INSOMNIA
« J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse. »

Insomnia :

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Scorn and Revulsion.



 

Scorn and Revulsion.

# Scorn and Revulsion.Jeu 12 Juil - 22:43

Sköll
Iraë

XIIIème siècle
N'est pas encore arrivé
Sans métier
Pauvre
Invulnérabilité au feu.
Unknown - Mystic Messenger

 Nan.

Histoire
Qu'importe ce qu'il sera dit ici, tout peut n'être que mensonges et affabulations. Qui en tiendra compte ? Après tout, les souvenirs ne sont que des illusions déformées par des volontés personnelles. Le temps et les croyances dévorent ce que l'on pense être une vérité, et celle-ci s'en retrouve broyée, déchirée, humiliée. Et alors, l'espoir fait son office. Il scelle les morceaux usés, dans des puzzles approximatifs, adaptés aux conditions et aux attentes de chacun. C'est ainsi que des récits, naissent les légendes.

L'histoire conte de moi une apparition simplement anecdotique. Je ne suis ni héros, ni divinité. Seulement, combien ont oublié l'importance de l'unique acte de mon existence ? Celui-ci n'était pas le résultat de ma propre volonté; et pourtant, il a déclenché un processus sans retour. Le processus de l'annihilation, celui qui brisa un monde imparfait et mal arrangé, comme une espèce d'essai voué à s'anéantir dans son propre sang. Je n'étais alors, dans ce monde, que le figurant barbare, celui qui a été choisi pour expliquer les événements dont personne n'a souhaité le rôle. Pourtant, de cette histoire découle une vérité et tant d'autres choses.

Mes souvenirs sont, je crois, bien trop vastes pour que je puisse m'en remémorer l'origine. De quelles entrailles suis-je né ? Qu'est-ce qui détermina ce qui devint mon destin ? Tout cela m'a échappé depuis bien trop longtemps. Il est, je crois, à l'aube de mon existence, Iarnvidia, la géante de la forêt de pierre, et l'un des fils de Loki. Probablement le pire des trois, puisqu'il s'agissait du loup Fenrir. Si j'ai hérité de son apparence, ce ne fut ni le cas de sa taille, ni de sa férocité. J'étais bien assez frêle pour que les Ases ne se soucient pas de moi lorsqu'ils scellerent le loup géant dans ses chaînes, obnubilés par de stupides prophéties dictées par de vieux fous. Savaient-ils, à cet instant, que la race des Managarm était née ? Car, après tout, je n'étais pas seul. A mes côtés se dressait mon frère, Hati, qui n'était pas bien différent de moi. Ce simple fait était suffisant pour me rassurer, lorsque Fenrir nous fut retiré. Cela arriva bien trop tôt pour que je puisse développer la moindre relation avec lui, et son absence ne m'attrista pas. J'avais simplement besoin d'une présence à mes côtés, et cela, je l'ai toujours eu. Cependant, de ma mère, je n'en gardais aucun souvenir. Je me souviens vaguement, je crois, des traits de sa silhouette lorsqu'elle veillait sur nous. Lorsque je parcourais les bois humides encore recouverts de la fraîcheur hivernale, il me semblait alors percevoir son odeur, ou du moins, des fragrances qui me rappelaient certains souvenirs d'une enfance éloignée. Finalement, la seule chose qu'il m'était encore capable de distinguer clairement était les sonorités de sa voix, marquée par les émotions. Probablement souffrais-je plus de l'absence, ou du manque de souvenirs, de ma mère, que de celle de mon père. Cependant, je suis aujourd'hui capable de déterminer la véritable raison de tout cela. S'il m'était possible de connaître l'état exact dans lequel était maintenu Fenrir, puis de constater moi-même ce qu'il était advenu de celui-ci, il n'en était pas de même pour Iarnvidia. D'elle, je n'avais ni trace, ni certitude. Est-ce que j'en souffrais ? Ma fierté me pousserait à dire que cela m'importait peu. Pourtant, mes observations concernant l'existence me forcent à croire que tout élément, même insignifiant, possède forcément une influence sur l'avenir d'un être, aussi infime soit-il. Alors, si je dois conclure quelque chose de tout cela : mon enfance ne fut rien d'autre que la toute infime partie de moi-même.

Pour mon frère, je n'éprouvais aucun jugement. Je n'avais ni satisfaction, ni déception le concernant. Il a été celui qui avait accompagné toute mon existence, et mon enfance fut bien rassurante à ses côtés, lorsque j'éprouvais la peur d'une solitude oppressante. Nous n'avions, à cet instant, ni but ni volonté. Nous vivions parmi les Ases, dans un royaume qui n'était pas le notre; où nous n'avions pas notre place. Notre puissance n'aurait pas permis notre survie en cas de contestation. Nous n'avions pas non plus d'intelligence particulière, ou d'aspect pouvant provoquer une inquiétude. Nous étions simplement là, à vivre et à observer un monde qui nous accueillait bien trop timidement.

A cette époque, les jours ne passaient pas. La nuit n'avait plus sa signification d'origine. Sol et Mani, les dieux qui guidaient le Soleil et la Lune dans les cieux. Les Ases leurs avaient donné le rôle de diriger ces deux Astres afin de compter les années des hommes. Je ne comprenais alors que trop bien l'ingratitude de ce travail, et je ne m'étonnais pas que ces deux dieux trouvaient plus distrayant d'observer la vie et le monde. Pourtant, ces désagréments semblaient lassants pour les autres dieux, et il n'était pas rare d'observer Odin menacer Sol et Mani de sa lance pour qu'ils continuent leur course. Ces menaces régulières n'étaient devenues que des banalités à mes yeux, et celles-ci ne trouvaient que très rarement le résultat escompté. Néanmoins, tout cela m'importait peu. Qu'avais-je à faire du cycle des jours et de la nuit, lorsque déjà, je n'éprouvais qu'un faible intérêt pour les conflits qui régissaient la vie des Ases ? Chaque instant n'était qu'une errance inutile, et lorsque je repensais aux liens qui ligotaient mon père, je me disais que celui-ci avait bien de la chance d'avoir une justification pour tout ce temps perdu à ne rien faire. La réalité, je crois, c'est que je m'ennuyais fortement. Je ne parvenais, malgré moi, à ne trouver aucune distraction suffisante. Si j'étais physiquement libre, je savais cependant que les dieux me surveillaient, d'une manière ou d'une autre. Ils n'attendaient que l'instant où mon frère et moi cédions à une tentative qui aurait pu menacer une existence qu'ils jugeaient agréable. Je les savais avides de prophéties, paranoïaques et égoïstes. Ils ne cessaient jamais, à chaque instant, de vouloir dicter les règles qui devaient régir le monde. Ils ne cessaient jamais de déclencher les conflits dans leurs propres rangs, et prétendaient que tout était idéal, merveilleux, calme et parfait. Ils étaient si détachés de l'amusement et de la folie qu'il leur était alors facile de repousser, renier, ou bannir tout ce qui s'éloignait, d'une manière ou d'une autre, de leurs idéaux. Pourtant, cette folie avait bien pris source dans leurs entrailles. Les plus fous, c'était eux. Guidés par leur surdité et leur cécité, ils étaient incapables de percevoir les évolutions qui leurs étaient proposées. Ils refusaient tout mouvement et toute amélioration sous peur de perdre leurs principes. Ils se contentaient simplement de classer les rôles et les tâches dans des titres prétentieux, comme si tout devait être précisément rangé. Chaque existence avait son but. Peut-être était-ce leur façon de leur accorder de la valeur, tout simplement car ils étaient incapables d'exprimer des sentiments. Ainsi, comment devais-je vivre le fait que l'on ne m'ait attribué ni tâche, ni considération ?

Ce qui a marqué ma mémoire à cette époque est, me semble-t-il, cette profonde rancœur, ce mépris maladif, une répulsion écœurante et un immense désarroi qui me poussèrent à abandonner ce qui avait forgé jusque là les quelques bribes de mon passé. La force de ces sentiments me fit oublier leur aurore. Pourtant, depuis l'instant même où je les ai ressenti, ils m'ont accompagné, jusqu'à aujourd'hui encore. Je n'avais, alors, que la simple volonté d'exprimer ce qui me nuisait jusqu'à m'en dévorer. Je me rendais compte que cela était impossible avec de simples mots. La seule équivalence probable était la destruction. Là se dressait mon impasse. Comment pouvais-je aller à l'encontre de ceux que je haïssais, sans que cette destruction ne se retourne aussitôt contre moi ? Je ne pouvais que me laisser ronger les entrailles par cette avidité que je ne savais maîtriser. Ce fut, je crois, les pires instants de mon existence. Et plus je laissais cette impuissance croître, plus la violence de ma propre furie devenait palpable. J'avais tout juste conscience de mes gestes, et cette conscience restait préservée par Hati qui me guidait. Probablement que, sans sa présence, j'aurais cédé à une espèce de folie machinale qui m'aurait mené à une perte irréversible. Lorsque j'y pense aujourd'hui, je me dis que cela aurait été un bien triste destin. Cependant, je sais aussi que cet état n'aurait pas pu être infini. Tout était bien trop instable et maladroit pour garder un quelconque équilibre.

Il m'aura fallu rencontrer Loki pour me sortir de cette transe furieuse. Était-il venu à moi, ou étais-je parvenu à lui ? Je ne m'en souviens plus vraiment. Il ne m'était pas inconnu. Il était le père de Fenrir, et indéniablement, mon propre grand-père. J'avais développé, par le passé, une confiance aveugle en lui. Il était, à mes yeux, de tous les dieux, le moins atteint de cette folie qui les rongeait tous. Probablement en était-il totalement immunisé. Il avait, plusieurs fois prouvé qu'il représentait l'idéal de l'existence que je me faisais. Je me forgeais une délicate admiration pour lui. N'importe qui, sans doute, aurait certainement éprouvé de la méfiance à son égard. Mais que pouvais-je craindre de lui ? Si je devais mourir sur l'une de ses moqueries, cela n'aurait été que la preuve de ma propre stupidité. Sans doute était-ce pour cela qu'il était aussi redouté et aussi haï. Il s'était, d'aussi loin que je me souvienne, toujours contenté de mettre à nu les faiblesses et les rancœurs des dieux.

Cette fois, il nous proposa, à Hati et moi, d'offrir une solution à la tourmente des Ases. Tout cela semblait si simple. S'ils étaient las de dépendre des caprices de Sol et Mani, et que ceux-ci ne répondaient pas à leurs menaces, il suffisait de jouer le rôle du bourreau. Loki nous offrait en récompense le droit de nous délecter du corps de ces dieux, si nous parvenions à les saisir entre nos crocs. Je pense, cependant, qu'il n'a pas offert ces détails aux Ases. Là était tout l'intérêt de la chose. Je supposais bien qu'il y avait une conséquence à cela. Mais, était-elle si importante ? Et nous concernait-elle ? J'avais connaissance du mépris qui lui était offert, et je me doutais que son principal souhait était de nuire à ceux qui vivaient dans le tourment. Tout cela m'importait peu, et puisqu'il m'était offert l'occasion de me libérer de la destruction dont je souffrais, je ne demanda pas plus de détails.

La Déesse Sol devint la cible d'un courroux qui ne lui était pas justifié. Et lorsque celle-ci en prit conscience, probablement était-elle trop effrayée pour lutter. Elle connaissait le désagrément provoqué par ses dispositions, peut-être craignait-elle la sentence des dieux ? Je ne cherchais pas de diplomatie. Je m'élançais, simplement, gueule ouverte, à sa poursuite. Loki, tout comme les autres dieux, étaient probablement satisfaits du résultat. Jamais le monde n'avait connu un cycle si précis, si régulier. Fut alors le début de mon épuisante existence. Combien de temps dura cette course pour la destruction d'une étoile ? De mémoire d'homme, il en a toujours été ainsi. Cependant, la vie de ces mortels est si courte qu'il est difficile de la prendre en référence. Au moins parvenaient-ils, cette fois, à déterminer le temps qui s'écoule. Pour eux, cela semblait si évident. Chaque repos du soleil vers des terres lointaines permettait de définir ce qu'ils avaient perdu; mais pour moi, qui ne cessais de chasser celui-ci vers des ténèbres toujours plus lointaines, qu'est-ce qui mesurait le temps ? Je ne voyais que le char de Sol tiré toujours plus loin. Inlassablement, nous formions cette boucle infinie autour du monde solidement fixé par Jormungandr.

Périodiquement, je revenais toujours sur mes pas. Ceux de la veille, et de l'avant veille. Inlassablement, je retrouvais les mêmes terres, les mêmes décors, les mêmes paysages. Toujours aux mêmes moments de leur vie, je retrouvais les mêmes peuples, et percevais les mêmes scènes. Au fil du temps, je voyais le monde évoluer. Je voyais certaines existences disparaître, et d'autres apparaître. Je devenais, doucement, bien curieux de tout cela. Qu'est-ce qui pouvait déterminer leur vie, leurs habitudes ? Chez les Ases, je me rendis compte que Loki avait été fait prisonnier, au même titre que Fenrir. Je ne reviendrai pas sur mes jugements concernant ces êtres. J'en ai, je crois, déjà bien trop dit. Néanmoins, ce fait ne fit qu’accroître ma rancœur; et ma course devint plus déterminée encore. Quant aux hommes, je prenais conscience de leur horreur et leur vanité. Comment leur en vouloir, lorsque leur monde était régit par une divinité absurde et égoïste ? Je comprenais alors que le destin n'existait pas, et qu'il n'était qu'une justification des actes commis, des décisions incertaines. Tout ce que je voyais, tout ce que j'apprenais, et tout ce que je ressentais me semblait si négatif, que je ne cessais de repousser loin de moi ce qui ne m'apportait pas satisfaction. Ainsi, alors que toute ma férocité s'abattait sur Sol, réceptacle malgré elle de tous les sentiments qui engendraient ma folie, le seul qui accompagnait mon errance dans les cieux, qui précédait le soleil et coursait Mani, était mon frère. Je n'avais aucun intérêt à souhaiter la présence d'une autre compagnie que celui qui partageait ma peine dans ce rôle si barbare. Néanmoins, c'est peut-être à partir de là où tout s'est enclenché. Est-ce que le résultat de mon être découlait de toute cette banalité, ou était-ce cette course insensée qui fit chavirer ma raison ? Sans doute n'importe qui d'autre aurait sombré dans cette inconscience maladive, d'avoir pour seule aspiration d'obtenir l’insaisissable. Chaque jour, je rêvais de la chair divine sous mes crocs meurtris par la bave du désir. Je ne souffrais pas de l'épuisement, ni même de la lassitude. Peut-être, d'une certaine façon, étais-je heureux de ce but offert à ma vie. Malgré tout, j'étais incapable de percevoir ce sentiment si positif. La Haine du monde s'amplifiait. Les complots, les désastres et les rivalités défilaient sous mes yeux détachés. Peu importe ce qui m'avait engendré, je n'en voulais plus. Ces terres, je ne les connaissais pas. Ces peuples n'étaient pas non plus les miens. Les Dieux, je les avais renié depuis bien trop longtemps. Dévorer. Je voulais les dévorer. Sol, les Dieux, les Hommes. Qu'avaient-ils mérité de plus, puisqu'ils m'avaient privé de tout ? C'est vrai. Je n'avais plus rien. Plus rien si ce n'était mon frère, et l'Astre Solaire à anéantir.

Cette fois, l'éclipse deviendrait hiver. Cette fois, le chaos durerait trois ans. Cette fois, les dieux s'entre-tueront, les humains périront. La terre se disloquera, les cataclysmes achèveront les survivants. Et, malgré tout cela, les flots se lèveront et les flammes consumeront les cendres.

Car ainsi était écrite la prophétie. A vouloir fuir leur destinée, voilà qu'ils l'avaient provoquée. Les os de la Déesse se brisèrent sous mes crocs, et la nuit vint. Plus loin, Loki libéré, et le cortège de Hel. Ailleurs, Jormungandr, sorti des eaux et dont les anneaux ne scellaient plus le monde. Puis, les liens de Fenrir brisés. Celui-ci, dont l'immense gueule ouverte déchirait la Terre et dévorait les étoiles, ne tarda pas à mourir vaincu. Tous les autres, aussi. Ce conflit m’enivrait douloureusement. Je me rassasiais des corps abandonnés là, et souillais les trônes des dieux de leur propre sang. Je contemplais ce spectacle inestimable, et me rendais tout juste compte de la réalité des événements.

Et à la fin, il n'y avait plus rien. Pas de mort victorieuse, pas de défaite héroïque. Il n'y avait qu'un néant absolu, inconnu, opaque et amer. C'était le néant de l'oubli, celui de l'abandon, de l'inconscient. C'était le néant qui n'existe pas, sans matière, sans vérité, sans aucune consistance que celle de son propre être - ce n'était même pas une existence, il n'y avait pas d'existence. Il n'y avait que cette chose hostile et froide, sans but, car rien là-dedans n'était à même de concevoir un but. La volonté elle-même était anéantie, la pensée dissoute, le temps annihilé.

Cela était si effrayant. Mais j'en avais tout juste conscience. Ou du moins, je commençais à en prendre conscience lorsque les sensations me revinrent. D'abord, j'eus l'impression d'être asphyxié. Cela n'était pas tout à fait le cas. C'était comme si je me souvenais tout juste qu'il fallait respirer. Que cela était nécessaire, essentiel. J'avais peur que mes poumons soient gorgés de cendres et d'eau glaciale. Mais il n'en était rien. Au-delà de ce trou noir indéterminé, mes souvenirs étaient vagues. Il me semblait bien, pourtant, être mort, d'une façon ou d'une autre. Comment pouvais-je revivre ? Je constatais bien vite que tout était différent. L'air, le climat, les décors, les odeurs. J'avais l'impression de naître une seconde fois. C'était, probablement, la sensation la plus désagréable, la plus néfaste qu'il me fut donné de connaître. Je n'avais pas choisi cela, je n'avais pas voulu cela. Mon objectif était accompli, et je l'avais glorieusement célébré. Cela n'était-il pas suffisant ? Je n'avais pas la naïveté et l'insouciance d'un nouveau-né pour découvrir un nouveau monde. Et, à mes côtés, je n'avais pas la présence de Hati. Tout cela me semblait si hostile. Abject. Je détestais cela. Je n'en voulais pas. Et pourtant, impuissant, je ne pouvais le repousser.

Me voilà dans ce corps humain, cerné d'autres humains. Quel échec. Mais cette fois-ci, le Soleil semblait se guider seul. Cette fois-ci, rien ne semblait faire allusion à de quelconques divinités. Si je ne parvenais pas à comprendre la situation actuelle, je pouvais, tout au moins, me rassurer avec les quelques éléments perceptibles. Impossible. Jamais la lame de la Vendetta ne sera assez robuste pour me briser. Jamais, je crois, l'espérance de l'existence ne parviendra à me combler. Si j'ai été déchu de ma propre réalité, pourquoi ne le serais-je pas de nouveau ? Il en est ainsi; et ainsi en sera-t-il tout du long.
Caractère
Qualités
  • • Fidèle
  • • Franc
  • • Minutieux
  • Défauts
  • • Pessimiste
  • • Renfermé
  • • Blasé

  • Je n'ai pas le talent d'un orateur, ni l'allure d'un mannequin. Je n'ai pas même encore le passé d'un héros. La gloire ne m'a jamais souri; je n'ai jamais effleuré le légendaire succès. Pour quelle raison, après tout, ces gens doivent-ils être calqués sur un même schéma pour être appréciés, adulés, ou bien détestés ? Il ne s'agit que d'une naïve popularité linéaire. Après tout, je n'ai pas la compassion humaine : je n'ai jamais été humain. Ces sentiments remplis d'orgueil et d'égoïsme ne me disent rien. Je ne veux rien et je n'entends rien. Je n'ai de foi qu'en ce que la vie a établi comme schéma pré-rempli. Est-ce une solution de facilité ? J'en doute.
    J'ai vu les êtres vivre et mourir lâchement. Jamais je ne me suis mêlé à leurs barbaries. Jamais je n'ai voulu souiller mes convictions dans leurs conflits. Et si ma vie n'a été qu'une pâle apparition, elle le sera de nouveau. Pourquoi le changerais-je ? Il en est très bien ainsi. Je n'ai ni rancune, ni désir quant à cela. Seul le Soleil vivra en paix, cette fois, je le crois bien. Je n'ai plus l'élan ni la conviction d'autrefois. Et quand bien même, que puis-je faire de ce corps malsain ? Lorsque, aujourd'hui, je fais claquer mes crocs limés, je ne sens plus le frémissement de l'air glacé. Seul ce crâne arrondi par la stupidité tremble et souffre.

    Non, je n'apprécie pas l'état humain. Je n'aime pas ces cheveux fins, blanchâtres, cette stature frêle et réduite. Je n'ai plus cette fourrure douce et chaleureuse, et ma peau nue et imberbe s'en retrouve fragilisée par tout événement. Je me sens alors cruellement futile, impuissant, et je le suis réellement. Ces mâchoires qui, autrefois, étaient capables de briser des ossatures et de déchirer des corps divins, ne peuvent plus, à présent, qu'engloutir quelques infimes bouchées d'une nourriture écœurante.

    Mes poumons sont faibles. Mes membres sont frêles. Les odeurs qui me parviennent me semblent insupportables, et la nourriture que j'avale si infecte. Je ne parviens ni à me mouvoir correctement, ni à m'exprimer. Tout me semble lacune et échec. Je rampe, je me mouve avec maladresse, je suis instable, tremblant. Humiliant. Je voudrais me pincer les lèvres d'orgueil, mais l'absence de mes crocs me rend malade. Je voudrais déchirer la chair du premier venu, je sais bien que j'en serais capable. Mais quelle punition me serait accordée ? Je ne connais pas ce monde. Je n'ai pas envie de le connaître, mais cela me sera nécessaire pour survivre. Je souffle, j'inspire, et la colère monte de nouveau. Je plisse les yeux, mes iris bleutés sont éblouis par la luminosité agressive. Je me rends compte qu'ils sont sensibles, bien trop sensibles. C'est douloureux. Pourtant, je crois bien ne pas connaître la douleur physique. Moins encore avec ce corps. Je ne fais que découvrir toutes les nouvelles sensations désagréables qui se déposent sur moi, tel que le frétillement de ma peau sous la brise fraîche. Je n'aime pas ça, et si je pouvais cracher à vos pieds et sur toutes les bâtisses devant moi, je le ferais avec la plus grande vulgarité possible.


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    Guillemet ouvrantIndépendantsGuillemet fermant
    Citation : D'où viendra le Soleil, dans le ciel plat, lorsque celui-ci aura été englouti ?
    Emploi : Aucun
    DC : //
    Crédits : Unknown - Mystic Messenger
    # Re: Scorn and Revulsion.Jeu 12 Juil - 22:44
    Welcome toiii 8D
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    PrésentationRelationsRépertoireTimeline

    BANNIÈRES:
     
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    Guillemet ouvrantThe GuardianGuillemet fermant
    Citation : La violence est une habitude, et la colère une émotion du moment, qu'il n'est possible de comprimer qu'au début
    Emploi : Videur-Combattant de rue
    DC : //
    Crédits : Kaneki Ken • Tokyo Ghoul
    # Re: Scorn and Revulsion.Jeu 12 Juil - 22:45
    AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH :roulade:
    Le personnage est trop intéressant et la fiche remplie et le vava trop bien :roulade:

    Welcome par ici l'ami, courage pour la fiche si elle est pas déjà finie (on sait jamais :whut:) et n'hésites pas si tu as des questions, en MP ou sur le discord ou en CB OU PARTOUT :tothestars:
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    Guillemet ouvrantCan break all your bones while naming themGuillemet fermant
    Citation : So silent and furtive were his movements, like those of a trained bloodhound picking out a scent, that I could not but think what a terrible criminal he would have made had he turned his energy and sagacity against the law instead of exerting them in its defence.
    Emploi : Médecin.
    DC : Barbe Bleue ♚ Le Petit Prince ♚ Émile Zola
    Crédits : Akari Dezart - Karneval.
    Invité
    # Re: Scorn and Revulsion.Jeu 12 Juil - 22:45
    :hey:
    BIENVENUE SUR LE FORUM BÉBÉ FENFEN ! :3

    Bonne écriture, on a tous hâte de lire ça ! ♥️
    :kiss:
    avatar
    Guillemet ouvrantInvitéGuillemet fermant
    # Re: Scorn and Revulsion.Jeu 12 Juil - 22:46
    Oooh !!!

    BIENVIENDUUUUU :hey:
    avatar
    Guillemet ouvrantCréationGuillemet fermant
    Citation : Méchant Loup, grand méchant loup...ne me dévore pas...ou je lancerais un DJ SAUVAGE sur toi 8D
    Emploi : Prostitué
    DC : Queen of Hearts
    Crédits : Plop
    # Re: Scorn and Revulsion.Jeu 12 Juil - 22:47
    MON BEBE D'AMOUR :sempai:
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    avatar
    Guillemet ouvrantIndépendantsGuillemet fermant
    Citation : Le loup Fenrir marchera la gueule béante, la mâchoire inférieure rasant la terre et la mâchoire supérieure touchant le ciel, et il l'ouvrirait davantage encore s'il y avait la place.
    Emploi : Sans emploi
    Pet Wolf
    DC : /
    Crédits : OC de Heylenne
    Invité
    # Re: Scorn and Revulsion.Jeu 12 Juil - 22:47
    FLIPPYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY :kiroule: :roulade:

    Bienvenue parmi nous ! Ton arrivée et celle de ton frère a fait du bruit, huuu. :3

    Bref, bon courage pour ta fiche et au plaisir de te croiser en rp. :zen7:
    avatar
    Guillemet ouvrantInvitéGuillemet fermant
    # Re: Scorn and Revulsion.Jeu 12 Juil - 23:12
    Merci beaucoup pour l'accueil ! C'est mignon tout plein <3

    J'aime faire du bruit. Et je n'ai qu'une chose à rajouter :

    PAPAAAAAAAA :bouya:
    avatar
    Guillemet ouvrantIndépendantsGuillemet fermant
    Citation : D'où viendra le Soleil, dans le ciel plat, lorsque celui-ci aura été englouti ?
    Emploi : Aucun
    DC : //
    Crédits : Unknown - Mystic Messenger
    # Re: Scorn and Revulsion.Jeu 12 Juil - 23:47

    encore un effort !


    Bienvenue à toi sur Insomnia jeune ami !
    Ta fiche est quasi parfaite, il ne manque quelques petites choses qu'on va revoir ensemble si tu veux bien :tothestars:
    Si possible, nous aimerions quelques petites précisions (on aime vraiment, vraiment les détails /S'ENFUIT) sur le fait que Sköll et Hati chaissaient Sol et Mani, sur un cortège tiré par des chevaux. Et puis quelques petites lignes sur Fenrir, il a quand même bouffé tous les astres :whut: /PAN
    Ah oui et quelques lignes sur ton arrivée ça serait top aussi, voir comment ton personnage découvre la ville ! Très rapidement si tu souhaites développer en rp ♥️
    Après ça, ça sera la validation d'office o/ !
    Courage à toi pour les petites modifications ♥️ !

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    Guillemet ouvrantTHE CROWN OF INSOMNIA — THE TELLING ONEGuillemet fermant
    Citation : La conscience de la menace n'empêche pas la frénésie de la vie, au contraire elle en constitue le carburant.
    Emploi : Fantôme à plein temps.
    DC : /
    Crédits : BAD MEDICINE -INFECTIOUS TEACHERS-
    # Re: Scorn and Revulsion.Sam 14 Juil - 18:03
    J'ai ajouté tous les éléments demandés, je pense. Et j'ai modifié quelques petites choses qui étaient trop approximatives. J'espère que cela conviendra !
    avatar
    Guillemet ouvrantIndépendantsGuillemet fermant
    Citation : D'où viendra le Soleil, dans le ciel plat, lorsque celui-ci aura été englouti ?
    Emploi : Aucun
    DC : //
    Crédits : Unknown - Mystic Messenger
    # Re: Scorn and Revulsion.Dim 15 Juil - 12:50

    bravo tu es validé !

    *Débarque en glissant* Hey bonsoir ! Alors... une fiche très complète et j'aime ça dans mon kokoro, je suis très content d'accueillir l'un des fils de Fenrir qui à les balls de choisir un camp PAS COMME SON PERE ! *tousse* en tout cas c'est un très bonne fiche et je suis ravis de te valider pour mon retour ! J'espère que tu trouveras ce que tu cherches dans notre bas monde et que tu seras épanoui dans notre jolie ville. Bienvenue parmi nous et amuse toi bien sur Insomnia !

    Maintenant que tu as rempli la tâche qu'était de remplir ta fiche, je t'invite à aller remplir de quoi finaliser ton inscription.Pour recenser ton avatar, c'est par ici. Pour que ton personnage ait un lieu de travail, je te conseille également de te rendre pour remplir un formulaire et obtenir un logement. De même si tu veux un joli rang sous ton pseudo, tu peux venir en réclamer un à cet endroit. Et le plus important, n'oublie pas de recenser ton métier ! Et pour finir, venez recenser d'où vient ton personnage' ♥️ !
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    Spoiler:
     
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    Guillemet ouvrantTHE CROWN OF HELL — THE LYING ONEGuillemet fermant
    Citation : La plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas
    Emploi : Pâtissier de luxe
    DC : Chat Noir/ Mozart/ Arthur Conan Doyle
    Crédits : Mikazuki Munechika from Touken Ranbu
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    © Copyright : Le thème graphique et codé d'Insomnia appartient à ses créateurs. Le code des sujets et messages a été fait par Cheshire d'Epicode. Un énorme et tout spécial merci à Atols pour avoir réglé de nombreux codes, et sans qui cette mise à jour aurait été un échec. Le code des MPS est celui d'Awful. La liste des membres a été faite par Linus. Le reste du code et du graphisme appatient au staff tout entier d'Insomnia, merci de ne pas y toucher (ou demandez-nous avant, des fois on mord pas, et parfois on arrache pas de jambes). Insomnia est le fruit d'heures et d'heures de travail, nous demandons donc un minimum de respect envers notre travail. Nous tenons également à remercier les membres qui aident lors des mises à jour. Pour voir le restant des crédits, c'est par ici ~
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