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sep 24 Que de nouveautées ! Le groupe des Créations est de nouveau ouvert, un sondage a été lancé ici et les demandes de rp sont de nouveau ouvertes !

sep 4 Vous l'attendiez ? Le voilà ! La seconde partie du premier évent du forum vient d'ouvrir. Les autorités recommandent de courir si vous voulez survivre ~

sep 1 Par souci d'équilibrage des groupes, les Créations sont de nouveau temporairement fermées ! Privilégiez les Auteurs et les Compositeurs, ils n'attendent que vous ♥

aug 25 Le forum s'habille de rouge et noir pour fêter la première mise à jour du forum !

CRÉDITS

Design graphique créé par @ John
Codage de la PA réalisé par @ John avec l'aide de @ Cynn

Toute reproduction même partielle du codage et du graphisme est formellement interdite.

Bienvenue à Insomnia. Les Auteurs ont été les premiers à fouler le sol de la ville, il y a 50 ans.sortis de nulle part, ils se sont trouvés soudainement propulsés dans cette ville, avec tous leurs souvenirs intacts. Mais ils ne s'attendaient certainement pas à voir leurs créations revenir à la vie. Ces êtres qu'ils ont inventés avec amour ou haine, ces êtres tout droit sortis de leurs imaginaires, ils ont désormais la possibilité de les rencontrer. Dans cette vie, le Grand Méchant Loup n'est plus le vilain de l'histoire, il se réveille sous forme humaine et doit s'adapter à sa nouvelle vie. En ces lieux, Blanche-Neige est revenue après avoir croqué la pomme et est devenue un homme, la plus frêle des demoiselle est désormais un mâle en puissance.Une personnalité étrange, cependant, a fait son apparition. Depuis le début, comme une ombre, un fantôme. Un Maire dont tous connaissent l'appellation, mais que personne n'a jamais vu. Qui est-il ? Pourquoi ne se réveille-t-il qu'en certaines occasions ? Le mystère reste entier, plane sur cette entité capable du meilleur, mais surtout du pire. Nul n'est à l'abris. Mais il est une chose que tous comprennent. Le monde qu'ils avaient connu n'est plus le même. Ce qu'ils possédaient a disparu. La feuille blanche est désormais entre vos mains, et votre nouvelle existence reste à écrire. À vous de jouer.
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"After all this time?" "Always." [Roxie <3]

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Lun 14 Aoû - 23:39
Aujourd'hui, pour ne pas changer, Cyrano est un peu grognon. D'ailleurs, en se levant, il l'a vu à son visage. Sa barbe , habituellement parfaitement taillée, est moins propre qu'auparavant, sans pour autant lui donner un air de sauvage tout de même. Ses cheveux aux légères boucles sont eux aussi un poil trop longs, alors il les a discipliné en une queue de cheval basse. Rien à faire pour ses cernes néanmoins. Une chance qu'il ne perde pas facilement du poids, sinon il serait devenu bien gringalet. Mais son corps est plus fort qu'il n'en a l'air, et des muscles forgés par un écrivain sont du genre durables on dirait bien.

Alors Cyrano est allé au travail, comme tous les jours. Derrière son comptoir, il rince les tasses machinalement, mécaniquement. Il range le thé, le café, fait son inventaire. Il fait un grand soleil, dehors, et Cyrano a un peu mal à la tête. Il a bu, hier, dans un des bars du coin. Il y a fait une rencontre dont il ne se souvient pas tant que cela finalement. Le whisky, ça tape. Les nuages lui manquent quand les rayons sont si agressifs pour des yeux fatigués.

Mais il travaille, puisqu'il le doit. Il essuie les tables, pose les menus. C'est le jour de repos de sa serveuse, il est seul dans le petit salon de thé. Une douce musique classique est diffusée en fond. La cassette un peu abîmée est enfoncée dans un vieux magnétoscope. L'élégant s'habitue peu à peu à la nouvelle technologie mais… Oui, il y va à son rythme. Ne pas trop le presser, il est déjà assez perdu comme cela.

Après avoir bien vérifié la disposition de la pièce, Cyrano s'approche de la porte d'entrée afin de retourner le panneau montrant « Fermé » au monde extérieur sur un « Ouvert » plus accueillant. Il s'en va ensuite se remettre derrière son comptoir, dans l'attente des premiers clients. Il est encore tôt, mais des gens viennent prendre leur thé du matin, leur café d'avant le travail, et même, parfois, un véritable petit déjeuner. Et puis la clochette caractéristique de la venue d'une personne résonne.

Cyrano se lève et sur son visage naît le sourire poli de celui qui sait comment accueillir. Un sourire avec les yeux mais pas avec le cœur. Pourtant, devant lui se tient une apparition. Un jeune homme pas bien grand et tout fin, pour ne pas dire frêle. Avec sa peau pâle et délicate, il ressemble à une poupée de porcelaine. Mais Cyrano ne s'attarde pas, cela ne se fait pas. Il ne prend donc pas le temps de détailler plus les yeux qui attirent son regard car étranges, ou les cheveux qui ne lui sont pas totalement inconnus, sans pourtant être vraiment familiers. Cyrano incline la tête en signe de bienvenue, et prend la parole de sa voix calme et mesurée habituelle :

- Bienvenue au salon de thé. Prenez donc place où il vous plaira, en cette heure matinale ce n'est point la place qui manquera, et dîtes-moi ce que vous désirez.

S'il avait su, Cyrano, qui se tenait devant lui, il en aurait probablement perdu la parole.
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Magdeleine RobinFragile petite précieuse
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Mar 15 Aoû - 12:43
Roxane était arrivé en ville il y a dix jours et, depuis, il tentait tant bien que mal de s'habituer à sa nouvelle vie et, surtout, à son nouveau corps. Il avait passé la première semaine complètement dans le brouillard, à chercher des repères qui n'existaient pas et sursauter chaque fois qu'il apercevait son reflet dans un bout de miroir. S'habituerait-il un jour à ne plus voir ses boucles blondes qui avaient fait sa beauté autrefois ? Et puis, il y a quelques jours, il était sorti de son petit appartement. Il s'était dégoté un travail en tant que paysagiste et avait discuté avec un garçon fort sympathique mais dont il avait oublié le prénom. Depuis, il passait ses journées et une grande partie de ses nuits à faire des croquis de jardins, tantôt à la française, tantôt à l'anglaise ou tantôt à l'italienne. Il se rendit compte qu'il était plutôt doué.

Hier, n'échappant pas à la règle, il sortit de bon matin, alors que l'aube pointait à peine le bout de son nez, et marcha tranquillement, en quête de nouvelles découvertes et inspirations. Il s'était arrêté à un coin de rue en découvrant un groupe d'hommes discuter bruyamment. Sa timidité l'emportant sur son envie de sociabilisation, il ne voulait pas se faire repérer. Néanmoins, il les écouta parler, rire, se taper dans le dos comme des amis de toujours. Il fut presque convaincu de les rejoindre lorsque l'un d'entre eux évoqua un salon de thé tenu par un dénommé Cyrano de Bergerac. Là, son cœur rata un battement et le monde tourna dangereusement autour de lui. Cyrano ? Ici ? Il ne pouvait pas en exister deux, c'était impossible. Il s'agissait donc bien de lui.

Abasourdi, Roxane retourna sur ses pas et s'enferma chez lui. Allongé sur son lit, alors que le soleil grimpait doucement dans le ciel, sautant d'un nuage à l'autre, il réfléchissait. Si c'était lui, il devait aller à sa rencontre. Il était certain que Cyrano serait ravi de le revoir. Pourtant, un problème de taille lui sauta aux yeux.

-Je suis un homme, maintenant, murmura-t-il doucement.

Il s'habituait à peine à sa voix, plus grave qu'auparavant et devenu rauque avec l'émotion. Cyrano ne le reconnaîtrait même pas. Et s'il le faisait, accepterait-il la transformation ? Ça n'était pas un changement à prendre à la légère. Le cœur de Roxie s'emballa furieusement dans sa poitrine. Il ne pouvait pas ne pas savoir. Il ne pouvait pas rester dans le doute. Alors que le soleil redescendait déjà – avait-il passé autant de temps dans ses pensées ? – il prit sa décision ; demain, il se rendrait à ce fameux salon de thé. Il passa le reste de la journée à imaginer tous les scénarios possibles et imaginables, allant des retrouvailles larmoyantes au rejet froid et catégorique.

Il ne dormit pas de la nuit.

Alors que la pièce s'éclaircissait doucement, Roxie ne put attendre une seconde de plus. Il prépara un sac qu'il remplit de carnets et de crayons, de mouchoirs, et autres choses qui lui paraissaient complètement inutiles mais sans lesquelles il ne serait pas sorti. Il le passa sur une épaule et claqua la porte derrière lui. L'air était doux, les premiers rayons du soleil étaient déjà chauds ; une bonne journée s'annonçait. Cela distilla de l'espoir dans le corps de Roxane. Il arriva vite sur le boulevard principal, là où il avait entendu dire que se trouvait le salon de thé. Et, en effet, il était là. Son souffle se coupa un instant. Il n'avait donc pas rêvé, tout ceci était bien réel. Un sourire se dessina sur son visage fatigué.

Une fois de plus, il avait évité de lever les yeux, effrayé de tomber sur son reflet dans les vitrines, mais il imaginait sans mal les traces de son insomnie gravées sur son front. Il alla se poster face au salon, de l'autre côté de la rue, attendant patiemment que celui-ci ouvre. Il était encore tôt. Pourtant, plus rapidement qu'il ne l'aurait cru, la petite pancarte indiqua que l'heure était venue. Alors qu'il sentait la panique s'insinuait dans ses veines, il inspira un grand coup ; impossible de faire marche arrière désormais. D'une main tremblante, il ébouriffa ses cheveux afin qu'ils retombent sur ses yeux, dissimulant au milieu le cache sur le gauche. Il ressemblait à un pirate, mais peu importait, il ne pouvait prendre le risque d'exposer à la vue de tous – à la vue de Cyrano – son œil noir.

Il regarda à droite, à gauche, puis une fois de plus à droite et s'élança sur la route, vers son destin.

La première chose qui le frappa lorsqu'il poussa la porte fut l'odeur. Un délicieux parfum de café, de thé et de viennoiseries flottait dans l'air. Son ventre gargouilla – depuis combien de temps n'avait-il pas mangé déjà ? Il ne s'en souvenait plus. Et la deuxième fut l'homme qui se leva pour l'accueillir. Cyrano. Comment aurait-il pu ne pas le reconnaître ? Il avait les cheveux légèrement plus longs qu'auparavant, attachés sur sa nuque, mais cela lui allait si bien. La musique classique vint chatouiller ses oreilles alors que Cyrano lui offrait un sourire poli, qui meurtrit le cœur de Roxie. Un étranger, voilà ce qu'il était aux beaux yeux noisettes de son cousin.

Lorsqu'il parla, sa voix grave et douce, semblable à un rêve, émeut Roxane. Cette voix qu'il avait pensé ne plus jamais entendre. En d'autres circonstances, il se serait jeté à son cou. À la place, il passa une main sur sa nuque et glissa l'autre dans la poche de son jeans ; la timidité enflamma ses joues. Lorsqu'il osa enfin lui répondre, ce fut d'un mince filet de voix misérable.

-J'aimerais beaucoup que vous vous installiez avec moi. Je peux vous payer une tasse de thé. Préféreriez-vous peut-être un café ?

Il se mordit la lèvre avant d'ajouter, très rapidement.

-Si vous n'avez rien d'autre à faire, bien entendu.

Il essuya ses paumes de mains moites contre ses cuisses et baissa un peu la tête, priant pour que ses yeux soient dissimulés sous les mèches grises. Sans même attendre de réponse, il s'installa à une table de deux.
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Mar 15 Aoû - 22:28
Le jeune homme qui se tient devant Cyrano est particulier. Physiquement, avec ses cheveux qui tombent nonchalamment sur un œil caché, mais aussi psychologiquement, il semblerait. Timide, rougissant, émotif. L'élégant, face à lui, fronce imperceptiblement ses sourcils, penche un poil la tête sur le côté.

Et puis le petit animal sauvage ouvre la bouche, laisse un mince filet de voix s'en échapper. Si bas, si discret, que Cyrano n'est pas certain d'avoir bien saisi ses paroles tout d'abord. Pourtant, c'est un fait : cet inconnu souhaite qu'ils s'installent ensemble, et même lui offrir quelque chose à boire. Dans mon propre salon de thé ? Pourquoi ? Mais avant même que l'homme ne puisse lui adresser une question, le garçon s'est approprié une table double.

Cyrano le fixe quelques secondes, interdit, avant de hausser intérieurement des épaules. Des clients étranges, il en a vu passer. Là, il a du temps devant lui, le café étant pour le moment désert. Alors il tourne le dos au jeune homme pour se diriger vers son comptoir où trônent bouilloires, cafetières, thés et autres.

- Votre demande est accordée, il n'y a pour le moment pas âme qui vive. Il est néanmoins nécessaire que je vous prive de cette étrange envie de m'offrir café ou thé. Comprenez, cela serait inapproprié. C'est ici moi le tenancier de l'endroit. Puis, qui sommes-nous l'un pour l'autre si ce n'est deux inconnus, en somme ?

Debout derrière son comptoir, Cyrano verse dans la cafetière la poudre couleur terre. Son regard jusque là ailleurs rejoint le jeune homme installé un peu plus loin :

- Il est aussi temps que vous me disiez ce que je peux vous servir. Un tenancier buvant seul son café alors que le client n'est point servi, c'est ce qu'il pourrait arriver de pire.

La voix toujours timide, le garçon caché derrière ses cheveux d'argent lui répond un thé aux fruits rouges. Avec deux sucres.

Les mains si habiles de l'élégant se crispent et d'entre ses doigts la cuillère servant à servir le café manque de tomber. Je ne connaissais qu'une seule personne qui demandait cela. Je devrais pourtant me douter que beaucoup de personnes aiment leur thé aux fruits rouges. Avec deux sucres. Cyrano se racle la gorge et appuie sur le bouton de la machine.

- Je vous apporte cela.

L'élégant est du genre à vite reprendre son calme. Il remplit la bouilloire, lance la machine. Quelques minutes après, le voici à côté de la table. Il dépose une petite théière orange sur laquelle sont dessinées des arabesques dorées devant l'inconnu, ainsi qu'un bol dans une soucoupe. Ses gestes sont précis, minutieux, habitués. Cyrano pose ensuite face à la chaise vide un mug de café, sans soucoupe. Il en a bien besoin. Il s'installe, l'air étrangement soudain moins à l'aise loin de son comptoir. Ses yeux cernés glissent sur l'inconnu, dont il finit par tenter d'accrocher le demi regard. Il sent ses lèvres sèches et sa langue vient rapidement y passer, signe de nervosité. Cyrano ne comprend pas bien ce qu'il fait là, à côté de ce jeune homme. Que lui veut-il ?

- Que me vaut donc cette invitation à partager votre table ? Je vous avoue que je ne saisis pas. Même si cela reste un geste aimable.
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Magdeleine RobinFragile petite précieuse
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Mer 16 Aoû - 0:27
Deux inconnus, les mots le heurtèrent de plein fouet, comme une gifle en plein visage.

Évidemment, à quoi s'était-il attendu ? Avait-il vraiment espéré qu'au premier regard, au premier mot de sa part, Cyrano tourne la tête vers lui et se jette dans ses bras ? Sûrement un peu, tout au fond de lui, dans ses rêves les plus insensés. Mais alors qu'étaient-ils ? Que représentaient-ils l'un pour l'autre ? Étaient-ils seulement encore cousins ? Il gigota sur sa chaise, mal à l'aise. Tous ses espoirs fondus, réduits en bouillie dans les abysses de son cœur.

La voix lointaine de Cyrano lui parvint comme enveloppée dans du coton et Roxie tenta de se ressaisir.

-Un thé aux fruits rouges. Avec deux sucres.

Il était tellement concentré à gratter une poussière invisible sur la table et frotter ses chevilles l'une contre l'autre dans un geste de fébrilité, qu'il ne se rendit pas compte à quel point cette commande aurait pu le trahir. Trahir l'ancienne Roxane. Elle qui avait tant l'habitude de siroter ce thé en compagnie de son cher cousin. Il ne vit donc pas le trouble, si bref, du tenancier. Si seulement il avait fait un peu plus attention. Mais son esprit était empâté dans une sorte de mélasse épaisse et il ne parvenait plus à réfléchir à un moyen de se sortir de là convenablement.

-Je vous remercie, murmura-t-il alors que Cyrano déposait sa commande sur la table.

Roxie s'empressa, d'une main tremblante, de remplir son bol à moitié, appréciant la fumée qui s'en dégagea et remonta en volutes sur son visage, envahissant son nez des doux effluves fruités. Il enveloppa ses longs doigts autour du récipient brûlant, accueillant la chaleur bienvenue qui se diffusa dans ses mains et ses bras. Il avait oublié les bienfaits du thé. Il le porta à sa bouche, coinçant la fragile porcelaine entre ses lèvres, et souffla un mince filet d'air avant de laisser passer quelques gouttes dans sa gorge. Un frisson le parcourut tout entier et il reposa le bol sur sa soucoupe, relevant la tête vers Cyrano et plongeant son œil exposé dans ceux de l'homme.

Il le vit humecter ses lèvres fines, d'où sortaient un verbe entraîné, tantôt acéré, tantôt cajoleur, et sa bouche s'assécha. Roxie reprit une gorgée de thé, qui lui brûla la langue et n'eut pas du tout l'effet escompté. Il décida que le mieux était de prendre la parole.

-Et bien, voyez-vous, je suis arrivé en ville il y a peu et je cherche simplement à me familiariser avec les lieux. Je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise en vous proposant de vous joindre à moi. J'attendais juste un peu de compagnie pour mon petit-déjeuner. Je ne suis pas encore tout à fait habitué à la solitude.

Il lui offrit un sourire, hésitant et peut-être un rien séducteur, mais sincère. Il était clairement en train de se dérober, mais il ne savait pas comment rattraper la situation. Tout lui dire d'un coup ? Ça serait beaucoup trop dur à encaisser pour Cyrano. Lui faire passer le message discrètement ? Ne serait-ce pas alors déloyal ? Comprendrait-il seulement ? Pas que Roxie jugeait Cyrano comme un parfait idiot, bien au contraire, il avait toujours admiré son intelligence remarquable, mais peut-être ne voudrait-il simplement pas comprendre, la vérité étant trop dure à avaler pour lui. Roxane pourrait-il le blâmer pour ça ? Assurément pas. À sa place, il n'aurait probablement pas accepté ce si grand changement.

-Je suppose que vous devez connaître plein de gens en ville, en travaillant ici. Vous devez en voir défiler.

Il ne savait pas le moins du monde ce qu'il était en train de raconter, mais il ne voulait pas s'arrêter. Parler à Cyrano lui avait manqué. Il but une nouvelle gorgée, gigota un instant sur l'assise et, plus par réflexe que par réelle nécessité, passa une mèche de cheveux derrière son oreille.

-Avez-vous retrouvé des personnes qui vous étaient chères ? Je veux dire... d'avant.

Jamais Roxie ne s'était senti aussi trahi par sa langue et ses mots. Qu'était-il en train de baragouiner ? Cyrano, à coup sûr, ne saisirait pas une parole de ce semblant de conversation. Il se mordit la lèvre, se sentant rougir sous ce sentiment de honte qui l'envahissait doucement.

-Pardon. Oubliez ce que je viens de dire, c'était idiot. Et très indiscret en plus de cela.

Il repoussa légèrement le bol, pourtant loin d'être vide, et se gratta la nuque, comme chaque fois qu'il voulait prendre ses jambes à son cou et déguerpir d'une situation gênante. Alors qu'un tic nerveux saisissait sa jambe droite, celle-ci atterrit dans le pied de la table, faisant trembler tasses et théière. Bon sang, cela était-il possible d'être empoté à ce point ? Il lança un misérable regard d'excuses au propriétaire des lieux, se ratatinant sur place. S'il ne le mettait pas à la porte, il pourrait s'estimer heureux.
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Mer 30 Aoû - 11:41
C’est un murmure de remerciement qui est offert à Cyrano alors qu’il dépose les commandes. L’élégant est perplexe face à la gêne du bonhomme qu’il ne s’explique pas. Ce n’est pas de la simple timidité. Il y a… autre chose. Quelque chose de fort que l’homme ne saisit pas. Il voit les doigts tremblants de l’inconnu alors qu’il se sert du thé. Il ne peut s’empêcher de lorgner sur la délicatesse belle du jeune homme qui porte le bol à ses lèvres.

Mais il revient vite à son café, soucieux de ne pas reproduire la scène qui s’était déroulée avec Lorenzo aux thermes. Il vaut parfois mieux se faire discret. Il se contente donc de lui-même prendre quelques gorgées de sa boisson chaude en attendant des explications. Celles-ci viennent bien vite. Apparemment l’inconnu était en recherche de compagnie. Cyrano ne peut retenir un sourcil qui se lève, étonné. C’est que sa compagnie n’est pas toujours voulue, pour tout dire. Il est touché que son salon de thé ait aujourd’hui servi de refuge à une âme esseulée, mais il en reste surpris. Le jeune homme lui adresse un sourire encore un peu réservé, il n’en est pour autant pas moins sincère. Alors Cyrano étire un peu ses lèvres, lui aussi. Entre âmes esseulées, autant s’entraider, ne serait-ce que par des sourires. Le second sourcil ne tarde pas à rejoindre le premier alors que l’inconnu suppose que l’élégant connait du monde en ville. Des gens qui défilent… Oui, il en voit. De là à dire qu’il fait connaissance avec ? Nous en sommes si loin. Puis il demande s’il a retrouvé des personnes d’avant. Là, les deux sourcils retombent en froncement. Entre la gêne claire du jeune homme, son indiscrétion et la rapidité avec laquelle il s’excuse… Cyrano ne sait pas trop comment réagir.

- Ne vous excusez pas ainsi, commence-t-il en plantant son regard noisette dans le seul œil du jeune homme. Je vous avoue ne pas m’expliquer votre embarras, ce n’est pas pour autant que je ne vous répondrai pas. Vous pourriez paraître pour certains bien impoli. Pourtant, votre question est légitime, bien que trop intime.

Mais lui aussi aurait voulu que l’on réponde à ses interrogations lorsqu’il est arrivé. Il n’a simplement rien demandé, trop de fierté. Le jeune homme semble timide, s’il ne lui répond pas, peut-être qu’il n’osera plus jamais poser ses questions. Alors en plus du sourire, aujourd’hui, Cyrano lui offrira les réponses qu’il pourra.

- Je n’ai jamais eu beaucoup d’amis, aussi je ne pourrais en retrouver que peu. Il n’y a en réalité qu’une seule personne que je souhaiterais revoir… Mais cela n’arrivera pas, vous pouvez me croire.

Un voile est tombé sur ce regard plutôt doux habituellement. La mâchoire s’est contractée. Les doigts se sont resserrés sur la tasse. Il est triste, Cyrano, sans sa Roxanne. Même si elle ne l’aimait pas, lui l’aimait de tout son cœur. Quand bien même elle aussi arriverait à Insomnia, elle serait devenue un « Il ». Et ça, Cyrano, il ne sait pas comment il le gèrerait.

Dans tous les cas, le retour de sa Roxanne, il n’y croit pas.
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Magdeleine RobinFragile petite précieuse
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Mar 5 Sep - 18:51
Roxane ne manqua pas l'œillade insistante de Cyrano sur lui. Se doutait-il de quelque chose ? Avait-il compris la terrible vérité ? Visiblement pas. Il l'écouta parler – cette voix si belle qui, un jour, lui ouvrit son cœur au bas de son balcon et qui venait le hanter parfois dans ses rêves. Ses poings se crispèrent bien malgré lui lorsque son cousin évoqua la Roxane qu'il était – car il en était certain, il ne pouvait parler que d'elle ; de lui. Il s'en voulait tellement – c'en était douloureux dans sa poitrine et dans tout son corps – de lui causer tant de peine et de souffrance. Il observa, impuissant et furieux, son si beau regard se voiler, sa mâchoire se contracter et ses doigts se resserrer autour de la tasse. Roxane était certain qu'il aurait pu la briser, comme lui-même lui avait brisé le cœur. La vie lui offrait une deuxième chance pour se rattraper, il était temps de la saisir, de tenter le tout pour le tout, même s'il devait essuyer un refus de la part de Cyrano ; après tout, il le méritait bien. Le poète l'avait aimé et attendu toute sa précédente vie, c'était à son tour maintenant – et de l'amour et de la patience, il en avait à revendre.

Son choix était fait, il ne pouvait supporter une seconde de plus cette tristesse affreuse sur le visage aimé ; il avança une main tiède et douce sur celle de Cyrano. Seigneur, il aurait pu en pleurer de pouvoir enfin le toucher, le sentir vivant sous ses doigts. Il esquissa un mince sourire en plongeant son œil dans ceux de son cousin. Il espérait qu'il parlerait davantage pour lui, qu'il lui dirait tout ce que Roxane avait à dire – il y en avait des mots qui patientaient en lui et qui attendaient patiemment d'être jetés en touffe, sans les mettre en bouquet. Pourtant, il se força à organiser sa pensée ; il devait les choisir intelligemment, il n'aurait pas de troisième essai.

-Chacun de nous a sa blessure : j'ai la mienne. Toujours vive, elle est là, cette blessure ancienne.

Roxie n'arrivait plus à lâcher le regard de Cyrano, il était comme hypnotisé, comme en train de se noyer et il n'avait aucune envie de se sauver. Il resserra les doigts autour de ceux de son cousin.

-Elle est là, continua-t-il, portant son autre main contre son cœur, sous la lettre au papier jaunissant où l'on peut voir encor des larmes et du sang.

Il savait que Cyrano ne pourrait passer à côté de ces mots que l'ancienne Roxane lui avait dit il y avait de cela si longtemps ; un jour funeste où il perdit pour la deuxième fois l'homme qu'il aimait et où il portait encore cette longue robe noire, son esprit seulement occupé par une tapisserie qui resta inachevée.

Roxane éloigna sa main des doigts de Cyrano, comme si sa peau, soudain, l'avait brûlée. Il pouvait presque sentir la lettre, dissimulée dans la poche intérieure de sa veste, palpiter contre le fin tissu de son t-shirt. Ça lui démangeait de la prendre et de la tendre à son cousin ; comme preuve irréfutable qu'il était bien sa Roxane. Pourtant, il n'en fit rien, figé sur place, la bouche légèrement entrouverte, suspendu aux lèvres de Cyrano. Autour de lui, l'air se mit à crépiter et son cœur s'emballa dangereusement.

Le moment de vérité était arrivé.
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Jeu 21 Sep - 21:55
Vous voyez cette sensation qui vous prend au ventre parfois avant de vous endormir ? Celle qui vous fait rater un battement de cœur alors que vous êtes persuadé de tomber, tomber sans jamais pouvoir vous raccrocher à quoi que ce soit. Un looping raté, pour faire plus simple, si vous ne voyez pas. Oui, c’est cela. Cyrano a l’impression d’être resté coincé tête en bas, à l’envers dans le cercle quasi parfait, prêt à se détacher du siège. Pourtant, il est bien là, ancré sur sa chaise, son mug serré entre ses doigts. A force de contracter, les phalanges de ses mains sont si blanches qu’à côté, un mort paraitrait bronzé. Parce que Cyrano a bonne mémoire, en particulier avec les mots. Encore plus avec ceux de Roxanne. Sa Roxanne. Il les reconnaitrait entre mille, ces paroles. Pourtant il ne dit rien, le regard noisette braqué sur le visage fin du jeune homme face à lui. Il ne dit rien et les minutes s’égrènent. Elles prennent leur temps à tomber, les secondes. Elles s’amassent, comme les grains de sable d’un sablier.

Puis il porte sa tasse à ses lèvres. Sa langue glisse récupérer une goutte restée sur la ligne de touche. Ses yeux n’ont pas bougé. Ils ne bougeront pas. Cyrano est statufié. Mort une seconde fois. Son cœur ne repart plus. Repartira-t-il un jour ?

BADAM.

Trop vite. Il sent son pouls se remettre à battre à toute vitesse au niveau de sa gorge. Il sent son cœur s’agiter dans son ventre. Il sentirait presque le sang faire des loopings au sein même de son corps, filer à toute allure dans ses veines comme s’il tentait de rattraper la précieuse vie presque perdue. Et tout à coup, Cyrano est déstatufié.

BAM.

C’est la tasse qui se brise en mille morceaux, qui déverse le peu de café qu’il restait encore à l’intérieur et qui tâche le carrelage parfaitement nettoyé par l’élégant quelques minutes auparavant. Ses yeux, eux, n’ont pas encore repris vie. Ils se refusent à lâcher le jeune homme. Peut-être qu’en le fixant assez longtemps, il reprendra forme originelle ? Ou bien montrera-t-il qu’il n’est en fait qu’un mirage ?

BADAM. BADAM.

Il voudrait éteindre son cœur qui lui monte à la tête. Mais l’organe ne cesse d’accélérer, l’élégant en est presque essoufflé. Et les minutes continuent de passer sans qu’un mot ne tombe. L’homme a-t-il seulement conscience de la souffrance qu’il doit actuellement imposer à son aimée devenue aimé ?

- Qui êtes-vous ?


Le rejet. Le déni. Il refuse d’y croire, Cyrano. Il doit y avoir une mauvaise blague quelque part. Comment pourrait-il en être autrement ?
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Magdeleine RobinFragile petite précieuse
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Sam 23 Sep - 11:24
C'était comme si les mots de Roxane avaient hypnotisé Cyrano ; il ne bougeait plus, depuis de longues minutes maintenant, et ne semblait pas prêt à esquisser le moindre mouvement avant encore un moment. Seules ses paupières se fermaient et se rouvraient à intervalles réguliers, unique signe de vie chez l'homme. Roxane, lui, n'avait jamais eu autant envie de bouger ; se tortiller, gigoter, se gratter la nuque, se frotter les mains, tout plutôt que supporter cet insupportable silence. Tout plutôt que supporter le regard de Cyrano braqué sur lui. Un regard qui signifiait « J'ai compris, mais… ». Mais je ne veux pas de toi, pas comme ça. Mais ça n'est pas possible. Mais je refuse. Je refuse. La tasse qui se brisa sur le carrelage le lui prouva et les quelques gouttes de café qui s'y répandirent lui hurlèrent de sortir d'ici, vite. De ramasser sa besace et de ficher le camp. Parce que c'était trop pour son cousin. Trop d'un coup. Pourtant, ses yeux ne bougèrent pas, toujours intensément fixés sur lui. S'attendaient-ils à ce que le précieux devienne précieuse ? S'il l'avait pu, il l'aurait fait. Il aurait invoqué tous les Dieux, ceux qu'il connaissait et même ceux qu'il ne connaissait pas, il les aurait prié, supplié de le faire redevenir celle qu'il était. Hélas, personne ne lui répondit. Personne ne vint à son secours. Il était seul, abandonné dans ce corps comme une prison ; un châtiment. Il n'avait pas su aimer Cyrano à sa juste valeur dans son ancienne vie, alors il se retrouvait condamné à l'observer le refuser, le repousser. À cause de son physique. Exactement comme lui.

Et puis la fameuse question, l'atroce question, l'insoutenable question. Roxane ouvrit la bouche pour lui répondre, mais sa langue était pâteuse, sa gorge, serrée, ses lèvres, sèches, aussi, aucun son n'en sortit. Il retenta encore une fois, deux fois, trois fois. Toujours rien. Aucun mot, aucune syllabe, aucun bruit. Comme s'il était soudainement devenu muet. Était-ce seulement possible ? Il toussota, se redressa sur sa chaise et releva le menton. Et ne dit rien. Parce qu'il n'y avait rien à dire. Subitement, il s'en rendit compte. Cyrano l'avait forcément reconnu, savait forcément qui il était, aussi, cette question devait être un moyen détourné de lui demander de partir. L'élégant avait toujours eu cette politesse en lui. Pourtant, Roxane aurait préféré qu'il le lui dise clairement, qu'il le jette dehors même, de ses propres mains. Il avait réussi à venir de lui-même, mais se sentait incapable de repasser cette porte de lui-même, pas dans ces conditions. Il resta donc planté sur sa chaise comme un idiot.

-Roxane, en jupons courts, s'appelait Madeleine…

Les mots de Cyrano cette fois, à une époque où l'ancienne Roxane s'apprêtait à lui révéler qu'elle aimait quelqu'un. Pas lui. Pourtant, elle l'aimait, mais c'était une autre histoire. Ses mots étaient tellement plus faciles à dire que les siens, les siens étaient rêches dans sa gorge, ils claquaient contre ses dents et lui mordaient l'intérieur de la joue, alors que ceux de son cousin étaient tendres, justes, ils glissaient sur sa langue comme un bonbon. Cependant, le doute continuait de couler dans ses veines, comme un poison qui menaçait de tout détruire sur son passage. Cyrano de Bergerac et Magdeleine Robin auraient-ils enfin droit à leur fin heureuse ? Devraient-ils attendre une troisième vie ? Leur destin était-il condamné à toujours se croiser sans jamais s'enlacer ?
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Sam 7 Oct - 13:43
Le jeune homme fait le poisson, ouvre et referme cette bouche aux lèvres fines et si tentatrices, soudain. Elles n’ont pas tant changé de celle qu’elle avait à l’époque. Cyrano le sait, mais Cyrano refuse de le voir. A la place il plante son regard dans l’œil unique et ne dit plus rien, attendant la réponse dans le silence qui s’est à nouveau imposé à eux, mains posées sur ses cuisses. Puis la toux de Roxane résonne et brise l’instant éternel. Encore une fois, l’inconnu, pas si inconnu… Madeleine… emploie des mots déjà utilisés dans des temps plus anciens.

- …J’étais jolie alors ? murmure l’élégant d’une voix rauque. …Vous n’étiez pas vilaine…

Ses yeux noisettes viennent trouver la table, tout à coup envahis de peine, d’une plaie bien plus béante que toutes celles que l’on avait pu lui faire à l’épée. Il revoit tout. Il revit tout. Il se souvient qu’il courrait avec sa cousine dans les champs. Il se souvient qu’elle pansait ses blessures… Aujourd’hui, elle change de rôle. Cette fois-ci, elle est bien la vilaine.

Non… Elle est… Il est splendide. Vilain par méchanceté ? Pas même. Il n’y est pour rien. Ce n’est pas de sa faute.

Mais il a beau se le dire, Cyrano sent la rage envahir son cœur. Il pourrait se réjouir de retrouver à la fois famille, amie et amour… Il en est pourtant bien incapable. Il n’est pas prêt. Il refusait d’espérer le retour de Roxane et comprend désormais pourquoi. Le changement est trop grand. Oh, il est loin d’être homophobe. Il s’en fiche bien. Mais Edmond Rostand l’était peut-être un peu car il se refuse à aimer un homme, même en sachant qu’en lui est logé l’amour d’une vie. Ou bien est-ce l’époque dans laquelle il a évolué qui, elle, était loin d’être acceptante ? Il n’en sait rien. Pour être honnête, il ne prête guère attentions aux raisons. Tout ce dont il est certain, c’est qu’il ne peut être amoureux du jeune homme face à lui, aussi Roxane soit-il.

- Et bien sûr, vous n’êtes toujours pas vilaine…

Les yeux remontent sur l’unique du jeune homme. Sombres, voilés. Ils n’ont plus rien de la tendresse que Cyrano portait à Roxanne.

- Je ne voudrais pas être impoli, mais je me dois de vous demander de sortir. Ne vous croyez pas haï, j’ai eu sentiments bien pire.

Il dit vrai. La haine est loin, enfouie sous l’incompréhension, la sensation d’avoir une nouvelle fois perdu un être cher alors qu’il vient de surgir de nulle part.

- Au revoir…


Roxane… Mais il ne le dira pas.
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