« Il est des choses qu'il vaut mieux entreprendre que refuser, quand bien même la fin risque d'être sombre. »
J. R. R. Tolkien
Insomnia
Le Masque « TERMINEY
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Ven 16 Mar - 13:46
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Emploi : Sommelier
Comme le loup du bal
Comme le loup du bal

LE MASQUE
Omega

Milieu du XVIIIe siècle
Arrivé il y a 6 ans
Sommelier
Moyennement aisé
Aucun pouvoir
OC Warm de LoranDeSore

 HINHINHIN CROA.

Histoire
▶️
L’avant

Le masque de fer aurait couvert le visage d’une cinquantaine de condamnés selon les propositions des auteurs multipliés. Son premier créateur ne revendiqua pas même son originalité – Le Masque apparaît pour la première fois dans un livre qui avoue lui trouver des frères similaires en Angleterre ou en Turquie. Alors le Masque est un grand mythe, un bâillon qu’on a aimé apposer sur le visage de personnes réelles ou inventées, le Masque n’a pas de patrie. Il est indépendant des plumes et sa seule servitude va à l’homme inconnu qui l’a porté.

Si vous lui demandez avant, c’était comment, avant, c’était la vie du prisonnier. Et ce n’est pas spécialement stimulant, un quotidien écoulé entre les pierres d’une cellule. Comme seule vision sur le monde extérieur, il y a la meurtrière dans le haut du mur, ou les rares racontars d’un garde un peu plus loquace qu’à l’accoutumé. Il y a la maladie, l’ennui, la récurrence des choses, les obsessions qui n’ont nulle part par où s’enfuir.

Pour le Masque, avant est une teinte uniforme et adipeuse qui relève presque du rêve. Lorsqu’il n’y pense pas, c’est de la confusion ; lorsqu’il y pense, ça fait trop de sens. Alors il préfère de pas y penser, c’est plus simple, et si des cloisons épaisses viennent le hanter, elles le font la nuit, quand il ne reste personne pour aider du regard.


L’ensuite

 Il est arrivé comme son prisonnier est mort. Ça n’a pas fait de bruit, mais c’était douloureux. Le passage fut comme un trop long vertige – il le projeta violemment dans une cellule aux blancheurs éclatantes. Le Masque crut se tenir debout une fraction de seconde, peut-être. Puis le paysage chuta et le sol carrelé lui embrassa la tête avec violence. Un amalgame de notes de musique pour les moins étranges se cloua dans les pulsations de ses tempes. Plus tard, oui, le Masque saurait que le jazz fut le premier à l'accueillir à Insomnia, et une salle de bain, son premier environnement. Mais bien que la toute première plainte languissante d’un saxophone puisse être une chose mémorable, ce n’est pas ce qui happa le Masque, mais le langage. Transvasé dans le récipient vide de son intellect qui n’avait eu, comme repère, que les quelques mots gémissants d’un homme décédé, le langage lui tapissa de cire l’intérieur du front. Avec ce don vint la pensée – elle lui suinta du corps comme un fléau acide, et avec elle, les souvenirs étrécis d’une éternité de confinement prirent des teintes manichéennes.

Le Masque expérimenta la nausée – et comme il ne savait pas que, de façon moderne, on nourrit les poissons par les chiottes, il fit ça sur la céramique. Ça l'obligea à se redresser à quatre pattes, ses viscères comme des cordes en nœuds, mais encore, il ne réussit pas à aboyer. Sa main se leva à l'aveugle, agrippa le rebord d'un bain, glissa vers l'avant ; son bras tomba dans une eau chaude et savonneuse. Cette douceur qui lui jeta aussitôt du sel brûlant dans les yeux. Alors le Masque parvint à se traîner, tremblant d'émoi, dans cette baignoire qui le cueillit comme les bras d'une mère. Il portait les haillons du prisonnier qui, collés à son corps trempé, lui faisaient une deuxième peau.

Une deuxième peau.

« ... Incroyable » que ça souffla d’une voix blanche. Le propriétaire des lieux, figé dans l'encadrement de la porte par cette vision incroyable, justement, très justement, détailla le Masque frémir sous son rideau de cheveux noirs.

Et le Masque, faute de savoir prononcer quoi que ce fût, se mit à fredonner l'air de la musique jazz en fixant le drain.


Cette langue artificielle s'était imposée à sa connaissance mais encore fallait-il apprendre à se servir de sa bouche, elle qui n'avait été figée pendant toutes ces années que dans une expression de gueule à moitié ouverte, tellement de moitié que le cri qu'elle semblait pousser en permanence ne faisait aucun bruit. S'imposèrent à la gorge de Masque des douleurs tout à fait nouvelles, empruntées lui sembla-t-il. La parole était un outil le condamnant à s'affirmer en tant qu'être à part entière bien qu'il lui manqua justement cela : une part. La première année, il la chercha derrière sa peau. La deuxième année, il la chercha dans ses souvenirs. La troisième année, il la chercha sur le visage des autres, et de même pour toutes les autres années qui s'en suivirent. Alors le Masque se découvrit une passion toute particulière pour la curiosité mauvaise et l’amour des visages inconnus.

Outre cette bavure, l’objet devint un citoyen exemplaire. Il apprit vite, et dans tout, mais certains dirent que comme le Masque avait, théoriquement parlant, toujours eu deux têtes… c’était bien normal qu’il sut, presque par instinct, à quoi et pour quoi servaient les choses. Car bien que le Masque de Fer fût né au 18e siècle, cela n’eut pas vraiment d’importance : avant Insomnia, il ne connut rien, aussi n’eut-il donc rien à désapprendre en ville.

Il fut plongeur pour commencer, car il faut toujours commencer par le travail, c’est ce qu’impose bien malgré elle la dynamique du monde qui l’a avalé. Plongeur fut un métier des plus plaisants : car le Masque put tremper ses mains dans l’eau chaude et savonneuse, et qu’il ne fut, au tout début, pas trop incité à la parole. Il écouta, puis observa, et apprit. L’art de l’apparence étant inné pour un masque, celui-ci n’eut pas trop de mal à évoluer en ce sens – il devint rapidement serveur dans un grand restaurant, et chaque table desservie fut une occasion de chercher un nouveau visage à défigurer. Lequel avait bien pu être sous lui, lequel ressemblait à ce qu’il dut ressembler ?

Ce même restaurant lui proposa de suivre quelques formations, et puisque le Masque ne refusait jamais rien ou presque (l’imposition était quelque chose de récurrent, tellement qu’il n’y pensait plus, mais peut-être aurait-il dû ?), il accepta. Ainsi passa-t-il, en six années, de loque rampante dans une salle de bain à un homme à l’apparence bien complète, au nez fin, qu’on pensa, à la bonne allure, qui était sommelier, et les sommeliers portent souvent des chemises noires, c’est bien connu.

« C'est qui, ton créateur ?
- Quelqu'un qui forgeait, sans doute.
- Qui n'écrivait pas.
- On n'est jamais trop certain.
- Alors il devait écrire. Il a peut-être gravé son nom dans ton masque.
- Ce serait à l'intérieur, je n'ai jamais pu voir. Le prisonnier pourrait nous le dire.
- Et il est où, ce prisonnier ?
- Il est mort. »


L’Omega

On ne peut pas lui demander de décider - par défaut, alors, par conviction de n'en n'avoir aucune, le Masque fait partie de ceux qui ne font partie de rien. Il se préfère là, dans cette position d'écartèlement bien inconfortable, mais toujours plus tolérable que de se penser au bon endroit sans jamais réellement pouvoir le confirmer. Le Masque est un solitaire qui s'oblige, il n'a pas besoin de quelqu'un d'autre que lui-même pour se punir. Le Masque ne veut pas décider d'un camp, il décide qu'il ne se décide pas, et s'il est obéissant, encore faut-il réussir à lui donner une bonne raison d'écouter. Parce que c'est un chien de ruelle, le Masque, qui hait les maisons par habitude et qui fuit les maîtres par besoin.

Caractère
Qualités
  • • Présentable
  • • Professionnel
  • • Observateur
  • • Bon apprenant
  • • Empathique
  • • Obéissant
  • Défauts
  • • Maladroit
  • • Angoissé
  • • Culpabilisé
  • • Naïf
  • • Indécis
  • • Stalker

  • Aux monts gris, sa bouche un puits, qui avons-nous dérangé, mon frère et moi, pour qu’ils nous eussent fermés à la Bastilles, dans le visage des oubliés.


    Le prisonnier n’avait pas de nom, et pas de visage. Ici, j’ai tout ce qu’il n’a jamais eu. Même inanimé, j’étais le Masque, j’avais des joues et un menton de fer, alors que le prisonnier n’avait que son avilissante abnégation. J’étais le reflet du fait qu’il n’était rien, alors j’étais Tout. À ma création, je n’ai existé que par lui, que pour lui… peut-être étais-je cet homme ? Alors j’aurais fait cette vie au fond de moi-même comme il a été au fond de sa cellule, l’inavoué, le timide, le puni. J’ai privé cet homme de tout et il ne m’a privé de rien… Sauf d’être lui.

    Le Masque est intimement lié au prisonnier – il est apparu ici au même âge qu’au jour de sa mort, soit dans la mi-trentaine. Sans en être son dédoublement, on peut dire qu’il en est sa contre-façon. Le Masque charrie une Culpabilité énorme ; peut-être vient-elle du prisonnier, lui qui a été si longtemps collé à son visage. Après tout, qui saurait dire si ses sentiments ne lui ont pas été transposés comme on applique du fard sur la peau. Ou cette culpabilité est bien la sienne, pour avoir été un outil d’oubli et de dissimulation, pour avoir été une imposition. Le Masque est une imposture. Et maintenant qu’il est chose animée, il pourrait même se dire imposteur.

    Peut-être ressentirez-vous ce malaise comme une envie de fanaison, mais si le Masque se cache, ce n’est pas pour autant qu’il ne souhaite pas être ici ; le Masque se plaît à vous regarder, sa nature l’ayant tout d’abord doté d’yeux qui ne savent pas se refermer. Il s’efforce d’être raisonnablement convenable, convenablement civilisé, sans trop d’étrangetés, mais le Masque a quelques tics qui vivent de façon autonome dans les doigts de ses mains. Il se touche le visage. Pour constater les textures – ne soyez pas en peine si vous ne pouvez imaginer trente années de face en fer, dure, rugueuse et froide -, pour le cacher, cela l’apaise. Le Masque à parfois l’impression d’être devenu cet être de chair sous le masque et le Masque sent le besoin d’être à son tour recouvert. De passer du premier plan au second. Mais il n’est secondaire de rien.

    Pour ces mêmes raisons, il aime fumer. Pour ce qu’il couvre du bas de son visage en tirant la clope de ses lèvres, pour ce qu’il la laisse là, et qu’en soufflant, la fumée passent entre ses doigts, et voile. Pour ces mêmes raisons, il aime avoir les cheveux longs. Pour ce qu’ils ont de doux sur la peau, et tombant sur le visage, voilent. Dans son intimité, le Masque est masqué.

    Mais lorsque vous le verrez, ce sera toujours fort bien habillé et avec, en bouche, une aisance des mots. Par besoin, par nécessité, afin de se rassembler en entier. Maintenant qu’il a la parole et le corps, le Masque se fait un point d’honneur de les faire paraître excellents. Aristocrate d’artifices qui peine à se discipliner – le gaffeur, qui oubli, qui angoisse, qui fait souvent mal les choses. Ce corps qu’il vêtit proprement, il n’ose pas trop l’investiguer. Dans son autre vie, son corps - s’il en avait eu un au sens de la possession -  était celui du prisonnier : et autant qu’il ne lui appartenait pas réellement, ce corps était sale et avait les os roués de coups d’humidité. Personne ne veut se sentir dans la souffrance, tous préfèrent s’échapper.

    Le Masque a besoin de calme et de tranquillité. Prendre des décisions le terrifie. Il aime qu’on lui dise quoi faire, comment le faire, pourquoi le faire. Le Masque et le prisonnier n’ont jamais été maîtres de leur destin, cela est un bien lourd fardeau. Mais en cela, le Masque s’arrange et se rattrape ; il adore boire et manger, manger et boire, correctement, même mieux que correctement. Il adore bien manger et bien boire. Un luxe, une révélation, pour eux qui n’ont rien avalé d’autre que des saveurs rances pendant toute cette vie de détention.

    Le Masque aime également lire et se détendre dans l’eau chaude. Faire ces deux choses simultanément, c’est encore mieux. Puis il aime écouter de la musique, cette intrigante qui n’a que trop longtemps désertée son existence, hormis sa gorge – la gorge du prisonnier. Car ce que le Masque a le plus précieusement conservé de cette vie antérieure, ce sont les fredonnements. Qu’il fallût bien produire pour ne pas s’hystériser, confiné et solitaire que le prisonnier était, alors le prisonnier chantait. Aujourd’hui, le Masque chante aussi, tout bas, des airs, des airs qui n’ont pas de mots, pas de noms et pas de visages. Mais parfois, tout brusquement, la musique l’agresse, et il doit se précipiter sur la radio pour tout éteindre. Retrouver le silence comme une vieille amie qu’on a négligé de laisser entrer.

    Parfois même, le Masque est en colère – une colère difficile. Qui se fraie un chemin hors de lui à la façon d’une carpe grise dans peu d’eau, et le Masque est toujours surpris de la voir. Il se sent alors nauséeux, il doit s’assoir, il doit se couvrir le visage, pour se calmer. Alors le Masque est une genre de grande poule ; un fichu sur la tête, et il s’endort plus aisément.

    Et puisque le Masque veut sentir qu’on a besoin de lui, il a un chat. C’est un bien pour un mal, car le chat est indépendant et il chasse les souris, en dedans et en dehors. Et si le chat n’a pas mangé dans son bol, alors le Masque vide le plat et remet de nouvelles croquettes, pour se donner l’impression qu’on l’attendait, impatiemment, pour manger.

    Pardonnez-moi de vous avoir frappé… vous aviez raison, vous avez vu ce que je ne voulais pas voir. Il semble que je me sente parfois rattrapé par le froid, celui d’avant, celui du métal. Le prisonnier pouvait passer de longues périodes sans parler, on aurait dit qu’il me laissait la place. Mais j’ai le silence aussi enragé que le sien. Quoi qu’il en soit… n’essayez pas d’être aussi bon avec moi. Ne me laissez pas faire. La prochaine fois, réveillez-moi.


    Ven 16 Mar - 13:56
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    Emploi : Médecin.
    Can break all your bones while naming them
    Can break all your bones while naming them
    Iiih iiih iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih :tada: :tada: :tada: :tada:
    Mais ce personnage, CE PERSONNAGE :roulade: !
    Tu fais des heureux franchement c'est une super idée !!

    Bienvenue de façon officiel et bon courage pour ta fiche ! N'hésite pas à venir poker le staff si tu as des questions petit bichon :loveu:


    Ven 16 Mar - 14:04
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    The Guardian
    The Guardian
    Welcomeeee o/


    PrésentationRelationsRépertoireTimeline

    STAMPS:
     

    BANNIÈRES:
     
    Ven 16 Mar - 14:04
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    Emploi : Directeur de Musée
    I NEVER SAY “NO”
    I NEVER SAY “NO”
    Continueomgomgencoreomgomgomg BIENVENUE :dipie:

    Ven 16 Mar - 16:48
    Invité
    Invité
    Bienvenue Officiellement par ici :)

    Toujours hâte de lire et voir ce que tu feras ce magnifique personnage qui semble être apprécié de beaucoup ♥️

    :v2: :zen3: :hey:
    Ven 16 Mar - 16:58
    avatar
    Emploi : Sommelier
    Comme le loup du bal
    Comme le loup du bal
    Merci vouzétreugentiiiiyyyyyyyy :chaat: (Faut faire des greus bisous à D'Aurianne Gay <3)

    Sam 17 Mar - 10:51
    Invité
    Invité
    OHMAGAAAAAD QUE TU ES TOUBO (je vais venir gratter à ta porte les soirs d'insomnie :huhu:)

    En tout cas, bienvenue et courage pour le reste de ta fiche :cate:

    Plein de beusous ❤
    Ven 23 Mar - 15:20
    avatar
    The cursed one
    The cursed one

    bravo tu es validé !

    Bienvenue
    A force de bataille on a fini par en avoir le bout de ce masque ! En tout cas c'est une très belle interprétation, très intéressante et pleine de possibilité ! J'espère que tu n'essaieras pas de te mettre sur le visage de quelqu'un à l'arraché...Tu es un peu trop grand et gros pour ça maintenant :whut: Quoiqu'il en soit une jolie plume pour un personnage énigmatique ! Alors je suis ravi de te valider, bienvenu parmi nous et amuse toi bien sur Insomnia !

    Maintenant que tu as rempli la tâche qu'était de remplir ta fiche, je t'invite à aller remplir de quoi finaliser ton inscription.Pour recenser ton avatar, c'est par ici. Pour que ton personnage ait un lieu de travail, je te conseille également de te rendre pour remplir un formulaire et obtenir un logement. De même si tu veux un joli rang sous ton pseudo, tu peux venir en réclamer un à cet endroit. Et le plus important, n'oublie pas de recenser ton métier ! Et pour finir, venez recenser d'où vient ton personnage' ♥️ !








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