un homme mûr.
S'exprimer au féminin reste également une source d'hilarité pour ses interlocuteurs. Cadeau pour tous ceux qui souhaitent se moquer un peu.

Une musculature, oui, mais non dénuée de douceur. Son visage, bien que carré et marqué sur les mâchoires, arbore la tendresse et le calme du possesseur de ce corps, comme si elle l'avait affiné par sa présence. Et si la pilosité est bien marquée, que ce soit sur les sourcils, les joues ou partout ailleurs sur le corps, elle reste indétrônable de son physique.  

Cependant, sa longue chevelure sombre, qu'elle saura agrémenter d'une autre teinte plus tard, ainsi que ses yeux noisettes brillant d'intelligence, sauront lui donnent un air presque enfantin et malicieux, et on ne pourra négliger cet enjolivement comme un bijou le ferait à une parure.

Murasaki n'est pas le canon de beauté qu'elle aurait pu espérer. Ses mœurs lui inculquant l'élégance et la finesse des hommes de cour, peu musclés, épilés, blancs de peau avec cette tendance à l'androgyne, il est difficile pour elle d'accepter cette apparence totalement à l'opposé.
De plus, beaucoup de mœurs restent ancrées en elle et elle oublie souvent que sa capacité physique à présent décuplée peut lui permettre énormément de choses, tout comme peut la freiner sur d'autres.

Ce n'est donc pas maintenant qu'elle se fera à ce tas de muscles.


De caractère – Murasaki a toujours été une personne déterminée, trop franche, ce qui ne correspondait pas, à l'époque, à ce que l'on attendait d'une femme ( ni d'un homme, d'ailleurs ). Ceci avait longtemps créé sa très mauvaise réputation de personne étrange, prétentieuse et difficile à approcher. Beaucoup estimaient qu'elle était susceptible et hautaine. Beaucoup de jalousie finit par la critiquer et la décrire de trop fière.
Une grande partie de ce qui était dit provenait du jugement de personnes qui n'avaient jamais osé pousser la conversation avec elle, sans pour autant être totalement faux.
Introvertie qu'elle était, concentrée dans son devoir et ses passions, sa franchise finissait par la soulager, car cela lui permettait de repousser ceux avec qui elle ne désirait communiquer : notamment les envieux et les courtisans.
Elle garde une personnalité forte et marquée, chose très peu appréciée. Cela ne l'empêche pas d'être calme et douce, lorsque l'on apprend à la connaître.
Sa minutie et sa concentration ont ses atouts, mais si son perfectionnisme les transforme en défauts, c'est aussi pour le mieux. Stricte mais délicate, raffinée mais modérée... Après tout, son œuvre majeure n'aurait pas été créée sans cela.

Si elle n'affiche jamais le cœur fragile de cette carapace en béton armé, elle est tout de même d'un mielleux et d'un fleur bleue à en casser les meilleures séries télé. Ce n'est pas pour rien que la romance est son principal sujet dans ses œuvres, que ses poèmes retranscrivent le dramatique et la mélancolie d'un amour qui ne se concrétisera jamais.
Mais cela elle ne l'avouera pas, et préférera se confondre en excuses plus bidons les unes que les autres.

En réalité, tout cela n'a pas changé. À la seule différence qu'elle a légèrement moins de patience et qu'elle risque d'exploser à la moindre contrariété. C'est dire que le physique qui lui a été imposé, contraire à son éducation et ses mœurs esthétiques, lui ont jeté un froid conséquent.
La difficulté de s'assumer ainsi, de tolérer le corps d'un homme et d'atterrir dans un univers empli de technologies et de coutumes différentes ont achevé de la rendre pessimiste et résignée à son sort sans pour autant qu'elle veuille améliorer sa situation.

Préférant la tranquillité et l'isolement à l'agitation, elle aura tendance à se réfugier là où personne ne pourra la retrouver. C'est à cet instant que ses péchés mignons ressortiront, et que quelques friandises pourront faire l'honneur de son dévolu.

De plus, si elle est très douée pour l'intellect, c'est une personne physiquement inutile et ne supportant que très peu les tâches ingrates : trop coutumière du confort de la cour, elle ne servira à rien dans son quotidien. Malheureusement, c'est aussi cela qu'elle devra se sortir de la tête pour pouvoir vivre avec ses comparses et se forcer à intégrer cette nouvelle société.
Chose qui ne risque pas d'être aisé.



Histoire
 

Sur les arbres centenaires, cette brise fraîche et hivernale passait, caressait les branches, pour en décrocher les dernières feuilles mortes. Rouges, oranges, parfois jaunes, elles se confondaient dans le coucher du soleil comme une peinture sur un magnifique paravent. Elle faisait plisser ses paupières, ses cils protégeaient alors ses iris.
Mais ses oreilles, alertes, restaient influencées par le bruit des pas, sourds, qui résonnaient dans la maisonnée. Ces mêmes pas qui faisaient craquer le bois, qui tambourinaient sur le tatami, tandis que d'autres tissus se froissaient sur sa surface, à mesure que les gens entraient dans les pièces conviées.
Parfois, il y avait eu le tintement des grelots de carillons en bois sous la menace de cette même brise, parfois le chant du dernier rossignol de la saison. Mais tous ces souvenirs se mêlaient constamment à l'odeur rare et savoureuse du thé des montagnes, du papier de riz, de l'encens... et ses yeux se rivaient sur son pinceau, puis sur le tableau idéal que lui offrait la nature. Au travers des sentiments qu'elle retranscrivait grâce à ces caractères dont la silhouette n'était distinguable que parmi les connaisseurs, cette continuité de traits sinueux, ne se détachant sous aucun prétexte, acheva de faire tambouriner son cœur.
Ce cœur qui s'était tari de tout sentiment pendant tant d'années.
Hikaru, le Genji serait l'homme désiré de tous.

-Dame Takako, qu'en est-il de cette suite ?
Les papiers se froissaient, l'encre noire terminait ses derniers devoirs. Il y avait une tension palpable dans la pièce, à mesure que la Dame au Murasaki poursuivait ses lignes. Au coin de la pièce, chargées de vêtements colorés et raffinés à la dernière mode, les longs cheveux glissant sur le tatami, la princesse et son amie attendaient avec impatience la finalité de cette page, qu'elles avaient espéré depuis quelques semaines.
Pour autant, la Dame aux glycines n'avait jamais dévoilé aucun de ses secrets, et les aventures du Genji émoustillaient toujours autant le cercle fermé de la Cour Impériale. Que l'attente était longue pour elles, devant l'écriture si fine et si sensuelle de la Dame !
-Allons, Votre Altesse. Tenez pour le mieux : ces pages ne seront achevées que par le silence que j'aurais à mon chevet.
La manche de la princesse dissimulait son nez, ses lèvres et son menton. Elle tentait de se contenir.
-Je ne pensais le rétablissement de Dame Takako si prompt... indiqua-t-elle, discrètement, à sa dame d'atour.
-Quelle tristesse que la perte d'un tel homme, si raffiné, qu'était feu Seigneur Nobutaka ! Approuva-t-elle, de la même manière.
Et la princesse d'affirmer avec entrain, mais avec un calme mesuré.
-Par chance, une fille lui a été donnée. N'y voyons là qu'un bonheur radieux.
-Votre Altesse... s'était retournée l'écrivaine avec une certaine teneur dans la voix. Qu'en est-il de votre lecture de Les plus belles floraisons du jardin de littérature * ?
La princesse Shôshi fut embarrassée, fit mine de reprendre son cours.
Dame Takako, plus connue à la Cour par son nom d'auteur Dame Murasaki, était devenue son instructrice attitrée, recommandée par le très célèbre Fujiwara no Michinaga, son propre père. Si beaucoup attribuèrent son intégration très informelle à la Cour à l'amour que ce dernier lui portait, Dame Murasaki ne s'était jamais arguée de lui avoir retourné un quelconque sentiment, et, au contraire, avait préféré le savoir hors de sa portée. Malgré cela, le Seigneur Michinaga venait lui rendre visite régulièrement, car la pauvre venait de perdre son plus proche parent, et quel ne fut pas le soulagement de savoir la Dame auprès de sa fille, la princesse Shôshi, pour lui enseigner tout ce qu'elle avait appris à ses dépends auprès de son frère et son père, douée qu'elle était, sur la littérature et l'écriture chinoise.
C'est que les dames, si elles excellaient en poésie et en écriture, n'étaient vues que comme ingrates lorsqu'elles osaient s'instruire des textes chinois et de l'écriture plus rustique des caractères venus de là-bas, chose qui était réservée aux hommes. Le père de Dame Murasaki s'en était plaint, une fois, mais s'était toujours résigné à la garder à ses côtés, son talent désagrégeant ses convictions.
« Ah, si seulement tu avais été un homme ! Tu aurais eu une position inespérée ! »
Voilà pourquoi cette Dame si méprisée par ceux qui ne la côtoyaient pas, se retrouvait à présent plus célèbre encore que sa rivale, la Dame Sei Shônagon, après avoir engagé les premiers rouleaux de ce qui était déjà une œuvre monumentale : Le Dit du Genji. Même Sa Majesté l'Empereur lui vouait un culte précieux.
Quelle ne fut pas alors l'exclamation de la princesse lorsque les dernières pages de ce rouleau arrivèrent à sa portée, terminées. Elle découvrirait, avant tout le monde, la suite de la vie rocambolesque du Genji. Une vie inspirée de cette réalité.
Un rouleau dont l'histoire serait longue et perdurerait, de plusieurs centaines d'années.



Ah... quelle lumière ! Éblouissante, chaleureuse pourtant.
Et quelles feuilles ! Ce jaune orangé lui sembla si familier, cette odeur d'écorce si proche. Ces mêmes feuilles finirent par tomber de nouveau devant son regard, l'une d'elle caressa sa joue. Cette sensation lui était familière, elle finit par lier ses pensées à cette vision surréaliste.
Dieu qu'elle avait pensé ne jamais se souvenir de ces instants, et quelle épreuve était-ce que de rêver à moitié, bercé par le temps ! C'était il y a bien des années. Des années ? Mais combien ?
La légère douleur qui emprisonnait sa nuque se répandit dans la moindre parcelle de son corps. Qu'avait-elle fait ? Elle ne se souvint. Elle fixait seulement de ses pupilles pleinement éveillées la beauté de l'automne. Et quelle beauté ! Pareille à celle qui illuminait le visage de Monseigneur le Radieux.
...
Le Genji !
Elle écarquilla les yeux, tourna le visage à sa droite, puis à sa gauche. Les feuilles crissaient sous le poids de sa tête. Elle reconnut des tas de feuilles par-ci, par-là. Elle sentait des odeurs à la fois égales, à la fois différentes. Mais aucunement celle de son encre et de son papier. Où se trouvait-elle ? Qu'était-ce ?
Elle venait de se réveiller d'un mauvais rêve. Quel mauvais rêve ? Pourquoi ne se souvenait-elle pa-…
Le bruit qu'elle entendit à l'horizon acheva de l'inquiéter. Elle n'arrivait pas à le déterminer. Elle qui pourtant connaissait le calme et la patience, retrouva la sensation d'un cœur chaud et tambourinant dans la poitrine. Cette sensation désagréable de l'inquiétude.
Ah ciel, que sa tête était douloureuse !
Elle tenta de se redresser, elle se retrouva assise au milieu d'un tas de feuilles. La froideur de leur humidité la fit frémir, elle prit le temps de se masser les tempes. Elle devrait appeler ses suivantes. Pourquoi n'étaient-elles pas là ? Elle leur avait pourtant dit de-...
Ses suivantes ? …
Mais elle ne se trouvait pas dans ses demeures.
Avait-elle été enlevée ? Jetée dans la nature ? … pourquoi ?...

Et ses paupières se rouvrirent.
Et un cri retentit.
Un cri de détresse. Un cri d'effroi.
Et sa gorge fit mal. Et ses oreilles entendirent.
Et un nouveau cri, plus court. Son cœur manqua de faire un bond hors de sa poitrine. Ses mains, crispées, tendues devant elle. Ses jambes, pliées à demi, devant son regard. Et les doigts qui se pliaient, sa respiration saccadée. Son souffle court. Ses yeux écarquillés. Sa bouche entrouverte.
L'air froid y pénétra, comme il pénétra dans ses narines, comme il glaça ses poumons. Cet air froid qui la paralysa, tout comme l'horreur.

D'énormes doigts. D'énormes pieds. Des... muscles, des... POILS ?!
Elle recula, se cogna contre un arbre. Quoi ?! Comment ?! Que-...
C'était bien elle. Ses pensées répondaient à ses gestes. Son corps, lourd, massif, était le sien. Et ce cri, immonde, grave, qui sortait de sa gorge, qui envahissait l'espace : c'était le sien ? Comment ? Pourquoi ? Qui était-elle ?
Elle eut un doute. Elle tenta de se souvenir. Non, ce n'était possible. Murasaki, Dame Murasaki Shikibu, Dame Fujiwara no Takako. Née de Fujiwara no Kaneie, épouse Nobutaka. Elle avait eu une fille, Kataiko. Oui, c'était cela. Elle avait eu un frère, deux sœurs. Elle avait été introduite à la Cour par Michinaga, et son beau regard. Michinaga et sa douceur.
Elle secoua la tête.
Princesse Shôshi, Dame Sei Shônagon.
Les souvenirs revinrent en flots torrentiels, des flots de paroles, de tissus, de thé, de carillons, de bois, de papiers, d'encre, de mots, de statuts, de batailles, d'argent, d'influences, de noms...

Et sa tête tapa, en arrière, le tronc qui finit par la soutenir.
Et les larmes jaillirent du coin de ses yeux, comme ces flots de souvenirs jaillissaient de son esprit.
Quelle horreur ! Quelle atrocité ! Pourquoi tout cela se liguait-il contre elle, qu'avait-elle fait ?
Elle venait de se souvenir.
Elle venait de comprendre.
La dernière fois qu'elle avait vu le visage de sa fille, c'était lorsque celle-ci s'était penchée sur elle.
Oui, elle se souvint.
Elle lui avait serré la main.
« Détrompe ta peine, ma fille, je m'en vais sereine. » Avait-elle finalement dit à voix haute, en même temps que les souvenirs la décrivaient.

Cette voix était vraiment la sienne... Cette voix masculine qui traversait sa trachée et répandait sa sonorité dans l'espace où elle se trouvait. Elle pleurait d'autant plus à scruter ses jambes immondes et ses mains énormes. Elle n'osait pas se voir dans sa totalité.
-Qu'ai-je fait, par tous les dieux, qu'ai-je fait ? …
Ses larges mains s'agrippèrent à ses cheveux; elle sentit leur raideur, elle sentit les poils de sa mâchoire qui rappaient l'éminence thénar de son pouce, elle se figea de nouveau. Ses yeux fixaient ses cuisses. Son regard se bloqua à cette image. Elle refusait de scruter plus que ce qu'elle voyait, d'autant que sa nudité, dévoilée de cette façon, la rendait malade à un point qu'il était impossible de décrire. Le froid s'immisçait dans les interstices, lui faisait ressentir ce qu'elle tentait d'oublier.
Elle voulut mourir, à nouveau.
Elle aurait voulu qu'on la laisse, par-delà la mort.

« Ah, si seulement tu avais été un homme ! »
Les paroles de son père résonnèrent en elle comme une lame que l'on infiltrait, insidieuse, dans chacune des artères de cette organe qui veillait sur sa vie.
Ha ! Elle savait ! C'était cela ! Son père avait de trop prié ! Ou pire ! C'était Dame Sei Shônagon qui l'avait maudite ! Elle avait prié pour qu'il lui arrive malheur, c'était certain !
Elle s'était réincarnée, après le jugement de Bouddha, et comme punition, elle avait eu droit à cela : un corps atroce, horrible, moche ! Elle avait été punie par les dieux pour son arrogance, son envie d'apprendre la même langue que les hommes ! Ah quelle sottise ! Ah quelle naïveté ! Elle se repentirait tout le reste de son existence !
Faites qu'ils la tuent. Faites qu'ils la tuent de nouveau.
Elle tirait sur ses cheveux.
Elle voulait les arracher.

-Hey ! Ça va ?
Elle entendit une voix, releva la tête. Les larmes avaient embué sa vue. Elle voyait à demi. Quelqu'un était accouru, lui tendait la main. Elle n'arrivait pas à voir la silhouette correctement.
-Non, non, laissez !
Elle voulait refuser, elle avait honte. Ses joues, ses oreilles étaient rouges. Elle avait replié ses cuisses contre elle. Elle voulait se cacher, fuir, entendre le bruissement de ses longs vêtements sur le tatami. Mais toute cette élégance s'était enfuie sans elle. Tous ses beaux vêtements en soie, son maquillage fardé, ses sourcils taillés, ses dents peintes en noire... tout cela s'était refermé avec ses rouleaux, avec son œuvre, avec sa mort. Elle avait un corps musclé, lourd, dénué de vêtements. Elle était à la merci du temps et des regards.
-Ça va aller.
Il s'était baissé, avait posé ses mains sur ses épaules.
-Ça va aller, tu es en sécurité ici !
Comment croire ces paroles ? Comment accorder un crédit à quelque chose qu'elle ne connaissait pas ? À des gens qu'elle ne connaissait pas ? Elle ne se souvint plus des détails, elle fut récupérée par quelques autres personnes qui l'avaient aidé. Ils s'étaient occupés d'elle avec un soin qu'elle n'aurait jamais cru possible depuis son retrait définitif au Lac Biwa. Étrange, différent de celui que lui prodiguaient ses suivantes.  
Pourtant, faible et démunie, elle s'était laissée faire. Sa tête était douloureuse, terriblement douloureuse.
Ils essayaient de lui expliquer, calmement, sûrement. Mais elle était sourde à tout.
Elle avait baissé les bras.
Du moins sur l'instant.

Elle savait que tout était terminé. Elle compris qu'elle ne les reverrait plus. Les rubans de soie, les paravents dissimulant les secrets, les genoux glissant sur le sol des demeures. Les murmures derrière les éventails, les manches et les cheveux. Ces carillons qui sonnaient en automne au rythme de sa plume. La lune pleine dessinée derrière un cerisier centenaire. Le chant des rouges-gorges un matin de printemps. La neige crissant sous les geta* des domestiques.
La caresse suave des waka*, chantés par le Seigneur Michinaga.








* Murasaki Shikibu : nom d'auteur que beaucoup attribuèrent à l'écrivaine, Murasaki ( pourpre ) était la couleur utilisée comme teinture et extraite du latex du grémil, herbe poétique par excellence, dite Murasakino. Le pourpre était à l'époque la couleur impériale, et par là même, la couleur de la famille Fujiwara d'où elle était également originaire ( Fuji signifiant glycine, arbore la couleur pourpre ). Shikibu est l'emprunt du nom statutaire de son père à la Cour Impériale.

* 文苑英華 Wényuàn Yīnghuá : un classique de littérature chinoise, une anthologie de poèmes commanditée par l'Empereur, et compilée par un groupe d'officiers à la tête duquel se trouvait Li Fang.

* waka – littéralement « poème ( ka ) du Yamato ( wa ) » ( Yamato – nom du Japon à l'époque ), style de poème japonais, uniquement utilisé à la Cour.

* geta : sandales japonaises.


Et toi, dans tout ça ?
Âge : 27 ans.

Comment tu as trouvé le forum ? Via topsite ~

Un petit commentaire ? Bouh, je viens vous manger.


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Guillemet ouvrantStalkeuse ImpérialeGuillemet fermant
Citation : Peu d'hommes peuvent se vanter d'avoir côtoyé l'amour avec emprise et dextérité, sans en avoir eu les malheureux retours.
Emploi : Musicienne et Poète.
DC : Guy de Maupassant - Don Juan
Crédits : Tonbokiri - Tôken Ranbu
Et bah dis donc, encore un qui arrive avec une fiche complète, vous voulez nous faire rêver, c'est ça :huhu: ?
Bienvenue officiellement à toi nouveau chaton :sparkle:

Ne nous mange pas trop vite, on pourrait se croiser en rp enfin :huhu:
En tout cas, ravi que tu aies rejoint nos rangs ! Si tu as la moindre question n'hésite bien sûr pas à venir poker le staff, on aime ça au fond :whut:

[PS : N'oublies pas de passer signer le règlement :tothestars: ]
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Guillemet ouvrantJE NE MANGE PAS DE GRAÎNES !Guillemet fermant
Citation : La question est celle-ci : d'où vient l'homme ? Où va l'homme ? Je la résous triomphalement en disant : l'homme va et vient dans la nuit.
Emploi : Patron de l'Irrisistible.
DC : John H. Watson - Barbe Bleue - Le Petit Prince
Crédits : Victor Nikiforov - Yuri!!! On Ice

et c'est la validation !

Bienvenue !
Alors avant toute chose, je t'accueil dans le club "Touken Ranbu" ! Sinon...que dire ? Une fiche sublime, un style bien à toi que j'adore et que je trouve vraiment magnifique, l'essence de personnage est là, une avalanche de petits détails et dieu seul sait à quel point j'aime les détails :huhu: en tout cas c'est très bien écrit, cette pauvre demoiselle reléguée à un corps d'homme, j'espère qu'elle saura trouver sa place et je serais ravi de l'y aider ! En somme une très très bonne fiche et je suis ravi de la valider ! Bienvenue parmi nous et amuse toi bien à Insomnia !

maintenant que tu as rempli la tâche qu'était de remplir ta fiche, je t'invite à aller remplir de quoi finaliser ton inscription.

pour recenser ton avatar, c'est par ici ♥️. pour que ton personnage ait un lieu de travail, je te conseille également de te rendre pour remplir un formulaire et obtenir un logement. de même si tu veux un joli rang sous ton pseudo, tu peux venir en réclamer un à cet endroit. et le plus important, n'oublie pas de recenser ton métier par ici ! et pour finir, venez recenser d'où vient votre personnage ici ♥️ !
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Guillemet ouvrantThe Knight The PatriotGuillemet fermant
Citation : End? No, the journey doesn't end here. Death is just another path, one that we all must take. The grey rain-curtain of this world rolls back, and all turns to silver glass
Emploi : Médecin légiste
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Guillemet ouvrantGuillemet fermant
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