INSOMNIA
« J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse. »

Insomnia :

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❝ All that we see or seem is but a dream within a dream. — Edgar A. Poe



 
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EDGAR A. POE
Omega

19/01/1809 - 7/10/1849
Il y a 29 ans
Rédacteur de presse à son compte
Riche
Todoroki Enji // BNHA

 Bonjour je suis le TC très charmant de Sherlock & Gavroche, yakoi. :whut:

Histoire
Les pas de l’homme résonnent dans l’appartement quasiment vide. Un verre rempli d’un tiers seulement, quatre doigts sur cinq tenant le haut de celui-ci, il reste profondément silencieux, observant de ses yeux bleu turquoise son nouvel environnement. Un grand appartement pour lui seul, une nouvelle vie. Slalomant avec lenteur entre ses cartons, il a mit le prix dans sa nouvelle habitation, ainsi que ses nouveaux meubles, et il ne regrette absolument rien, son compte en banque le lui permet.

Il vient de déménager pour la cinquième fois depuis le début de l’année. Capricieux, il n’appréciait guère ses anciens appartements, changeant constamment de lieu pour satisfaire ses envies personnelles. Pourtant, il a l’air d’être content de ce nouveau lieu.

Edgar boit le tiers de son verre d’une traite avant de le déposer sur le comptoir en bois de chêne poli, et de se diriger vers le premier carton pour en vider le contenu avec lenteur.

__________


« Je m’appelle Edgar Allan Poe. J’avais quarante ans quand je suis mort, et je me retrouve avec plus ou moins dix ans de moins ici et bien vivant. J’ignore comment et pourquoi, mais ce n’est pas de ça que je viens vous parler. Ce n’est pas ça que vous voulez entendre, de toute façon. »

Allongé sur un canapé, le psychologue prend des notes de ce que tu lui racontes. Edgar a décidé, au bout de sa cinquième année passée à Insomnia, de consulter pour ses gros problèmes d’alcool.

« Je viens vous voir pour mes problèmes d’alcool. C’est sans doute les alcooliques anonymes que j’aurais dû aller voir, aller en cure, mais je n’ai pas envie de côtoyer d’autres personnes, plus nombreuses. Je n’ai pas non plus besoin de vos conseils avisés, j’ai juste besoin d’en parler à quelqu’un, qui fait probablement semblant de m'écouter tout en prenant mon argent en fin de séance. »

Edgar marque une pause, sans regarder le psychologue qui lui lance un regard à la limite de l’air outré, semblant réfléchir alors que les mots sont déjà tout prêts dans sa tête.

« Que vous connaissez ou non mon histoire, je vous la raconte quand même. Je suis né le 19 Janvier 1809 à Boston, dans le Massachusetts. Mes parents, David Poe Jr. Et Elizabeth Arnold, sont morts quand j’étais jeune. J’ai eu cependant de la chance, et John et Frances Allan m’ont recueilli et élevé. De Boston, je suis allé en Virginie habiter avec eux. »

Le psychologue ne dit rien, continuant de prendre certaines notes, tout en écoutant l’écrivain qui prend visiblement son temps pour raconter son histoire point par point. Histoire de ne rien oublier, pour tenter lui-même de comprendre d’où lui vient cette foutue addiction à l’alcool, et pourquoi il l’a gardé en arrivant dans cette ville.


__________


Edgar fixe la bouteille de Whisky plus loin. Sa main gauche tremble, et il doit se faire violence pour ne pas se lever et directement aller boire à la bouteille. Poussant un long soupir destiné à se calmer, il tente de retrouver sa contenance, et reporter son attention sur les meubles qu’il est en train de monter.

La seule chose qui trouble le silence, c’est sa respiration sifflante, profonde. Sa poitrine se soulève, pour s’abaisser, avec lenteur. L’écrivain se détourne un peu plus de sa foutue drogue, pour continuer à visser ses étagères. Il n’est pas fait pour le travail manuel, toujours le nez dans les papiers et ses plumes, pourtant il s’en sort avec brio, pour faire de son appartement un endroit vivable.

Ce qu’il déteste le plus, c’est que les choses trainent en longueur, qu’il ne termine pas ce qu’il a entreprit. Voilà pourquoi il met un point d’honneur à continuer ce qu'il fait jusqu’à ce qu'il en ai terminé, ou bien après avoir bien avancé.

L’homme de grande taille fini par se lever, son pied heurtant un carton vide, qu’il envoie valser avec nonchalance, et passer difficilement à côté de sa drogue sans se retourner pour l’attraper et boire à grandes lampées. La sueur coule le long de sa tempe gauche, mais il tient bon, allant chercher de l'eau dans son réfrigérateur. Retournant s’assoir près de son étagère au trois-quart montée, il entreprend de terminer. Une goutte de sueur coule le long de sa joue, avant de tomber et s’écraser lourdement sur sa main. Ce n'est pas la chaleur, mais l'effort de résister à sa plus grosse addiction qui le met dans cet état.

Et il a mal de résister. Edgar cède bien trop facilement et le fait d’avoir déménagé, il l’espère du moins, lui permettra de prendre un nouveau départ, d’avoir de bonnes résolutions, une meilleure hygiène de vie tout simplement.

__________


« Bonjour. Je vais bien, merci. La dernière fois, je vous ai simplement parlé de ma forte addiction à l’alcool et où je suis né, ainsi que la mort de mes parents biologiques. »

Edgar marque une pause, assis sur le canapé, regardant seulement dans une autre direction que celle du psychologue. N’esquivant pas son regard, il se contente d’ancrer son regard ailleurs, sur un point invisible pour pouvoir parler un peu plus librement et pouvoir se confier davantage que la dernière fois. Alors il s’allonge, prêt à continuer son histoire.

« J’ai vécu principalement en Virginie, bien que j’ai fait deux voyages. L’un en Écosse, l’autre en Angleterre. J’en garde quelques souvenirs, d’ailleurs. Bons ? Mauvais ? Les deux, sans doute. Il n’y a pas de bons ou de mauvais souvenirs, seulement des souvenirs, des pensées lointaines qui forgent la personnalité, les personnes que nous sommes. Enfin, je m’en vais bien loin, comme souvent. Les Allan m’ont bien élevé, je pense. Avec eux, je ne manquais de rien. Un toit, des repas bien chaud, une bonne éducation, je ne suis pas vraiment à plaindre, et je ne me plains pas de cette situation. »

De nouveau il laisse le silence s'éterniser entre eux. Le psychologue ne dit rien. Edgar lui a demandé de ne rien dire une fois qu’il commence à parler. Il lui a dit de prendre des notes, de noter ses questions, où il y répondra une fois l'histoire terminée pour la journée.

« Je fus traîné dans plusieurs établissements durant ma jeunesse. J’ai fréquenté un établissement, pour qu’ensuite on aille en Europe, donc ce fameux voyage au Royaume-Uni. D’abord on est allé en Écosse, puis en Angleterre, à Londres précisément. Je ne m’attarderais pas sur les noms de mes écoles, ni même le temps que j’ai passé dans chacune d’entre elles. Sachez seulement que j’étais un élève brillant, sans aucune vanité de ma part. J’avais d’excellents résultats, qui ne faisaient pas que ma fierté il faut dire. Certains disaient de moi que j’étais un enfant tyrannique, irritable. Je n’en doute pas… Je n’ai pas l’impression d’avoir changé en grandissant. »

L’écrivain ne lâche même pas un sourire, son regard courant sur les lignes droites du plafond dans une symétrie parfaite, qui fait du bien à regarder.

« Pourtant, malgré cela, j’avais d’excellents résultats donc, mais aussi, j’étais très bon en sport. C’est une époque où, j’ai l’impression qu’il fallait être très bon partout. Par chance, mon travail et ma rigueur m’ont permis de me hisser parmi les meilleurs et je n’en suis pas peu fier, même si je n'étais qu’un enfant. J’y ai appris le latin, le grec, le français… Entre autre. »

Une autre pause, durant laquelle Edgar entend simplement le stylo du psychologue courir sur ses feuilles. Lui aussi a envie de tenir sa plume et de rédiger des textes, comme il faisait avant.

« Ma mère adoptive est tombée malade, je l’ai assez mal pris, parce que j’étais très proche d’elle. Je l’aimais beaucoup, elle avait pris la place de ma mère pour m’élever, et m'aimer comme son propre fils. Mais aussi, les affaires de mon père adoptif étaient au plus mal. Je peux clairement dire que ce n’était vraiment pas une bonne période... A telle point que j'ai fait une fugue. Je devais être un enfant assez capricieux. Ça non plus, je trouve que ça n’a pas spécialement changé. Puis on est reparti à Richmond, à la case départ, donc une nouvelle école pour moi. Cela ne m'a pas empêché d’avoir encore de brillants résultats. »

Alors Edgar ferme les yeux, comme s’il voulait se souvenir de cette lointaine époque. Bien trop lointaine à son goût et si proche à la fois. Un sentiment assez étrange, avec cette impression d’avoir vécu cette vie il y a des centaines d’années, alors que ce n’est pas tant le cas que ça.

« J’écrivais des poèmes et des vers lorsque j’étais adolescent. Je pourrais les réécrire si je le voulais, mais étrangement, tous ces mots ne veulent plus venir, comme s’ils étaient seulement acteurs du passé et non plus du présent. Une fois de nouveau à Richmond, je repris le chemin de l’école, comme je vous l’ai dit précédemment. J’étais aussi un bon athlète, j’adorais la natation et le saut en longueur. Aujourd’hui, je pratique encore la natation pour me maintenir en forme. Après tout, c’est une discipline très complète et bon pour le dos. La plus complète qui soit d’ailleurs. Bref, je divague. Je suis allé à l’université de Virginie mais je n’y suis pas resté très longtemps. Mon père adoptif n’a pas voulu me réinscrire à cause de mes quelques… Excès, à l’époque. Il devait en avoir assez de payer pour moi tout et n’importe quoi. Alors il m’a obligé à revenir à Richmond, avec lui, pour travailler avec lui. Evidemment, cela ne m’a pas plu. »


__________


L’écrivain est d’une faible volonté depuis vingt-neuf ans passé à Insomnia. Rares sont les jours où il s’est arrêté de boire pour rester sobre. Malheureusement, la sobriété n’a jamais duré bien longtemps.

Assis devant son bureau, les volets fermés, la lumière artificielle de sa petite lampe éclaire les feuilles éparpillées devant lui. Sa main, tenant fermement sa plume, ne bouge pourtant pas. Il a toutes les informations pour écrire son article, après quelques jours passés à rassembler lesdites informations, mais il ne parvient pas à écrire. Cela fait maintenant seize heures qu'il est sobre de tout liquide, et ça ne lui plaît pas du tout. Il sent sa main trembler violemment, de manque. Pourtant il ne bouge pas, son fessier fermement enfoncé sur son fauteuil. Edgar veut se lever, tout envoyer valser pour aller chercher sa drogue liquide et se soûler, comme il le fait tous les soirs ou presque. Le fait de ne pas boire le rend très irritable mais surtout très colérique et violent. Il n'est pas rare qu'il envoie tout valser de contrariété parce qu'il n'a rien à boire, parce qu'il se force à faire des efforts.

Lâchant finalement sa plume cassée en deux par la crispation de ses doigts, Edgar se passe ses mains sur le visage, complètement désespéré. Ses séances chez le psy ne l'aide absolument pas, il n’en a pas l’impression. Il se force à faire des efforts mais c'est devenu tellement indispensable qu’il ne peut pas faire sans. Et quand il se prive de la sorte, il ne fait que boire davantage quand il craque. Un cercle infernal. Il sait qu’il s’y prend mal, mais le fait de boire, il en perd toute notion du raisonnable. Il sait qu'il devrait diminuer les doses petit à petit, se sevrer lentement comme ça. Mais il n'y arrive pas, c’est constamment en excès.

_________


« La dernière fois, vous m’aviez demandé pourquoi mon père adoptif n’a pas voulu me réinscrire à l’école. Sans doute parce qu’il ne voulait pas me donner d'argent, sans doute parce qu’il aimait trop l’argent pour me permettre de le dépenser davantage. Probablement. Je n'en sais rien et ce n’est pas maintenant que je vais me poser la question. Cependant, ça m'énervait, et ça m'énerve toujours de me dire ça. Les choses auraient peut-être été différentes, je n'en sais trop rien. »

Assis sur le canapé, Edgar fixe le psychologue droit dans les yeux. Les sourcils froncés, les lèvres pincées, l’air sévère, il a presque l’impression de faire peur au médecin. Comme si l’homme aux cheveux si rouges allait se lever pour lui en coller une. Oh, il aurait pu, mais ce n’est pas le cas. Edgar est violent, mais pas avec le seul homme qui accepte de l'écouter de A à Z. Pas maintenant, alors qu’il se dit qu’il entame une autre tranche de sa vie, bien loin de l’écriture.

« Après ça, je suis parti. J’ai quitté le domicile familial, certainement par fierté de me débrouiller tout seul, parce que je ne voulais pas rester là, à travailler dans le commerce, aider mon père. J'aspirais à tout autre chose voyez-vous. J'avais de l’ambition à cette époque. On a toujours de l’ambition lorsqu'on est plus jeune, à croire dans des rêves qui ne se réaliseront jamais ou presque. Cette époque fut celle où j'entrai à l’armée. Artilleur de seconde classe. Je m’en souviens très bien. Je pense que l’armée devait être un échappatoire, un endroit où je pourrais me forger une autre partie de mon caractère. Après tout, j’étais livré à moi-même. Enfin. Quand j’ai quitté le domicile familial, j’ai emprunté plusieurs surnoms. D’abord Henri Le Rennet… Je sais, c’est pas terrible. Puis Edgar A. Perry. Je vous laisse deviner quelle est la signification de ce A. »

L’auteur eut un très léger sourire en coin, alors qu’il roule des épaules pour les faire craquer, son qui résonne dans toute la pièce, avant qu’il ne s’appuie sur ses mains tout en se laissant basculer légèrement en arrière, et observer de nouveau l’ampoule du plafond qui le fascine tant.

« J’ai menti pour entrer à l’armée, je me suis rajouté quatre ans histoire de n’avoir aucun problème. Mentir… Ce n’est vraiment pas une bonne chose, on s’entend. Pourtant, j’en suis presque fier, je n’avais pas la crainte de me faire avoir. Mais je n’avais pas peur de grand chose. L’échec ne m’effleurait qu’à moitié. J’étais insouciant, comme la plupart des jeunes de cet âge. Insouciant et idiot, l’un ne va pas sans l’autre. J’étais téméraire, dirons-nous, c’est le mot que je cherchais. Je pensais vivre de mes poèmes en quittant ma famille adoptive. Je n’étais pas idiot, seulement, je croyais en mes écrits. J’ai eu raison, en fin de compte, mais à l’époque, c’était vraiment dur. Au sein de l’armée, j’ai eu des promotions et j’ai grimpé les échelons mais… Ce n’était pas fait pour moi, je m’en suis finalement rendu compte. Ce fut une excellente expérience cependant, je ne dis pas le contraire, mais j’aspirais à autre chose. L’écriture, évidemment. »

Il eut un rictus en y repensant, à cette histoire. Le psy est la seule personne qui le refait tomber dans sa vie d’avant. Sa « première vie », où il était le tristement célèbre Edgar Allan Poe, celui qui jonglait entre la célébrité et la pauvreté. Une célébrité bien plus concrète qu’il n’aura que bien après sa mort d’ailleurs. Ça l’ennuie de repasser sa vie en revue, point par point. C’est long. Ça n’en fini vraiment pas. C’est comme le revivre une deuxième fois pour lui, et ça l’agace. Pourtant il se fait violence pour ne pas se lever, partir en claquant la porte.

« J’ai réussi à quitter l’armée, avec plus ou moins de difficulté, je vous en passe ces points qui ne vous intéresseront en rien. Ça n’avancera pas. Je peux juste vous dire qu’en quittant l’armée, j’ai réussi à intégrer l’école West Point. Une prestigieuse académie militaire. Jusqu’à ce que je quitte cette dernière à son tour. »

Il tourne les yeux vers le médecin, braquant son regard sévère dans le sien.

« Dans cette longue vie pourtant si courte à mes yeux, j’en arrive bientôt à mon problème. Je sais d’où ça vient. Je veux juste comprendre pourquoi ça me suit jusqu’ici. Pourquoi je n’ai pas pu m’en défaire. Pourquoi c’est devenu un besoin indispensable à mes yeux. »

La séance terminée, Edgar se lève, prenant son manteau à bout de bras et finalement s’en retourner chez lui.


__________


Un soupir. Un verre qui se brise à terre. Le contenu se répondant au sol. Un autre soupir. Tout ce qui se trouve à sa portée s’écrase à terre avec fracas. Il a encore craqué. Il a encore cédé à cette violence qu’il redoute tant. Laissant tout en plan, il sort simplement, claquant la porte derrière lui.

Sortir. Respirer. Prendre l’air. Remplir ses poumons d’air frais. Rester loin de chez lui. Ne pas céder à l’envie d’entrer dans un bar et d’y boire jusqu’à ce qu’ivresse s’en suive. D’un pas très rapide, il fini par se mettre à courir à petite foulée, pour se défouler. N’ayant pas envie d’aller à une salle de box pour frapper des sacs jusqu’à ce que ses poings lui fassent mal, il préfère courir jusqu’à l’épuisement. Le corps qu’il possède aujourd’hui est en pleine forme, on peut dire qu’il a été assez gâté sur ce point-là. Alors il s'en sert pour se dépenser, pour aller jusqu’à ses limites, au-delà de ses limites, s'épuiser jusqu’à s’effondrer et ne penser qu'à une chose, se reposer.

C’est une lutte continuelle, tous les jours depuis qu’il est à Insomnia. Il n’arrive plus à écrire quelques simples vers, sous l’empire quasi constante de l’alcool. Il est néanmoins obligé de rester sobre pour son travail. Heureusement qu'il parvient à fournir du bon travail et d’être très bon pour recueillir des informations (ceci dit, peu de personnes disent non à un homme plutôt musclé d’un mètre quatre-vingt quinze), pour ne pas se faire virer. Heureusement qu'il sait faire la part des choses malgré son plus gros problème.

Ne cessant de courir qu’au niveau du parc, il ne s’y arrête que pour reprendre son souffle et marcher tranquillement. Courir lui fait tellement de bien. Quand il ne boit pas ou n’écrit pas d’une manière ou d’une autre, il sort pour courir, nager, frapper quelques sacs pour se défouler, entretenir sa forme. On dit qu’un homme qui boit est gros. Eh bien quitte à boire, Edgar a décidé d’être seulement très bien entretenu, et toujours être propre sur lui.

S’arrêter lui fait seulement penser qu’en rentrant chez lui, il devra tout nettoyer et se contrôler pour ne pas craquer.

__________

« Une fois l’école derrière moi, il fallait bien que je vive. C’est là que j’ai commencé dans le milieu du journalisme. C’est assez cocasse me direz-vous, parce que je continue de travailler dans le journalisme ici aussi. Ça me colle décidément à la peau cette histoire… Ça, ainsi que le reste. »

L’homme aux cheveux rouges se contente d’observer le psychologue, qui hoche légèrement la tête en prenant des notes. Alors il se demande bien ce qu’il peut écrire sur ses petites fiches. Sans doute tout ce qu’il relève, pour ensuite poser des questions et comprendre le fin mot de l’histoire. Peut-être, il n’en sait rien, il n’est pas psychologue.

« Au tout début, mes écrits n’avaient pas tant de succès que ça. J’essuyais les échecs tout en travaillant pour différents hommes qui me bridaient dans mon travail. Pourtant, je n’ai jamais abandonné, j’ai continué d’écrire, comme j’ai continué mon boulot. J’ai rencontré des gens, en bien, en mal, je vous épargne leurs noms. Ils ne vous diront rien et à mon avis, vous n’en avez pas grand chose à faire des micro-détails. Mais un premier prix que j’ai gagné m’a fait monter en notoriété, j’ai rencontré d’autres gens, j’ai pu commencer à publier mes histoires, à mon plus grand bonheur. Je pense que c’est à partir de là que les choses ont lentement pu se débloquer. »

Il marque une pause, un silence pesant durant lequel il écoute la pointe du stylo du psy courir sur son papier. Il préfère passer sous silence le fait qu’il a épousé sa petite cousine qui n’avait que douze-treize ans à l’époque. C’était courant à son époque, ça ne l’est aucunement ici. Et même si le psychologue n’est pas censé juger, eh bien ce ne sont plus des choses à dire. Les moeurs ont changé, en plus d’être dans un endroit radicalement différent de tout ce qu’Edgar a connu auparavant. Alors certaines choses resteront au fond de lui ; dans tous les cas, ce n’est pas ça l’origine de son problème.

« C’est un peu à ce moment-là où de viles rumeurs sont venues m’empoisonner, à savoir un pseudo-alcoolisme. Bien entendu, à ce moment-là, c’était totalement faux. Je buvais, certes, mais seulement quelques verres à droite et à gauche. »

Pas comme aujourd’hui, pense-t-il silencieusement.

« Ma vie est courte, et pourtant il y a tant de choses à dire. Cependant, je pense que vous en avez assez de m’entendre, et qu’il fallait que j'en vienne aux faits. Or, pour en venir justement à mon problème, il fallait bien commencer par le début, un début certes peu intéressant, mais qui permet de remettre les bases à tout ceci. C’est d’ailleurs assez incroyable que vous m'ayez écouté jusque-là, mais il faut dire que je suis assez généreux pour que vous m’écoutiez. Rassurez-vous, c’est bientôt terminé. Je sais déjà ce que vous me direz à la fin, d’aller consulter un groupe pour parler de tout ça, d’aller me faire sevrer. Sachez seulement qu’il me faudra une dernière séance pour vous raconter le fin mot de cette histoire. D’habitude je suis bien plus court et concis que tout ça, c’est bien la première fois que je raconte une histoire aussi longue. Ce qui est amusant, c’est que je me fiche de savoir si cette histoire plaira ou non, contrairement au but que je me suis fixé toute ma vie ou presque. »

Un soupir s’échappe de ses lèvres, alors qu’il se tord nerveusement les doigts, peut-être en manque, ou peut-être agacé par un souvenir.
« Comment voulez-vous que j’écrive sous l'emprise de l’alcool ? Honnêtement, ça n'a aucun sens. Je buvais occasionnellement, comme je vous l'ai dit. Parfois même à l’excès, jusqu'à être cloué au lit pendant plusieurs jours sans pouvoir articuler quoi que ce soit. Je ne tenais pas l'alcool. Je buvais parfois plusieurs jours d’affilés, pour ensuite ne plus toucher à la boisson pendant des mois, voire des années. Ce sont des rumeurs, de grosses conneries si vous voulez mon avis. Il est facile de parler, mais il est encore plus difficile de prouver son innocence. Alors quand un sombre abruti qui veut vous discréditer, vous vois une seule fois ivre, ça lui suffit pour crier sur les toits que telle ou telle personne est complètement alcoolique. C’est insupportable, les mensonges de la sorte. De la fausse information, tout simplement. Il est là mon problème. Je le sais. J'en suis très conscient. Mais inconsciemment, je recommence à faire cette erreur, de boire, beaucoup et souvent. Sans doute parce que j’ai fini par croire ces anciennes rumeurs sur moi, et plutôt que de contredire, j'ai cédé. Peut-être, je ne sais pas. C'est difficile comme question. »

Il se lève alors, prenant son manteau pour le jeter sur son épaule, serrer la main du psychologue silencieux, et quitter une nouvelle fois le cabinet.

« La prochaine fois, ce sera simplement l’épilogue de cette histoire, la dernière courte tranche. Ce ne sera pas bien long. Juste garder la meilleure chose pour la fin, à mon sens. »


__________

Raconter sa vie à un psychologue, c’est sans doute une idée stupide, une idée qui n’a aucun sens, il n’est même pas sûr que ça l’aide pour son plus gros problème. Pourtant, c’est la première fois qu’il en parle depuis qu’il est à Insomnia. Jamais à personne d’autre. Edgar se fiche bien de savoir que le psychologue peut en parler hors séance, bien qu’il soit tenu au secret professionnel, mais certaines personnes ne parviennent jamais à tenir leurs langues. Pire que des journalistes par moment.

Rentrant chez lui à pas lents, il repense à tout ça. Sa très jeune épouse, sa cousine. Effectivement, aujourd’hui, il sait très bien que les gens s’indigneraient de le savoir. Se dire qu’on se marie avec une gosse, c’est révoltant, dégoûtant, et il en passe d’autres. Même si c’était commun avant, on ne peut pas savoir ce qu’ils pensent de ces faits. Enfin, il peut s’en douter, bien évidemment. Pourtant, Virginia, Edgar l’a aimée. Cette cousine qui était éprise d’admiration pour Edgar et son frère.

Une autre époque.
Une autre vie.

Travaillant pour un homme, puis un autre. Continuant ses affaires journalistiques, ses critiques littéraires, ses écrits, Edgar soupire en se passant une main dans ses cheveux bien rouges. Il n’était pas aussi riche que maintenant à l’époque, bien au contraire. Il frôlait toujours la pauvreté, il vivait très mal de ses écrits, et même de son métier. Ses romans n’avaient pas plus de succès que ça, ses contes pareil. Il a tenté de fonder sa propre revue littéraire, n’en pouvant plus de ne pas être libre comme il le voulait. Ça non plus, ça n'avait pas fonctionné. Cependant, il a réussi à être heureux durant une courte période, grâce à l’un de ses amis, Graham, qui l’avait laissé libre.

A ce souvenir, Edgar pousse un long soupir. Le désavantage de parler de sa vie passée, est qu’il repense à toutes choses, détails plus précis, qu’il omet de raconter à son psychologue. Celui-ci qui ne servira dès lors plus à rien, lorsque le rédacteur de presse aura terminé de conter son histoire.

Rentrant simplement chez lui pour terminer de monter ses meubles et faire les derniers rangements, il repense à toute l’énergie dépensée pour créer quelque chose d’innovateur. Enfin, il ne regrette absolument rien, c’est bien trop tard pour les regrets de toute façon. Dans le silence de son appartement luxueux, il va mettre en marche son tourne-disque pour écouter de la musique, et ne pas rester seul avec ses pensées.

Cette séance lui a permis de se rappeler les fausses informations sur lui, avant. Des fausses informations qui ne circulent plus aujourd'hui sur lui. Il n’arrive néanmoins pas à s’en défaire, ce qui est très frustrant. Il ne se cache pas spécialement, qu’il boit. Seulement, pour ses articles, ses critiques, ou ses sorties, il évite de boire. Ce sont les seuls moments où il fait l’effort de ne pas toucher à ses bouteilles.

__________

« J’ai déménagé, j’ai tenté de travailler dans l’administration, mais dans tous les cas j’ai continué mes écrits. Mon plus gros succès de mon vivant fut « Le Corbeau ». Allez savoir pourquoi cette oeuvre fut la plus appréciée que les autres, mais qu’importe. Grâce à ce succès, ma notoriété a décollé et plusieurs de mes contes ont été publié après ça. Comme quoi, avec de l’acharnement  et énormément de travail on fini par y arriver. C’était en 1845. Allez savoir si vous avez connu cette époque. Deux ans plus tard, mon épouse est morte. Moi-même, j'étais très malade à ce moment-là. Et je suis finalement mort en 1949. Je ne pense pas avoir à donner davantage de détails… Ce serait réellement pour pinailler. »

Edgar est assit, les doigts entrecroisés et posés sur ses jambes, il observe son psychologue calmement. Toujours l’air sévère greffé à son visage, il rassemble ses derniers souvenirs avant sa mort, et il se contente de secouer la tête.

« Je vous ai tout dit, ou presque. Disons que je vous ai dit l’essentiel. Je vous ai épargné réellement les détails, les dates, les noms, bien que certains me soient chers. Vous les oublierez de toute façon d’un jour à l’autre, vous en écoutez beaucoup, des hommes comme des femmes, toute la journée. Bien que vous notiez tout, je doute franchement que vous regardiez ces notes à l’avenir. Je dois cependant vous remercier de m’avoir écouté jusqu’à la fin et même si mon récit ne fut pas des plus palpitants, ça m’a fait du bien de le raconter à quelqu’un. »

Il observe le psychologue acquiescer lentement, avant qu’Edgar ne penche la tête.

« Nous sommes d’accord, donc, sur les différentes méthodes qui devraient m’aider à soigner mon problème. Pas besoin de les répéter, j’imagine. Bien. C’est ce que je pensais aussi. J’essaierais de faire des efforts de mon côté, bien que, comme moi, vous êtes sensible au fait que l’alcool est une drogue encore pire que le tabac, et aussi violente que la drogue, dans un certain sens. Qu’il est difficile de m’en détacher aujourd’hui. Si dans ma première vie, cet alcoolisme n’était que périodique et occasionnel, ici, il est malheureusement bien réel. Pourtant, tel que je vous parle aujourd’hui, je suis sobre de toute substance. Je m’arrange à toujours l’être durant nos entretiens. Comme quoi je suis capable de survivre quelques heures sans. De même que pendant mes périodes de travail. C’est extrêmement dur de jongler entre les deux, et même si ça me tuera un jour, je sais malheureusement y faire. »

Se levant définitivement de ce canapé, il serre une dernière fois la main du psychologue, lui laissant une dernière fois son paiement, avant de quitter ce cabinet pour de bon, avec cette maudite ampoule au plafond qui grésille de temps à autre.


__________

Devrait-il se sentir soulagé ? Pas vraiment. Enfin, pas plus que d’habitude. Edgar se sent simplement vide, d’avoir raconté toute sa vie ou presque en l’espace de quelques semaines. Il n'a raconté que son ancienne vie, et pas la vie qu'il a depuis vingt-neuf ans à Insomnia. Ni son accident qui lui a coûté une belle cicatrice sur le visage, ni le fait qu'il a tout perdu une fois à cause d'un incendie, ni ce genre de petits détails qui pourtant sont tout aussi importants dans son plus gros problème. Pense-t-il surtout que ce n'est pas du tout dû à sa nouvelle vie mais à son ancienne. Peut-être a-t-il tord en fin de compte, mais ça ne lui effleure pas l'esprit.

On ne dirait pas, mais des jours entiers se sont écoulés entre chaque séance. Cela a pris plus de temps que prévu, mais maintenant qu’il en a reparlé, il sait d'où est le problème. Enfin, il s’est remémoré d’où venait réellement son problème d’aujourd'hui.

Et il sait également qu'il va devoir maintenant tourner la page d'une manière ou d’une autre, pour pouvoir aller de l'avant et cesser de rester ancré dans le passé constamment. Tourner la page pour écrire de nouvelles choses, continuer à griffonner des contes, peut-être publier d’autres romans. Qui sait ? Il a toute sa nouvelle vie pour ça désormais.

Après vingt-neuf ans, il est vraiment temps pour lui de passer à autre chose. Déjà, pour cesser d’être seul, il a adopté un compagnon à quatre pattes, du genre jeune Northaid noir de six mois nommé affectueusement « Nitro » (diminutif de « Nitroglycérine »), histoire d’avoir un être vivant à ses côtés.

Pouvoir de nouveau s’intéresser réellement à ce qu’il se passe, bien qu’il se fiche totalement de ce qu’il se passe en ville ces derniers temps, cette lutte entre un tel et un tel. Non pas qu’Edgar aie du mal à se situer, seulement il reste totalement impartial dans cette situation. Après tout, travailler dans le milieu de la presse l’oblige à ne prendre aucun parti, à rester constamment impartial du moins lorsqu’il publie des articles. Peut-être que lui a un parti prit, mais c’est seulement lui que ça regarde.

A partir de là, Edgar sait pertinemment que c’est à lui et lui seul de se reprendre en main pour écrire ses prochaines années dans cette ville.
Caractère
Qualités
  • • Très soigné
  • • Intuitif
  • • Courtois
  • • Fier
  • • Ambitieux
  • • Charismatique
  • Défauts
  • • Féroce
  • • Violent
  • • Intransigeant
  • • Froid
  • • Sans doute trop sévère
  • • Orgueilleux

  • Qualités // Aptitudes particulières :

    Tempéré - Patient - Intelligent - Assez paternaliste - Observateur - Ambitieux - Persévérant - Très bon cuisinier - Altruiste - (Trop) honnête - Brillant - Charismatique - Acharné - Bon pédagogue - Fier - Cultivé - Rationnel - Logique - Tolérant - Assez curieux.

    Défauts // Imperfection :

    Intransigeant - Froid - Alcoolique - Sévère - Violent - Brusque - Maniaque - Ne tolère pas l’échec -  Semble toujours en colère - Ne montre rien d'autre que de la sévérité - Cartésien - Manque souvent de tact - Change souvent d’avis - Méfiant vis à vis des autres - Ne répond jamais à son téléphone personnel - Particulièrement excessif sur certaines choses.

    Bonnes habitudes :

    Se couche tôt pour se lever tôt - Va courir tous les matins avant d’aller au travail - Mange très sainement, dont très peu de viande - Promène son chien deux fois par jour, même durant des intempéries - Fais du sport plusieurs fois par semaine et le week-end - Toujours très productif en journée, il s'arrange pour toujours terminer avant de se coucher.

    Mauvaises habitudes :

    Abuse du café - Abuse de l’alcool - Peu rester assis le dos courbé pendant des heures - Reste bien trop souvent sur son écran au point de s’abîmer les yeux (et il porte des lunettes à cause de ça ) - Il dort souvent sur le canapé ou sur son bureau à défaut d'aller dormir dans son lit - Ne décroche jamais son téléphone personnel - Perd souvent ses clés.

    __________

    Il a l'air réellement d’être un homme avec une hygiène de vie parfaite, le genre d’homme qui est riche, qui a un travail stable, un chien, pas d’enfant, qui a une organisation totalement dingue avec un emploi du temps de ministre et qui n'est jamais fatigué. L’homme parfait totalement insupportable.

    Eh bien c'est à moitié vrai.

    Edgar est, comme tout le monde, un être humain, tout ce qu’il y a de plus normal. Comme l’humain lambda, il a des qualités et des défauts, qu’il serait très simple d’énoncer. Pointer du doigt ses défauts, mettre en valeur ses qualités.

    Il est surtout très conscient de ce qu’il vaut, ce qu’il peut faire, ce qu’il ne peut pas faire, ce qu’il peut dire ou non. C’est délicat dans un monde où la moindre vérité fait mal et où les gens se bercent de doux mensonges, enroulé dans une tendre couverture du déni, pour ne pas avoir à faire face à cette cruelle réalité.

    L’écrivain est de ce genre-là, à balancer les quatre vérités à son interlocuteur, quand il en sait assez pour le remettre à sa place. Sinon il ne se le permettrait pas, mais il est capable de nombreuses petites piques pour réveiller la personne et la sortir de son sommeil de déni.

    Edgar est ce genre d’homme à accepter les accusations, les critiques, ce qu’on a à dire sur lui. A l’accepter, mais peut-être ne pas les digérer de la même façon. Surtout venant de la part d’hommes qui n'ont rien à lui dire. Il écoute toujours ce qu’on a à lui reprocher, curieux de savoir ce que les autres pensent de lui. Après, il peut vulgairement s’en tamponner la nouille avec une pelle, mais c’est une de ses plus grandes qualités, il est toujours à l’écoute de son prochain, qu’importe la discussion, ou le contexte.

    Il connaît ses défauts et fait attention à ce que ça n’empiète pas trop chez les autres. Il est sévère mais pas trop, il est violent mais pas trop, il est franc, mais pas trop. Parfois ça dépasse ses pensées, ses actes. Soit il s’excusera parce qu’il verra qu’il est en tord, soit il laissera les choses comme telles, et il ne s’excusera pas le moindre du monde. Il sait reconnaître quand il a tord, ce n’est pas pour ça qu’il s’excusera à tour de bras. Quelqu’un qui n’avance pas dans la rue ? Il n’a qu’à aller plus vite pour éviter qu’Edgar le percute et si c’est le cas, l’homme aux cheveux rouges se contentera d’un regard noir dont il garde jalousement le secret.

    L’homme n’est pas réellement gentil, il est seulement réaliste. N’ayant pas spécialement d’empathie pour les uns et les autres, il ne s’apitoiera pas sur le sort de quelqu’un, au contraire, il lui donnera un bon coup de pied au derrière pour qu’il se bouge un petit peu et cesse de se lamenter. Parfois c'est délicat et il ne comprend pas. Certaines maladies psychologiques dont il ignore tout, il s’y intéresse de très près et lit beaucoup de choses là-dessus. C’est son côté curieux et avide de connaissances qui parle dans ces cas-là.

    Parlant d’une voix lente et assez grave, Edgar n’hésite parfois pas à parler fort pour se faire entendre, à défaut de réellement attirer l’attention sur lui sans vraiment le vouloir. Seulement, il déteste quand on ne l’écoute pas, surtout s’il est en train d’expliquer quelque chose. Autre chose, quand on lui coupe la parole, il trouve ça insupportable et ça lui donne vraiment envie d’en coller une à ceux qui l’interrompent tout le temps. Pourtant il se retient, tout en cherchant ses mots et retrouver le fil de ses pensées.

    C’est un homme dans la réserve, qui parle avec ses mots et non pas avec ses poings. Il serait malvenu d’être agressif, surtout pour un ancien pompier, censé se contrôler. Même quand certaines choses l'énervent et qu'il peut taper du poing sur la table, jamais il n'usera de la violence envers autrui. Ce n'est pas dans son caractère. Il préfère nettement boxer des sacs pour se défouler plutôt que de boxer un visage et l’envoyer à l’hôpital. Oh, il pourrait, là n’est pas la question, mais il ne le fera pas. Pas besoin d’ennuis supplémentaires après tout.

    Pourtant, malgré son apparence de gentleman, celui qui peut se montrer parfois galant malgré les apparences, malgré ses bonnes manières et sa courtoisie, ça ne l’empêche pas de détester perdre, de détester l’échec. Edgar se donne à fond dans tout ce qu’il fait, pour être le meilleur tout simplement. Il ADORE montrer sa supériorité, et montrer qu’il peut écraser les autres. C’est son côté extrêmement orgueilleux qui reprend le dessus, son côté fier, son côté vraiment compétitif. C’est là où il est le plus féroce, le plus dangereux. Il frappe là où ça fait mal pour affirmer sa domination, pour lui tous les coups sont permis. Gare à ceux qui veulent le défier, Edgar n’aime pas perdre ni être deuxième. Il l'a été suffisamment longtemps pour qu'il continue à concevoir d’être moins bon que quelqu’un d’autre.

    Il y a des facettes de sa personnalité que personne ne verra jamais. Comme par exemple son côté paternaliste, son côté extrêmement maniaque qui a horreur de la saleté, ses skills en cuisine. On ne verra que de lui l’homme fort et fier qu’il veut montrer, et rien d’autre. Même en grattant un peu sous les premières couches, on ne trouvera que de la fierté en masse, et un travailleur acharné, qui veut réussir dans la vie, bien vivre, et ne plus jamais retourner dans son ancienne misère.

    Il cherche aussi son ancienne inspiration disparue, pour pouvoir recomposer des poèmes et des contes, et des romans. Comme avant, qui pourraient se vendre, avec une énergie nouvelle dans un monde nouveau, bien loin de son Amérique natale. Peut-être qu’Insomnia lui donnera l’inspiration nécessaire pour composer de belles choses. Ce n’est pas son but premier, mais c’est ce qu'il aimerait atteindre une fois qu’il sera plus ou moins en paix avec lui-même.

    Edgar est tout simplement humain, peu différent des autres. Il aurait pu changer de comportement en venant à Insomnia, mais il a gardé certaines de ses mauvaises habitudes, il en a changé d’autres, il s’est malgré tout forgé un nouveau caractère quoique assez similaire à l’ancien Edgar. Il ne pourra jamais se départir de son ancienne personnalité. Chassez le naturel, il revient au galop en règle générale. L’écrivain ne cherche pas à être quelqu'un d'autre, il est fier d’être ce qu'il est, d’avoir vécu, d’avoir été apprécié ou déprécié pour ses oeuvres, pour ce qu'il était. Ceci dit, il est très conscient de toutes ces choses et n'en met aucune de côté. Il sait ce qu'il vaut tout simplement, et se fiche pas mal du regard des autres. Comme on pourrait dire vulgairement, l'avis des autres, il s'en tamponne l'oeil avec une babouche.

    Physique

    On peut dire qu’Edgar est vraiment massif. Le genre d’homme dont on n’aimerait pas spécialement s’en prendre une sous peine d’avoir vraiment mal.

    L’homme doit mesurer presque deux mètres de haut, pour quatre-vingt douze kilogrammes. Autant dire qu’il n’y a que du muscle là-dedans, et pas de gras. Edgar a de très bonnes habitudes alimentaires et une hygiène de vie quasiment irréprochable.

    Sachant pertinemment qu’il fait un travail où il est régulièrement assis, voire toujours, il fait beaucoup de sport pour garder la forme. Le marathon, la natation, la boxe, bref il se dépense énormément. Pour éviter d’avoir mal au dos comme les vieux, d’être courbé, bref d’avoir des douleurs qui ne devraient pas être normalement. Aussi, il se dépense pour éviter d’avoir un énorme bide vu sa consommation assez abusive de l’alcool. Il préfère courir jusqu’à l’épuisement pour éviter d’y penser et boire trois litres d’eau derrière plutôt que de ne rien faire et s’enfiler un peu trop rapidement une bouteille de Whisky qui traînerait par-là.

    En d’autres termes, il a un corps athlétique.

    Qui est souvent mit en valeur par des t-shirt qui ne se veulent pas forcément moulant, mais qui épousent bien la forme de son anatomie. Il peut en être fier, mais ce genre de détails ne l’intéressent absolument pas. Détails futiles pour un homme de lettre.

    Enfin, on peut surtout dire qu’il n’a pas du tout le corps adapté à la profession. On l’imagine en tant que pompier, en tant que policier à la limite… Eh bien non, monsieur Poe est rédacteur de presse. Bien pratique pour intimider ses sources et les « obliger » à lui confier certaines choses.

    Avant Edgar était pompier volontaire, mais il a tout plaqué pour devenir rédacteur de presse et revenir aux fondamentaux. Alors voilà pourquoi il a à la base un physique très développé.

    Des cheveux étonnamment rouges, il les avait comme ça en arrivant, et il les garde d’ailleurs comme ça en permanence. Ça change un peu de tous ces blonds, bruns, châtains et autres. Lui c'est rouge bien écarlate, c’est même pas du roux. Des yeux étonnamment clairs, presque d’un bleu turquoise très lumineux. Respirant toujours la sévérité et la froideur de cet homme. Une mâchoire carrée, bien masculine et virile. Une barbe de quelques jours, qu’il lui prend de raser quand ça lui chante.

    Un air toujours fâché ou énervé sur le visage, alors que parfois il n’en est rien, c’est la marque de fabrique d’Edgar. Pas un sourire ne vient étirer ses lèvres, ou alors c’est extrêmement rare. Toutes ses connaissances lui connaissent cet air sévère. Pas un seul regard doux, pas un seul regard tendre, seulement un regard froid et intransigeant.

    Son style vestimentaire se résume à des costumes trois pièces, impeccables, dont il se sert pour aller au travail. Edgar est toujours aussi soigneux et tiré à quatre épingles, comme dans sa vie antérieure. Comme quoi, il y a des choses qui ne changent pas, même si les choses ont largement eu le temps d’évoluer, de changer.

    Puis sinon, des jeans, des t-shirt, des chemises, pour être totalement décontracté et ne pas garder cet air constamment sérieux avec ses habits pour le boulot où il est bien plus présentable que le plus présentable des employés.

    Autant il se fiche de sa corpulence et de pas mal de choses, autant il prend grand soin de l’apparence qu’il renvoie aux autres. Il est très méticuleux sur ce coup-là, et prépare toujours ses affaires en avance, histoire de ne jamais être dans la panique.

    Une apparence soignée, ça se prépare, ça ne s’improvise pas.
    Edgar Allan Poe
    Guillemet ouvrantLe CorbeauGuillemet fermant
    ❝ All that we see or seem is but a dream within a dream. — Edgar A. Poe 1548625364-icn1
    Citation : The true genius shudders at incompleteness — imperfection — and usually prefers silence to saying the something which is not everything that should be said.
    Emploi : Rédacteur de presse
    ❝ All that we see or seem is but a dream within a dream. — Edgar A. Poe 1548625364-icn2
    DC : Sherlock & Gavroche
    Crédits : Endeavor (Todoroki Enji) // BNHA
    Invité
    OMG POOOOOOOOE HAAAAAAAAAAAA
    (non je ferais pas plus construit. Laissez moi fangirler.)
    Anonymous
    Guillemet ouvrantInvitéGuillemet fermant
    GRANDE FOLLE VA, TON HISTOIRE EST IMMENSE :whut:

    Sinon re-welcome à toi, tu connais la maison hein :huhu:
    Séparateur


    John H. Watson
    Guillemet ouvrantCan break all your bones while naming themGuillemet fermant
    ❝ All that we see or seem is but a dream within a dream. — Edgar A. Poe D2vKdCj
    Citation : So silent and furtive were his movements, like those of a trained bloodhound picking out a scent, that I could not but think what a terrible criminal he would have made had he turned his energy and sagacity against the law instead of exerting them in its defence.
    Emploi : Médecin.
    ❝ All that we see or seem is but a dream within a dream. — Edgar A. Poe VpGsndn
    DC : Vega ♚ Merzhin ♚ Émile Zola
    Crédits : Steve Rogers - Marvel
    *patpat Arsène* RESPIRE.

    John > OUI BAH CET HOMME M'INSPIRE. :whut: Non je connais pas, qui êtes-vous ? :cate:
    Edgar Allan Poe
    Guillemet ouvrantLe CorbeauGuillemet fermant
    ❝ All that we see or seem is but a dream within a dream. — Edgar A. Poe 1548625364-icn1
    Citation : The true genius shudders at incompleteness — imperfection — and usually prefers silence to saying the something which is not everything that should be said.
    Emploi : Rédacteur de presse
    ❝ All that we see or seem is but a dream within a dream. — Edgar A. Poe 1548625364-icn2
    DC : Sherlock & Gavroche
    Crédits : Endeavor (Todoroki Enji) // BNHA
    Invité

    bravo tu es validé !

    *vérifie que personne ne voit, caresse le torse musclé, s'enfuit* hmhm... bienvenu tout ça, tu connais la maison, une fiche presque parfaite qui m'a fait très plaisir mais tu triches tu connais mes fétichismes pour les détails. Aller bisous ! :whut:

    Maintenant que tu as rempli la tâche qu'était de remplir ta fiche, je t'invite à aller remplir de quoi finaliser ton inscription.Pour recenser ton avatar, c'est par ici. Pour que ton personnage ait un lieu de travail, je te conseille également de te rendre pour remplir un formulaire et obtenir un logement. De même si tu veux un joli rang sous ton pseudo, tu peux venir en réclamer un à cet endroit. Et le plus important, n'oublie pas de recenser ton métier et d'où vient ton personnage' ♥️ !
    Oh et, si tu possèdes un DC/TC, viens le recenser par ici et pour finir (oui c'est long) pour ton pouvoir (si tu en as un) ~ !
    Anonymous
    Guillemet ouvrantInvitéGuillemet fermant
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