INSOMNIA
« J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse. »

Insomnia :

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« Reprenons les chemins d'ici » - Arthur Rimbaud



 
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« Reprenons les chemins d'ici » - Arthur Rimbaud


Arthur Rimbaud
Ordre

Mort le 10 Novembre 1891
Arrivé il y a un an
Journaliste pour la BDS TV
Moyen
Makishima Shougo - Psycho-Pass

Je n'ai pas voulu rentrer dans les détails trop littéraires ou trop précis de l'histoire pour ne pas que ça devienne lourd. Si besoin, je rajouterai des précisions.

Histoire
Vous dites de moi que j'étais un Vagabond. Un Voyou. Un poète, peut-être. Mais de tout cela, je n'en étais rien. Et, au bout du compte, il n'y avait qu'un paradis perdu, écorché par la terreur des hommes et leur rancœur. J'ai vu du monde les terreurs les plus affreuses. Je n'ai vu qu'une beauté mélangée à de la mélasse putride, amère et sans conscience. Je n'ai vu qu'une humanité abrutie par le matérialisme et par l'argent, par l'insouciance et la bêtise, par le désir d'une conformité sociale et absolue, une morale abjecte, sans insouciance et sans disconvenance. Il y avait, ici, des hommes imparfaits, pâles et terrifiés, stupides et heureux dans un confort déchiré et déchirant. Et là-bas, des étendues lasses et solitaires, sujettes à l'ennui, à un abandon total et souverain. Je n'y avais jamais, et nulle part, trouvé mon compte. Est-ce que le monde ne me convenait pas, ou n'étais-je qu'une sorte de barbarie incorrigible, errante et abrutie par sa propre cécité ? J'étais, en tous les cas, aliéné par une folie et une fureur grandioses, magnifiques, déchirantes. J'étais celui qu'il ne fallait pas être, au risque de s'écorcher le corps et l'esprit.

Enfant, je n'ai jamais été heureux. Je n'ai jamais été comblé. Comment était-il possible de l'être, au fond d'une campagne insipide, sous le joug d'une mère de la sorte, accroché à un père absent ? Mais de cela, je n'en parlerai pas, car cela était mon secret. Cependant, ces deux parents furent peut-être l'une des raisons pour lesquelles je détestais tant cet état d'enfant dont je voulais si vite me défaire.Car cette mère, inflexible, hargneuse et rugissante, n'était pas crainte que par ses progénitures. Elle hurlait avec une froideur incessante. Rien ne lui convenait. Rien au monde ne pouvait la satisfaire ou l’apaiser. Le monde entier l'effrayait, et pour se protéger, elle se parait d'un voile de violence et d'arrogance. Nourri de pain sec deux jours durant pour avoir tâché un pantalon, ou enfermé au grenier pour ne pas avoir lu la Bible, je saisissais chaque jour un peu de cette colère amère.

De Charleville, j'en gardais un souvenir précis et transperçant. Il y avait, juste là, ce moulin chevauchant la rive rougeâtre. La rivière ensanglantée s'écoulait avec une colère sombre, emportant avec elle les restes de l'abattoir placé plus haut. Dans l'air, il y avait cette odeur forte, puissante, assommante, du cuir tanné. Et les rues étaient cruellement pénibles, sans grand intérêt quelconque. Charleville était abandonnée à elle-même, et n'attirait aucune attention, aucune sympathie. Personne ne désirait lui tendre la main pour la sauver du naufrage dont elle souffrait. Et c'est là que j'ai grandi, dans une fratrie étouffante, sous la dictature de la mère. De la Mother. Car il n'y avait pas pire dessein que celui de cette paysanne, dirigeant seule quatre enfants avec une telle rigidité, une telle autorité, et une telle ferveur, que même les plus précieux ouvrages étaient bannis des murs de la demeure.

J'aurais pu mourir idiot, sans doute. Mais mon désir était ancré bien plus profond que cela. Je n'avais, alors, pas de passion réelle. Je n'avais aucun intérêt, et la vie ne m'offrait aucun destin. Je savais pourtant avec une certitude très exacte ce que je ne désirais pas. Il s'agissait de tout l'empire maternel; de l'effort humain absolu et inutile, qui n'apportait ni amour, ni conscience. Ma seule liberté fut celle de savoir que je ne serai bientôt plus enfant, mais barbare sauvage. Mais je n'avais rien vu, je n'avais encore rien découvert. J'étais simplement lassé par la furie haineuse qui bouillait en moi avec une amertume grotesque et silencieuse.

J'étais, à cette époque, un simple élève médiocre, crachant ses mots latins avec une impatience fertile. J'étais, avec une profonde rancœur, un enfant détestable, qui se jetait dans un lyrisme sourd. Je n'y voyais encore aucune espèce d'art, simplement des idées d'une adolescence trop fougueuse. J'obtenais parfois des prix, pour des textes qui ne m'avaient pris que quelques heures de mon temps, durant lesquelles j'aurais pu m'abandonner à des occupations plus vulgaires. De ces prix, je ne ressentais aucun semblant d'intérêt. Ils n'étaient qu'une sorte de chose absurde, servant à donner prétexte à une forme littéraire qui n'existait pas au cœur de cette campagne idiote. Parfois, je me plaisais simplement à les brûler avec une fougue hautaine, dans un mépris consciencieux. Je montrais alors au monde tout ce qu'ils ne signifiaient pas, et toute l’intolérance que j'éprouvais à l'encontre de la reconnaissance dont je ne voulais rien. Déjà alors, je haïssais ces personnes qui se pensaient si aptes à juger, à étudier, à décrire l'âme d'une oeuvre dont ils ne voyaient et ne comprenaient rien. Ils étaient semblables à des boulangers et des bouchers qui se faisaient critiques devant quelques toiles des peintures d'enfants.

Ce n'est qu'ensuite que je fis la rencontre du professeur Izambard. Bien au-delà de la rhétorique qu'il enseignait, il su m'ouvrir un peu plus le cœur et l'esprit. C'était sa passion littéraire qui m'inspira une confiance délicate, sensible et confortable. Je lui livrais alors mes écrits les plus secrets, les plus intimement gardés, avec la jalousie et la frayeur d'un enfant. Dans ceux-ci, je n'avais conservé aucune pudeur. Dans ceux-ci, j'apprenais à y verser mon âme entière, encore naïve face à la grandeur du monde tout entier. Je n'en espérais rien, ou que peu de choses, tout au plus. A cela, le professeur m'offrit des livres, de si précieux livres, tant rejetés et tant injuriés par la daromphe ! J'y découvrais des pensées nouvelles, des espoirs ravissants et des textes à l'intelligence si admirable. Alors, sur les quais, livre en main, je laissais s'écouler les heures, les jours et les semaines, dans l'ennui sale et infernal des rues de Charleville. Et je pestais, plus encore, envers et contre tous. Je pestais, contre la famille, contre les paysans, contre la campagne, contre toute cette injustice sociale qui forçait aveuglément au travail sans intelligence. Mais je pestais, plus fort encore, contre la Patrie, aussi entière qu'elle put être. Je ne voyais en elle que le symbole d'une humanité déréglée. La bourgeoisie catholique atteignait l'apogée de son hypocrisie à l'approche de la guerre, et la famine n'était plus qu'un prétexte de rancune. Mais, sur les quais de Charleville, j'étais là, encore et sans lassitude, livre en main, prenant conscience de ce que d'autres avaient vu, avaient vécu, et tout ne devint qu'une banalité pour moi. Une affreuse, et terrible banalité dans la monotonie la plus infâme. Qu'espérais-je donc ? Je n'avais mérité ni gloire, ni sympathie. Les cours ne reprenaient pas. Ils ne reprendraient jamais pour moi, ou il serait bien trop tard. Les insurgés hurlaient sans cesse, face au vent prussien. Je n'étais qu'un enfant piégé par le courroux maternel, n'espérant que la publication de quelques vers, mendiée auprès de poètes et éditeurs bien trop réputés pour un collégien qui commençait déjà, trop tôt, à perdre l'entièreté de ses sens. Alors, je fuguais. Il ne s'agissait pas d'une fuite. Il s'agissait d'une tentative d'emprisonner la liberté, de m'approprier enfin ce que je n'avais jamais pu effleurer un seul instant, d'ôter la cage qui emprisonnait mon état abject. Mais ce fut un échec, lamentable et ridicule, et ce fut mon ami que j'appelais à mon secours. Je logeais alors quelques temps chez les sœurs Gindre.

Je voyais ainsi, pour la première fois, loin de la dictature maternelle, la nature de la femme. Il ne s'agissait pas d'une substitution, mais d'une perspective alors encore insaisissable. Il s'agissait de quelque chose qui deviendrait, par la suite, grandiose et merveilleux. Je profitais néanmoins de cette accalmie pour recopier avec une ardeur scolaire tous les textes que je jugeais assez bons, assez convaincants pour en faire un drapeau porteur, exubérant, bien fort de prétentions. Je ne m'attirais alors que peu de sympathie, face à mon désir de la perfection bien trop assuré. Sans doute était-ce là la raison d'un accueil bien réservé, lors de mon second séjour, peu de temps plus tard. De celui-ci, la daromphe m'extirpa avec violence et me fit ramener à la demeure familiale par le biais des autorités. J'en gardais un goût amer, et une confiance bien trop assurée. L'échec et l'attente ne me semblèrent être qu'une illusion passive, un délai rallongé vers un trésor que je couvais secrètement. Je n'avais aucun instinct de mérite, aucun espoir d'honneur. Et pourtant, pourtant, ce que je désirais n'était pas qu'une frêle passion, et elle s'ancrait bien assez en moi pour me détruire le corps et l'esprit.

Je ne croyais pas en la rancune et le désespoir maternel ne me disait rien. Je jouais de mensonges et d'hypocrisie. Je me croyais petit Satan. Un voyou à l’œil mesquin ! Je trouvais, chaque fois, de nouvelles choses haïssables desquelles m'amuser. Même la violence que j'éprouvais devenait l'objet de querelles intérieures redoutables. Et ainsi, je me sentais déjà si vieux, déjà si mort, comme si le temps écoulé n'avait été qu'une perte incessante. Des vers que j'avais écrit, j'exigeais qu'on les supprime, qu'on les déchire, qu'on les brûle. Je ne voulais plus de leur présence en ce monde; ils n'en méritaient rien. Il était stupide de croire qu'ils avaient une quelconque beauté, car je n'avais pas glissé en eux la conscience que je désirais. C'était quelque chose de bien plus fort que ce que je ne pouvais saisir, et pourtant, cet éclat était là, tout juste accessible. Comme une transe intacte, pure, et soudaine. Si j'en ai écrit quelques mots à mon ami, et quelques vers à un autre, c'était certainement pour ramener à la réalité cette incertitude profonde. Si celle-ci devenait réelle, dans son essence la plus pure, alors je n'aurais d'autre choix que de la confronter. L'important était de donner une quête à mon existence, pour peu qu'elle soit à l'entier opposé des projets maternels.

Je n'avais pas eu beaucoup d'espoir de réponse de ces poètes auxquels j'avais écrit. Et pourtant, il y avait bien celui-ci, et cette lettre-là. Il y avait ces quelques lignes, ces quelques mots, qui n'étaient rien d'autre que le billet vers un destin parfait. Venez, venez, me disait-il ! Enfin quelqu'un m'attendait ! Enfin, quelque part, l'on me désirait peut-être un peu, et l'on espérait ma venue, lorsque j'espérais moi-même ma fuite. Ces premières attentions, je les nourrissais avec une affection qui m'était, pour la première fois, agréable. Mais ce destin, je l'ai écorché. Je l'ai souillé, je l'ai frappé, je l'ai roulé sous les injures et les crachats, et mon âme elle-même fut affectée par toute cette monstrueuse et furieuse colère enfouie.

Rendu à Paris, les vers bien trop adultes et les intérêts bien trop enfantins, Verlaine me présenta tant de fois, et tant de fois, je me retrouvais à lire mes vers devant des yeux trop hautains, trop certains, trop moqueurs. Je n'avais, à aucun instant de ma vie, suivi le moindre cours de diction. Je n'avais jamais fait, ou vu de théâtre. Je n'avais que ce petit accent paysan de campagne, et, je crois bien que ce fut essentiellement par provocation, je ne fus aucun effort pour le rendre absent. Paris ne me reconnu pas comme sien. Nul part, je ne fus intégré. On pria que mes visites soient les plus brèves, et les moins fréquentes possibles. Et, à chaque rencontre, je faisais l'effort de me rendre plus insolent, plus détestable encore. Il s'agissait là de l'activité qui m'apportait la plus grande satisfaction, car, au plus haut point, je haïssais les poètes qui se croyaient poètes. Il n'y avait rien de plus méprisant et de plus méprisable que ces gens réduits à se contenter du si peu, incapables de saisir ce qu'ils n'étaient même pas aptes à percevoir. Je n'étais qu'une espèce de clandestin ballotté, mais jamais je ne manquais de rien, malgré mon effroyable humeur. Cette femme tout particulièrement, et qui n'avait pourtant aucune prétention, était des plus détestables. Et son gros ventre rond l'était encore plus. Elle n'était, après tout, rien de plus qu'une femme, enceinte, prête à offrir au monde une vie misérable de plus. Mais tout était perceptible chez elle en excès. Et de ces choses là, je ne voulais rien voir.

Je retournais, bien las, à la demeure familiale à laquelle j'avais été renvoyé, à la suite d'un jeu trop sérieux et trop sanglant peut-être. Je n'avais aucune peine à cela. Je savais cet exil temporaire. Non pas celui de Paris, mais bien celui de Charleville; car ces murs et cette campagne, cette famille et ces paysans, plus rien ici ne m'était reconnaissable. Je perpétuais les joies d'une ivresse, dans l'insouciance la plus parfaite, bien assez pour rendre le temps plus court que d'ordinaire. Je n'attendais qu'une lettre, qu'un accord, et rien n'était plus important que cela. Même ces vers, je les avais enfouis dans l'oubli. C'était la pénitence.

Puis vint ce jour, vint le jour, et d'un tacite accord, je ménageais ma fureur, et entretenais ma douceur. Il n'y avait à cela aucun autre intérêt que celui de la compassion heureuse. J'ignore si j'en étais tout à fait satisfait. J'ignore même s'il y avait une fin à cela. J'aurais probablement pu me saisir des grilles de cette cage, et les arracher de mes doigts tremblant d'impatience, les briser avec tout le désespoir qui s'était échoué sur moi. Probablement était-ce ce que je fis, lors de cette soirée trop ivre, lorsque je déchirais et découpais la chair de Verlaine, lorsque je plantais le canif dans sa peau déjà vieillie par la morosité d'une vie trop simple, lorsque à plusieurs reprises, il exprima sa douleur alors que son sang tâchait ses vêtements trop neufs, trop propres. Cela n'était pas plus par jeu que par haine, que par passion et par mépris. De lui, j'attendais tout, et je n'attendais plus rien. Tout était inexpiable. Et ce soir là me colla à la peau comme une couche de crasse que je ne pouvais plus faire partir, à moins de m'arracher de ce corps-ci.

Lui reprit ses violences. Il se baignait dans une ivresse malsaine. Il ne pouvait m'accorder aucun reproche, car sans doute était plus vil, et probablement plus brisé encore de l'intérieur que moi. Alors, nous avons fuit. Comme des lâches, comme des réprouvés, comme des amants. Nous nous sommes emparés de la vie, quelques jours et quelques nuits. Nous avons voyagé, un peu. Et nous avons croisé le chemin de cette femme. De sa femme. Elle le fut pour un tout dernier soir. Alors, libérés de ces chaînes brûlantes, nous sommes partis pour Londres. Nous étions d'une solitude parfaite, dans un peuple bien triste. Ici, les communards. Là-bas, le procès. Il me suffisait d'enseigner quelques mots, pour gagner quelques sous. Cela était suffisant pour vivre dans la passion d'une mélancolie tragique. Loin d'une réalité affreuse, nous n'avions besoin de rien de plus dans les rues sales de Londres, sous le ciel gris et dans la froideur humide. Plusieurs séjours en France ne rendirent le retour dans la capitale anglaise que plus paisible encore, dans un confort fragile. Quant à ma furie et ma folie, je tentais de les cracher sur du papier couvert d'une encre au noir chaotique.

Pourtant, cela ne suffisait pas. Cela ne suffisait plus. La patience m'épuisait. L'alcool le rongeait. Les pages s'empilaient chaque jour, et les cris, les insultes, tout autant. Il n'y avait plus de confort. Il n'y avait plus qu'une prise d'otages imparfaite et sanglante. Nous étions deux fous, loin, si loin de tout ancrage, de tout secours. Nous n'avions rien que l'hostilité, dont nous nous étions emparés pour la braquer, l'un contre l'autre. Je ne supportais plus cette espèce de conscience physique, dévorante et lancinante. Je ne supportais plus le calme, je ne supportais plus la banalité paisible. Dans les secousses de l'âme, tout devait s’entrechoquer, pour se briser, et se reconstruire, inlassablement. Mais il n'en fut rien. Verlaine parti. Il emporta avec lui son humeur sombre, triste et mortelle.

Alors je l'ai rejoint, auprès de sa mère, à Bruxelles. Je l'ai rejoint, et je lui ai partagé ce qu'il restait encore de ma folie, de ma passion et de mes désirs. J'étais là, coincé comme un rat. Piégé et fragile, et ma faiblesse me dévorait. Contre la porte, je ne voyais que cet homme à moitié ivre, chancelant sur sa chaise de bois, riant à l'idée de bloquer la seule issue. Riant à l'idée m'enfermer ici, comme je l'avais enfermé dans mon étreinte venimeuse durant des mois. Et, dans le creux de sa main, entre ses doigts tendus, cette arme brûlante, fumante. Les deux coups ne m'ont laissé qu'un sifflement sourd dans les tympans, et l'une des balles m'a déchiré le poignet et ma naïveté encore vacillante. Jamais je n'avais ressenti une douleur si violente, tant dans le corps que dans l'esprit. Jamais je n'avais cru que la réalité existait. Alors, je hurlais, comme un enfant, je hurlais, et j'exigeais que l'on me ramène chez moi, dans cette prison qui me semblait alors bien plus merveilleuse que cet enfer brisé.

Verlaine et sa mère m'accompagnèrent jusqu'à la gare, dans le même silence que celui qui guidait les morts. Il me suffisait simplement de partir, et de ne plus jamais le revoir. Il me suffisait de tirer ma révérence devant sa vie toute entière, mais probablement l'aurais-je réclamé quelques semaines, quelques mois plus tard. Car la nostalgie ne passait pas. Pourtant, de la sauvagerie candide d’autrefois, de la passion encore inavouée, il ne restait plus rien. Il n'était plus utile de se rattacher à un espoir brisé, qui n'avait peut-être, après tout, jamais existé. Tout était si loin. Tout était si flou. Et, face à cet homme qui, depuis sa poche, pointait son arme vers moi; celui-là même qui se dressait entre moi et la gare dans lequel se trouvait le train de ma fuite; devant, une nouvelle fois, cette scène que je venais de vivre et dont je souffrais encore, je n'étais plus qu'un lâche. Le petit Satan s'était enfuit. La fougue amère n'était qu'illusion. J'avais peur. Pour la toute première fois, enfin, j'avais peur. Et vers le premier agent de police, je courais. Plus rien ne pouvait le sauver. Et je savais que s'il disparaissait, tout serait changé. De ma simple responsabilité découlait l'avenir de cet homme. Neuf jours après l'incident, je retirais ma plainte. Cela aurait pu être du regret, ou du remord, mais qu'importe, car rien ne changea. La procédure était lancée, et Verlaine serait condamné. Je ne sortis de l'hôpital que le lendemain. Plus rien ne m'attendait dehors. Je n'avais personne chez qui me réfugier. Personne n'espérait ni ne désirait mon retour. Alors, je rentrais simplement au refuge familial, à Roche.

Tout était vide et imparfait. Il n'y avait plus d'état de conscience, et la furie devenait une mélasse déchirante, sombre et douloureuse, à l'odeur sale et sanglante. Parfois, je hurlais, parfois, je pleurais, sous des sentiments qui n'étaient plus les miens, ou qui ne m'avaient jamais appartenu. Et ces voix faisaient trembler la porte de bois, les murs étroits, de la pièce dans laquelle je m'étais enfermé, et d'où je ne voulais voir ni vie, ni réalité. Le soleil me meurtrissait, la nourriture me répugnait. Sur des pages entières, et du matin au soir, du soir au matin, j'alignais des mots qui me traversaient l'esprit, à travers un voile de brume rouge. C'était là, probablement, mon dernier désir, et ma dernière passion. Car tout devenait incontrôlable, abject et insaisissable.

Lorsque l'été fut passé, la Saison fut achevée. Je n'avais ni les moyens, ni la volonté, de la faire publier. Je ne souhaitais plus rien obtenir de cette vie là. Pourtant, lorsque cette mère, dans son dédain de faux bourgeois, me demandait à quoi tout cela m'avait-il conduit, je tendais devant son nez fripé quelques feuillets tâchés d'encre. Et lorsque ma soeur exigeait de connaître la raison qui m'avait poussé à écrire tant de vers et tant de proses dont je n'avais pas obtenu le moindre mérite, je ne pouvais que lui répondre que cela était parce que c'était mal. Et cela fut bien assez pour qu'elle puisse comprendre. Alors, une dernière fois, j'allais à Bruxelles afin de retirer les quelques exemplaires des proses, et je les distribuais à qui le souhaitait. Ou peut-être, à qui ne le souhaitait pas. Et ces six exemplaires furent ma dernière révérence, pour une vie que je laissais derrière moi.

Je n'abandonnais pas tout de suite totalement le milieu littéraire. Je reprenais quelques chemins familiers, ceux de Paris, puis ceux de Londres, d'abord accompagné. Germain Nouveau ne resta à la capitale anglaise que quelques mois, se plaisant à copier, ou recopier peut-être, quelques vers délaissés. Je cherchais un espoir facile, je tentais de me raccrocher à des prises banales. J'offrais mes services, mes mots et mes mains contre le rêve de traverser, un jour, une frontière plus lointaine que celle de l'Angleterre. J'étais sage et calme, et de ma folie n'en restait que des résidus épars. Alors, j'admettais un peu mieux le fait de devoir gagner le sou. Mais j'étais encore vagabond, et je le resterai ainsi, et la simple idée de devoir poser les deux pieds à terre me semblait horriblement insupportable.

Alors, j'errais, je cherchais, et je me perdais. De l'Angleterre à l'Allemagne, de l'Italie à la France, je devins trop impatient, trop stupide peut-être. J'étais un rat perdu, et la surface de l'Europe n'était plus grand chose, pour moi, pour peu que je trouve une satisfaction bien pleine et entière. Et lorsque, par désespoir et par misère, je devais venir me ressourcer au cœur de Charleville, j'exigeais l'apprentissage de nouvelles langues, de nouveaux arts, et de nouvelles connaissances. J'irai perdre mon sang dans les méandres d'une guerre civile, entre les assauts des Carlistes ! J'irai obtenir des diplômes, des prix, et je deviendrai militaire ! J'apprendrai le solfège et le piano ! Mais de tout cela, je ne devins qu'un musicien à peine ludique. J'étais déjà trop vieux, et j'avais perdu tant de temps. Et, des choses que j'apprenais, des objets que je manipulais, des rencontres que j'effectuais, je devenais las, si las, bien trop las et tout cela était si rapide ! Car le temps était court, et brûlait comme la mèche d'un baril. Et là-bas, dans les rues de Dijon, il y avait cet homme bien trop heureux d'avoir réussi, bien trop fier pour porter la moindre estime à sa famille. De son visage et de ses bras, je ne me souvenais que de l'odeur de vent frais, de braises brûlées, et de contrées mélancoliques.

Je vins et je revins. Encore, et encore. Je ne me souviens pas de toutes les terres que j'ai foulé, je ne me souviens pas de toutes les ruses pour obtenir les primes, tant que je ne travaillais pas encore. Vienne, Bruxelles, Rotterdam, Haderwijk, Brême, Stockholm, Copenhague, Alexandrie, qu'importe. Parfois, je cédais, et je survivais. Il y avait, là-bas, tant de choses à faire. Je me souviens du Saint-Gothard, et de la roche qui brûlait mes mains. Je me souviens des plaines blanches et ennuyeuses, tristement vides, de la Norvège et de la Suède. Je rentrais, et repartais, ou parfois, ne rentrais pas du tout. Qu'importe, tant que je pouvais voir le monde, m'enfuir et être sauvage. Mais les voyages m'épuisèrent, et la vie m'assagit.

L'hiver des Ardennes de cette année là fut le plus horrible, le plus pénible sans doute. Jamais je n'avais connu un froid si glacial, et une famine si profonde. Pour la première fois, les mois ne s'écoulaient pas. Quelques petits vieux, des malades et des enfants, mourraient parfois, car c'est ainsi que la vie s'écoule. Je n'étais pas triste de ne pas les connaître. Et voyant, à chaque nouveau jour, une pierre se dresser, ou la terre une nouvelle foie battue, j'espérais ne jamais me retrouver là, dans la tristesse profonde de la campagne, pour une morne éternité. Alors, je haïssais le froid, enfin et pour toujours, qui jamais ne m'avait laissé de répit dans mes affreuses insomnies. Et alors, je travaillais.

J'étais parti dans ces pays chauds, me brûler la peau et le visage. Il y avait là des traces que je pouvais suivre, mais sans doute n'étais-je pas assez docile, assez sage, pour en être suffisamment capable. La peau, l'ivoire, le café, remplaçaient les vers et les mots. J'écrivais, parfois encore, ou souvent peut-être, quelques lettres, et en retour, on me tenait à peu près au courant de ce qu'il pouvait se passer derrière la Méditerranée. J'exigeais que l'on me livre les derniers livres de tous les métiers, le dernier appareil photo, les dernières traductions, les derniers tout. Car tout était si vite dépassé. Le monde évoluait, sans cesse ! Et jamais je ne serai en retard. Jamais je ne voulais l'être. Pourquoi perdre le précieux temps avec des choses si dépassées, alors que le futur était là, encore saisissable ? Et de tout, je me lassais, encore, en quelques jours ou quelques semaines, peut-être. A peine avais-je fait le tour des choses et des livres, que je les posais là, et ne les retouchais plus. Rien n'était capable de me satisfaire entièrement. Ces villes, elles-même, qui m'ont tant fait rêver; ces peuples; ce soleil et ces pays, même ceux-là ne m'émerveillaient plus. Je pestais sans cesse, et me plaignais encore. Comme un vieux sénile, je devenais grincheux, détestable. Et pourtant, j'étais incapable d'être à nouveau ce voyou provoquant. J'étais bien trop doux encore, incapable d'haïr même l'homme le plus haïssable. Et, par dessus tout, j'étais bien trop naïf, comme l'enfant que j'avais refusé d'être.

Je traversais les sables, puis retournais à la ville et au port. Je n'avais, à aucun instant, de compagnon plus fidèle que quelques chameaux. J'allais et mourrais dans le désert pour quatre mois, plein de pillards, sans eau et avec la faim au ventre, pour livrer quelques armes, et les relivrer ensuite ailleurs. Car la guerre avait toujours su rendre la vie des vivants plus riche, mais je n'avais, finalement, rien gagné ni perdu à cela. Lorsque la firme s'écroula, lorsque les associés furent morts, je devins le seul commerçant et le seul étranger dans une ville d'où les marchands avaient déserté, où l'or et l'argent n'existaient plus. J'étais lassé, épuisé, et regrettais quelques fois la folie qui avait dévoré mon esprit. Le corps était, lui, bien plus faible, programmé pour mourir, ainsi que je l'avais toujours dit. Mais j'étais toujours aussi incapable de m'en détacher. Alors, je continuais, je continuais encore, dans l'espoir peut-être de le briser avec moins de lâcheté que ce dont j'avais fait preuve.

Et cet espoir vint. Mais était-il si fier, si glorieux, que je l'avais imaginé ? Les femmes soignent les infirmes revenus des pays chauds. Quelle ironie stupide ! Voilà d'où venait mon malheur, que j'avais moi-même écrit, dans une transe furieuse qui s'était alors échappée, et n'avait lassé que l'amertume du désespoir absolu. Je fus ramené au port, puis en France, on me découpa la jambe et je pestais contre les jambes mécaniques, les jambes de bois, et tout autre objet inutile qui m'empêchait d'errer, de vagabonder, et m'enfuir encore une dernière fois. Jamais plus je ne reverrai le soleil chaud, jamais plus ma peau ne brûlera, et pourtant, j'avais tant détesté ces peuples et ces terres ! Pouvais-je seulement revoir les paysages froids que j'avais haï ? Je ne voyais que des Ardennes humides et une Marseille triste. A mon chevet, il y avait cette sœur dont je ne voulais me séparer. Je la priais parfois, et lui hurlais de ne pas se marier, de ne pas me laisser, de ne pas m'abandonner. Si elle a accepté, c'était probablement qu'elle savait. Et, pour cela, je ne pouvais rien lui reprocher. Je n'avais trouvé aucune autre âme fidèle, et, peut-être qu'après tout, la plus grande terreur dont je fus saisi, fut la solitude. Alors, celle ci, je la refusais, et l'éloignais autant que possible de mon être. Lorsque je sentais mon esprit vaciller, j'exigeais les encens et les prières, et je ne jurais plus. Je ne me plaignais plus. Je saisissais la sagesse et le calme, et les serrais contre moi, dans la toute dernière attente.

J'étais mort. Je le sais. Et pourtant, j'avais ouvert les yeux, dans un air frais et soudain qui englobait mon visage, et mon corps tout entier. J'avais ouvert les yeux, et je voyais, sans comprendre réellement, comme lorsque l'on se réveille d'un lourd et long sommeil. Mes sens prenaient peu à peu conscience, et je sentais un choc contre mon dos, une griffure contre ma peau que je sentais déjà ne pas être mienne. Je devinais avoir retrouvé cette jambe qui m'avait été retirée. Toutes les sensations, si soudaines, me semblaient bien étranges. Le visage tendu au dessus du mien le fut moins. Contre mes hanches et mon dos, je sentais la chaleur de son corps. Je me rendais alors compte que j'étais en vie, bel et bien en vie. Ailleurs, dans un corps trop différent, mais en vie. Et ce visage, je ne le connaissais pas. J'eus bien du mal à me relever dans cette pièce si étroite, et je constatais que c'était le livre qu'était en train de lire cet homme, Renard, assis sur des toilettes, qui m'avait déchiré cette peau si neuve, lorsque j'étais tombé du plafond sur ses jambes.

J'apprenais bien vite, sans réellement m'inquiéter des choses simples. Il s'agissait là, en quelque sorte, d'un nouveau voyage. N'avais-je pas prié pour ne jamais être seul, une fois la frontière de la vie passée ? Tout était changé, si brillant, si développé. J'avais voulu fuir, on m'avait retenu. Alors j'avais appris. J'avais appris le monde, la patience, l'histoire, la science et la technologie. J'avais erré, et j'avais rencontré des hommes qui avaient été autrefois des bêtes, des choses, et tant d'autres créatures. Et tout cette vie semblait merveilleuse, comme si elle se résumait à l'existence de la conscience seule, une espèce d'essence métaphysique que j'avais, de tout temps, toujours désiré. Et puis, j'avais obtenu ce contrat de journaliste. Alors, j'avais cessé d'errer. J'avais écrit, j'avais conté, j'avais rédigé. J'avais vu et exploré toutes les petites parcelles explorables. J'avais observé tous les événements qui s'étaient mêlés avec l'indifférence la plus sourde et la plus aveugle possible, afin de me les représenter avec la réalité la plus parfaite et la plus objective. Mais ne pouvais-je rester, malgré tout, qu'un affreux spectateur d'une guerre dont je ne pouvais laisser aucun souffle m'échapper ? Cette guerre qui, après tout, n'avait rien de moins que toutes les autres guerres que j'avais pu autrefois connaître ? Alors, j'investissais ce qu'il restait de mon temps et de mon énergie pour protéger les intérêts qui me semblaient les plus nobles et les plus justes. Probablement tout cela n'avait-il aucun intérêt. Mais je crois bien, après tout, que s'il m'a été forcé de revivre, et de me souvenir de toute cette vie tragique, ce n'était que pour une moqueuse ironie dont je devais me jouer.


Caractère
Qualités
  • • Généreux
  • • Attentif
  • • Actif
  • • Honnête
  • • Loyal
  • • Passionné
  • Défauts
  • • Impulsif
  • • Négatif
  • • Naïf
  • • Râleur
  • • Provocateur
  • • Irraisonné
  • Certains croient en l'existence de deux Rimbaud, deux êtres dissociés, parfaitement différents et opposés, et chacun d'entre eux n'étant sans conformité aucune à la moralité sociale. L'écrivain, voyou, hautain, qui goûtait déjà à l'amertume de la vie dans laquelle il se noyait avec la plus grande indécence, et le négociant sauvage, qui n'avait plus foi en rien, si ce n'était en la misère humaine. Pourtant, entre ces deux êtres existait un parti absolu, convaincu, et très précis.

    « Rien d'ordinaire ne germera dans cette tête. Ce sera le Génie du Bien, ou celui du Mal. »

    Pourtant, de tout cela, rien n'était bien défini. Derrière l'arrogance se cachait la sensibilité naïve. Non, il n'y avait pas de force machiavélique. Le jeu était bien trop fort, et bien trop puissant, et il dépassait parfois entièrement la condition. Car, pour Rimbaud, le corps n'était pas une chose parfaitement métrisable. L'esprit y était supérieur, et les gens les plus détestables étaient bien ceux qui n'avaient pas compris cette nuance. S'il n'y avait pas eu cette faiblesse du corps, la peur n'aurait sans doute jamais existé. La misère ne serait pas réelle. La pauvreté ne serait qu'un concept abandonné. Mais tout était lié à une enveloppe douloureuse, meurtrie, périssable.

    Rimbaud avait alors, sans doute, espéré traverser la vie pour se débarrasser d'une coquille imparfaite. Mais le voilà de nouveau prisonnier, à devoir perpétuer les mêmes gestes, nourrir les mêmes besoins, développer les mêmes angoisses. Ce corps là était, ceci dit, bien différent. Il ne vieillissait pas. Mais il ne guérissait pas mieux, ou moins bien. Les cheveux blonds et courts, décoiffés, désorganisés, avaient laissé place à une blancheur presque parfaite, tant les reflets étaient clairs et lumineux, comme la chevelure fraîche d'un enfant blond. Quant à la taille, celle-ci était similairement la même, un mètre quatre-vingt environ, pour une carrure équivalente. Les mains étaient plus fines peut-être, plus féminines, et le visage plus floconneux. Mais rien, en soi, ne différenciait réellement un corps humain d'un autre corps humain. Alors quelle importance avait tout cela, après tout ?

    Du reste, Rimbaud s'était assagi. Plus rien n'était intolérable, mais tout restait sujet à se plaindre tout de même. Car le regret de la perfection était trop grand. Car la nostalgie était égale à un couteau remuant, brisant, déchirant. C'était un jeu, c'était un chant. Et lorsque, parfois, l'occasion se présentait, l'enfant inavoué, qui avait été caché, méprisé, et rejeté, s'amusait de petits méfaits avec l’œil chapardeur et le rire moqueur, comme des gloussements derrière la porte entrouverte. Il n'y avait plus rien de dangereux à cela, plus d'acide sulfurique dans les verres, plus de canif dans les poignets ni de canne-épée, à moins, peut-être, qu'il n'en décide autrement.

    Sa haine et son aversion pour le travail et les normes s'étaient, elles aussi, atténuées. Docilement, il déversait dans son travail la passion qui l'avait autrefois animé. Il s'emparait de cela comme un catalyseur, attendant patiemment que le glas du changement de destinée ne sonne enfin. Car il savait, en un sens, que tout pouvait basculer. La furie n'était pas terminée. Sa folie était toujours présente, cachée sous le calme de l'océan de sa conscience. C'était son âme toute entière qui était souillée et dévorée par cela, et qu'importe le repos qu'il pourrait trouver ici, tout chavirerait, lorsque la tempête viendrait.

    Parfois, il s'amusait à découvrir avec une impatiente curiosité tout ce qui avait été étudié et découvert. Toutes les technologies étaient parfaitement admirables, plaisantes. Il se souvenait toujours des premières heures où il s'asseyait devant les machines qui lui semblaient toujours plus étranges, et se cassait les yeux et la tête jusqu'à comprendre, et exploiter entièrement l'outil. Il savait, alors, qu'il serait contenu par une admirable agitation paisible, et que l'ennui l'abandonnerait pour quelques temps. Puis, une fois qu'il avait tout compris, tout découvert, tout assimilé, tout exploité, il abandonnait l'objet, la machine, l'outil, et n'y retouchait plus, sauf en de rares exceptions. Car la lassitude, comme toujours, l'avait touché et l'avait emporté.

    Quant à son ardeur de vagabond, jamais elle ne pourrait être assez contenue, assez dictée, assez maîtrisée. Les cent pas ne l’apaisaient jamais assez. Le tour de la ville était donner du pain à qui avait soif. Toutes ces rues avaient été explorées. Tous ces paysages avaient été vus, et revus. La mer avait battu devant ses yeux à toutes les saisons, sous tous les temps. Alors il lui suffisait de se noyer quelques instants la tête sous l'eau, et de se souvenir qu'il pouvait mourir. Qu'il était mort. Et que rien, jamais, ne l'attendait, dans cette solitude profonde et rancunière, sans mère ni sœur. Car, après tout, de cette daromphe, il n'avait jamais voulu s'en défaire.


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    Guillemet ouvrantCréateurGuillemet fermant
    Parents, vous avez fait mon malheur et vous avez fait le vôtre.
    Citation : J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse.
    Emploi : Journaliste
    DC : Sköll
    Crédits : Makishima Shougo - Psycho-Pass
    QUELLE LONGUE FICHE ET QUEL AVATAR :plz: :plz: !!
    Re-welcome parmis nous bichon tout doux, courage pour la validation et pour le reste, tu connais déjà la maison :whut:

    :kiss:
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    Guillemet ouvrantJE NE MANGE PAS DE GRAÎNES !Guillemet fermant
    Citation : La question est celle-ci : d'où vient l'homme ? Où va l'homme ? Je la résous triomphalement en disant : l'homme va et vient dans la nuit.
    Emploi : Patron de l'Irrisistible.
    DC : John H. Watson - Barbe Bleue - Le Petit Prince
    Crédits : Victor Nikiforov - Yuri!!! On Ice

    bravo tu es validé !

    Toi, moi, un lien genre c'est obligé. Les deux génies incompris et incompréhensible, l'un dans la littérature l'autre dans la musique, c'est trop parfait. Je n'ai rien d'autre à dire, une fiche exceptionnel, tu connais la maison, bisous ♥️

    Maintenant que tu as rempli la tâche qu'était de remplir ta fiche, je t'invite à aller remplir de quoi finaliser ton inscription.Pour recenser ton avatar, c'est par ici. Pour que ton personnage ait un lieu de travail, je te conseille également de te rendre pour remplir un formulaire et obtenir un logement. De même si tu veux un joli rang sous ton pseudo, tu peux venir en réclamer un à cet endroit. Et le plus important, n'oublie pas de recenser ton métier et d'où vient ton personnage' ♥️ !
    Oh et, si tu possèdes un DC/TC, viens le recenser par ici et pour finir (oui c'est long) pour ton pouvoir (si tu en as un) ~ !
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    I sat alone, in bed 'til the morning I'm crying, "They're coming for me." And I tried to hold these secrets inside me My mind's like a deadly disease I'm bigger than my body I'm colder than this home I'm meaner than my demons Who is in control?

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    Guillemet ouvrantJe cherche les notes qui s’aiment.Guillemet fermant
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