« Il est des choses qu'il vaut mieux entreprendre que refuser, quand bien même la fin risque d'être sombre. »
J. R. R. Tolkien
Insomnia
Un gros loup gris sort du bois [Terminée]
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Un gros loup gris sort du bois [Terminée]
Dim 22 Avr - 10:35
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Le Loup
Irae

1936
Il y a deux ans environ
Sans emploi
Pauvre
Fanarts de Remus Lupin

Toujours la même bestiole, y a pas de grands discours à faire. Pour ma défense ce compte-ci n'était pas du tout du tout prévu  :cate:

Histoire
Bois sombres. Faim qui tenaille.
Craquement des herbes sous les pattes.

Il avance, gris dans les ombres noires ; Il avance. Silencieux et tranquille et yeux dorés sur le monde, respiration basse entre mâchoires puissantes ; Il avance, et il n'y a ni kilomètres ni temps, juste lui gros loup gris qui rôde avec sa faim jusqu'au fond du ventre. Et soudain le hautbois en coin coin coin agaçants, canard qui tourne tourne dans la mare si près, si près de son estomac.

Il est pas méchant pourtant, simple animal comme les autres, le canard le chat l'oiseau, mais la nature appelle et le voilà qui approche, alors la clarinette à l'élégance gracile grimpe dans l'arbre tandis que la flûte hors de portée pépie. Ne reste plus que le hautbois au dandinement insupportable tandis qu'il s'enfuit, déjà poursuivi par les pattes aux foulées trop puissantes.

En un coup de crocs s'en est fini.
La faim dans son ventre subsiste.

Sur les babines il n'y a pas de sang non, juste un peu d'écume bouillonnante de la course à laquelle il ne prend pas garde car à nouveau le Loup rôde, et tout autour de l'arbre il tourne. Dedans après tout il y a l'oiseau, le chat. La clarinette et la flûte qui l'occupent tellement qu'il n'entend pas les cordes et leur gaieté arriver. Attention aux hommes, murmurait sa mère quand résonnaient les tirs des chasseurs, alors Loup aurait dû faire preuve de toute sa prudence car l'instant d'après se referme le piège et lui pauvre bête tire et tire pour s'échapper. Ah bien sûr il ne comprend pas – comment le pourrait-il – que la corde se resserre toujours plus fort, alors il bondit, s'acharne et gronde, la Peur au ventre remplaçant la faim, avec juste cette pensée dans la tête, fuir fuir fuir très loin. Mais les percussions sortent du bois, ne tirez pas ne tirez pas, demandent les violons, mais tout ça le loup ne comprend pas.

On le traîne, on l'emmène, il se débat.
La Peur le vrille et il voudrait partir, disparaître. Loin.

Attention aux hommes murmurait sa pauvre mère, quelques temps plus tard elle disparaissait sous leurs feux et lui se retrouvait tout seul, petit bonhomme lové dans une tanière grise comme son poil gris, avec trop peu d'armes pour sa vie. Il aurait dû mourir sans doute mais non, survivant, il était parvenu à s'en sortir encore. Ah, il s'était écoulé du temps depuis ça mais toujours Loup avait gardé sa méfiance, sa Peur, et il ne l'avait oubliée en ce jour qu'à cause d'un estomac hurlant son manque.

On l'entraîne, on l'enferme, il connaît la cage.
Le jardin zoologique.

Pour les hommes il paraît que c'est une alternative, quelque chose de plus confortable que la mort. Mais lui il tourne tourne en rond, cherche ses arbres, sa forêt, les marquages qu'il a laissé, terrifié par les visages hideux collés aux grillages et par les voix, le cœur trop battant de tout ça ; la Peur, la Peur dans le ventre.

Il se cache, tremble, misérable.
N'a plus rien des cors, sombres et inquiétants, censés effrayer les enfants, non !

Il est juste là, prostré et seul dans un coin, Loup gris de tristesse, bercé de malheurs, si seul ; si seul. Tête posée sur les pattes à attendre sa liberté, sa mort ou autre chose, personne ne sait après tout car personne ne lit dans ses yeux ce qu'il souhaite bien trop fort. Il n'est qu'une bête après tout. Un monstre. Celui devant lequel les hommes s'agitent en criant, bernés par histoires et légendes. Mais à nouveau lui ignore tout ça, oh pauvre pauvre animal qui ne comprend pas et qui la nuit, face à la lune brillante, appelle avec toute sa nostalgie la liberté qui régissait son ancienne vie.

Et à ses pieds un soir il s'endort, calme, soulagé.
Ne se réveillera que des années plus tard, nu sur le sol d'épine d'une forêt et ah !

Il en a jusque dans la bouche. Pourtant ce n'est pas le pire, le pire arrive sans doute quand il essaye de se lever après un très long moment passé sur le flanc à humer les senteurs du monde, le pire c'est quand il veut se redresser et que c'est pas comme avant, et qu'alors il remarque toutes les différences. Au départ y a la panique et le pauvre Loup couine, tourne en rond sur lui même, remarque qu'il a toujours sa queue mais ses pattes sont trop grandes, trop étranges, et il ne parvient pas à les maîtriser quand il tente de partir en courant. C'est qu'avec le derrière en l'air c'est pas pratique, il tombe tête la première, roule, se blesse, sent le sang sur un visage qui n'est pas le sien.

Il reste là plusieurs secondes, complètement désorienté, se gorge de l'odeur des pins pour se rassurer.Tout son pauvre corps tremble au Loup, il lâche quelques gémissements pitoyables et se traîne sur le sol, pas fait pour cette enveloppe-ci, et il gronde, il geint, appelle par quelques jappements brefs cette mère morte il y a si longtemps.

Au bout d'un moment arrive un homme.
Debout sur deux pieds, il est si grand et fait si peur que le Loup gronde très fort.

Ne t'inquiètes pas, murmure la voix, et la bête sursaute car il comprend les mots. Pour autant rien ne sort d'entre ses lèvres à part un grondement plus féroce alors que, pitoyable, il essaye comme il peut de tirer ses jambes à lui. C'est désagréable cette sensation, celle de pas être dans son véritable corps et qu'en plus ça n'obéisse pas bien, et il grogne davantage encore, se hérisse, sa queue recouvrant par réflexe sa peau trop nue. L'autre parle encore, Loup n'écoute plus, claque des dents tout près de la main qui s'approche et pour s'éloigner se traîne sur le sol.

Son regard est sauvage, pas celui d'un homme.
S'il l'avait pu il aurait sans plus attendre pris ses jambes à son cou.

Seulement, parce que ça lui est impossible, il est contraint de rester là sans bouger, à maintenir l'homme à distance par une agressivité de dernier recours tout en ignorant les mots, ces paroles troublantes pour un cerveau qui n'a jamais été habitué à les analyser. Comment est-ce possible ? La bête l'ignore mais ce n'est pas pour autant qu'il abaisse sa garde, car l'humain autrefois lui a causé du tort, l'a mené en cage, et jamais, jamais il n'y retournera. Ne t'inquiètes pas, il répète encore, et ses lèvres ont un sourire alors que lui il grogne si fort, le Loup un instant se demande pourquoi il n'a pas peur et pourquoi il reste doux et ça l'intrigue un peu quand même, au bout d'un instant il penche la tête.

Le garçon reste là, ne bouge pas, pendant ce temps le soleil tourne.
A force de patience pourtant il parvient à calmer le Loup.

C'est grâce à son ton sûrement, doux comme lui a l'air de l'être, mais il est humain et ça il ne peut pas se le sortir de la tête, non, pour autant il sait qu'il n'a pas d'autre choix que d'accepter son aide. Alors même s'il est réticent il le laisse s'approcher. S'approcher encore. Les mains finissent par passer sur sa peau, l'Homme vérifie qu'il n'est pas blessé ou quelque chose dans le genre. Le Loup ne sait pas vraiment en fait, il a un éclair de terreur dans le regard et le grondement toujours au bord des lèvres qu'il retient simplement pour ne pas faire peur.

Bam bam bam son cœur dans sa poitrine.

Le Loup finit par accepter, le garçon le soulève.
Jusque chez lui il le porte et la pauvre bête sur les draps frais s'endort.

Il restera deux années chez cet homme à la gentillesse débordante, deux années durant lesquelles il apprend les vêtements (auxquels malgré tout il n'est toujours pas vraiment habitué) et puis la parole (elle a mis longtemps à se débloquer), et aussi (surtout) à marcher debout. Seulement un matin le Loup trouve le garçon malade alors que déjà lui même ne se sent pas bien. Et durant des heures il veille, aide, mais rien n'y fait et la pauvre bête ne comprend pas pourquoi l'Homme-ami se meurt.

Ses couinements finalement alertent un voisin.
L'Homme et le Loup ensemble arrivent à l'hôpital mais l'Homme n'y survit pas.

Et la pauvre bête malheureuse et sans le sou à sa sortie de l'hôpital se retrouve à la rue, bien décidée à suivre Devil pour cet homme qui l'a aimée mais également parce qu'elle aurait souhaitée rester ce qu'elle était, simple personnage de conte pour enfants et non animal coincé dans ce corps.
Caractère
Qualités
  • • Indépendant
  • • Observateur
  • • Extrêmement fidèle
  • • Fonceur
  • • Tenace
  • • Fiable
  • • Réactif
  • • Énergique
  • Défauts
  • • Sauvage
  • • Bagarreur
  • • Fait facilement preuve d'agressivité
  • • Peu confiance en l'Homme
  • • Forte tendance à se montrer autoritaire
  • • Impulsif
  • • Rancunier
  • • Distant
  • C'est une terne matinée et la fenêtre ouverte ne laisse passer que quelques pâles rayons de soleil sur les draps sombres d'un lit. Un souffle tranquille s'élève, deux, bercés encore des songes de la nuit, sur un rythme parfaitement accordé et tellement naturel qu'ils n'y font depuis le début de la nuit plus attention. Rien ne bouge, les secondes s'écoulent, puis une main calme et douce se glisse le long du second corps alangui. "Casse-toi." Ça grogne, c'est peu aimable mais pas assez encore et les doigts restent à la place choisie, contre les flancs brûlants. Il n'est pas forcément avenant le Loupiot et il montre les dents pour pas grand chose, grognon, pas du matin mais pas non plus de la journée, il a une fâcheuse tendance à réagir un peu trop brusquement. Il est sur ses gardes comme on le dit parfois, trop méfiant, il ne croit en personne tant qu'on ne lui a pas prouvé être digne de sa confiance. "Qu'est-ce que tu veux ? Vire tu me fais chier." L'autre est câlin et se resserre contre lui et le Loup grogne encore. Pas qu'il n'aime pas la tendresse mais trop ça le fait chier comme il dit.

    Il le repousse, s'extirpe, se lève, dressé sur son mètre soixante-quinze. Sa peau est blanche mais pas comme celles qui ne voient jamais le soleil non, assez bronzée pour que ses cicatrices ressortent, nettes et nombreuses sur son visage, ses épaules et ses bras, et sur tout le reste de son corps. C'est un bagarreur faut dire et quand y a besoin d'un peu de sous il sait trouver les bonnes adresses, parce qu'il n'a pas peur, ça il l'a appris : dans le monde des Hommes mieux vaut attaquer que fuir alors lui souvent il attaque. On dit ainsi de lui qu'il est agressif et peut-être que c'est vrai, car quand on l'embête il attaque, quand on se moque il attaque, quand on le cherche il attaque encore. D'ailleurs il rancunier parfois, du moins il n'oublie jamais quand on lui fait quelque chose, le garde dans un coin de sa mémoire, en encre sur sa peau, et il en veut aujourd'hui à Elohim pour l'avoir ramené, pour avoir causé la mort de son frère, à Sergueï Prokofiev pour l'avoir mis en cage.

    Le garçon se lève à son tour, l'emprisonne entre ses bras, il le repousse d'un coude planté dans les côtes. "Merde, lâche moi j'ai dit ! Qu'est-ce que tu comprends pas là dedans ?" Non décidément il n'aime pas ça qu'on l'enquiquine, qu'on l'emprisonne. Parce qu'il est un solitaire, il n'a jamais cessé d'être ce qu'il est, indépendant et puis surtout débrouillard, seul, bien mieux seul si on le lui demande. Alors il ne s'attarde pas vraiment sur ses relations, offre un soir, deux parfois, jamais vraiment plus quand il sent qu'on s'attache. Et il sent au fond de ses entrailles la peine qu'à l'autre, il le voit sur son visage mais Loup ne force pas le sourire, se contente d'un baiser laissé à la va-vite sur son front, en souvenir terne d'un amour consumé. "J'ai compris, va t-en." Ce n'est qu'un murmure mais déjà la bête est dans ses vêtements et s'enfuit dehors.

    Il ne porte pas grand chose Loupiot, un pantalon qui ne colle pas au corps, troué, un tee-shirt large avec un gros pull par dessus. A une époque il mettait aussi une écharpe et un bonnet, mais eux... eux il les a cachés avec le retour de l'été. Sur sa tête ses oreilles s'agitent et c'est peut-être pour ça que les gens se retournent sur son passage, pas pour sa queue qui danse derrière lui non ! Pour ses oreilles parce qu'il en a deux paires, celles animales qui remuent pour un son ou un autre, celles humaines qui quant à elles n'entendent rien.


    Dim 22 Avr - 12:54
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    Emploi : Médecin.
    Can break all your bones while naming them
    Can break all your bones while naming them
    AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAOUUUUUUUUUUUUUUUW :roulade: !
    Welcome again à toi, bientôt tu entres dans le clan des triples comptes :whut: !

    Courage pour ta jolie fiche, elle envoie déjà et est presque finie en plus :tothestars:

    :kiss:


    Dim 22 Avr - 13:20
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    Emploi : Détective privé
    Guide du bas de la falaise
    Guide du bas de la falaise
    Je referais pas la même blague que ce matin, même si c'est très tentant

    Btw, rebienvenue, un loup, tu sens bon, tu es bo, bon courage pour la rédaction du reste de ta fiche. :whut:

    *Envoie des paillettes*


    Spoiler:
     

    Dim 22 Avr - 13:41
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    Création
    Création
    J'entends le loup, le renard et la belette ♪ :huhu:

    MERCI A TOI ♥️ Je vais me charger de ça au plus vite mais ça devrait arriver sous deux jours grand maximum 8D. Tu peux venir sentir ma peau en attendant, ça sent la mousse et la forêt :huhu:
    Dim 22 Avr - 17:45
    avatar
    Emploi : Prostitué
    Création
    Création
    BONJOUR TOI ♥️
    COURAGE POUR LA SUITE ♥️♥️♥️♥️
    Dim 22 Avr - 19:29
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    The Guardian
    The Guardian
    UN COPAIN CANIDE ! DEVIENS MON COUPAIN !


    PrésentationRelationsRépertoireTimeline

    STAMPS:
     

    BANNIÈRES:
     
    Dim 22 Avr - 20:32
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    Création
    Création
    AHOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU ! Merci très en retard Jawn :sempai:

    OUI SOYONS AMIS CERBERE. Fais gaffe je fais mes dents sur les gens 8D
    Dim 22 Avr - 20:54
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    The Knight The Patriot
    The Knight The Patriot

    bravo tu es validé !

    COUCOU TOI T'ES NOUVEAU ?
    Alors une très bonne fiche, comme tu sais j'ai mis un petit moment à comprendre de qui tu parlais :whut: mais une fois ceci éclaircit c'est vraiment bien écrit, la référence aux instruments est là et comme toujours j'aime beaucoup ton style très jolie et bien écrit. Le conte est présent en entier, les descriptions sont bonne que demande le chat noir ? Rien de plus :huhu: Alors je te valide pour la troisième fois ! Bienvenu parmi nous et amuse toi bien sur Insomnia !

    Maintenant que tu as rempli la tâche qu'était de remplir ta fiche, je t'invite à aller remplir de quoi finaliser ton inscription.Pour recenser ton avatar, c'est par ici. Pour que ton personnage ait un lieu de travail, je te conseille également de te rendre pour remplir un formulaire et obtenir un logement. De même si tu veux un joli rang sous ton pseudo, tu peux venir en réclamer un à cet endroit. Et le plus important, n'oublie pas de recenser ton métier ! Et pour finir, venez recenser d'où vient ton personnage' ♥️ !



    --


    Merci à Echo pour le cadeau !:
     
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